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Le 19 Octobre 2017, 09h08

À 53 ans, Marc Gaudet, qui succèdera à Hugues Saury à la fin du mois, explique ses craintes face à la politique gouvernementale.

« Je suis plus préoccupé par toutes les problématiques sociales que nous avons à gérer au quotidien et cela n’est pas simple avec l’État qui se désengage », Marc Gaudet. 

SUCCESSION - Hugues Saury, nouvellement élu sénateur sous l’étiquette divers droite, connaît le nom de celui qui lui succèdera à la tête du Département du Loiret. Pas difficile d’ailleurs de le prédire puisqu’un seul candidat s’est pour le moment déclaré « et qu’il sera le seul à le faire », souligne celui qui est à la tête de l’exécutif départemental pour quelques petites semaines encore. Autant dire donc que le consensus qui avait porté Hugues Saury à la présidence de la collectivité s’est renouvelé en faveur de Marc Gaudet, 53 ans, maire de la petite commune d’Ascoux, dans le Pithiverais, et vice-président du Département. 

« Ce n’est pas un handicap de ne pas avoir de carte politique »

À l’instar de Hugues Saury, et pour d’autres raisons évidemment, Marc Gaudet, ancien UDI, lui, n’est plus encarté politiquement depuis les élections régionales de décembre 2015 et la défaite de Philippe Vigier dans sa quête de la présidence. Non pas que Marc Gaudet n’ait pas digéré cet échec, mais c’est la réaction de Philippe Vigier qu’il n’a pas acceptée. Après sa défaite, ce-dernier a, en effet, décidé de ne pas siéger du tout dans l’hémicycle régional, laissant ainsi Guillaume Peltier (LR) prendre les rennes de l’opposition de la droite et du centre. 

« J'ai trouvé que ce n'était pas respecteux vis-à-vis des électeurs. J'ai jeté ma carte de l'UDI ce jour-là  », confie-t-il, estimant d'ailleurs que la fonction de président d'un Département n'impose nullement d'être adhérent d'un parti. Au contraire même, peut-être.  « Ce n’est pas un handicap de ne pas avoir de carte politique, j’étais vice-président sans carte politique depuis plusieurs années, et je n’ai pas l’intention d’en reprendre une immédiatement. Peut-être qu’un jour je me dirai qu’il sera intéressant de le faire pour pouvoir être dans un milieu de réflexion. Mais aujourd’hui, le Département, c’est la gestion du quotidien, je suis plus préoccupé par toutes les problématiques sociales que nous avons à gérer au quotidien et cela n’est pas simple avec l’État qui se désengage. On est le nez dans le guidon et dans l’action concrète », souligne Marc Gaudet qui reste néanmoins « centriste » de conviction.

Pas question, en tous les cas, pour le futur président du Département d’adhérer à La République en Marche. « Je ne suis pas séduit parce que dans l’état d’esprit actuel, quand on voit le plan d’économie lancé sur les collectivités territoriales, ce n’est pas un bon signe donné à nos territoires et à la ruralité en particulier. Des communes sont à la peine, des Départements vont l’être aussi et on ne peut pas vouloir être proche des Français et asphyxier en même temps les collectivités locales qui sont, elles, au quotidien, dans la gestion des problèmes des Français », lâche-t-il. 

« Lorsque l’État ne compense pas toutes les compétences qu’il transfère aux Départements, il y a danger d’asphyxie »

Alors, après la grogne et la fronde des Régions à l’encontre du gouvernement, cela pourrait bien être le tour des Départements si l’État poursuit sa politique de désengagement. Le feu couve et l'inquiétude grandit en tous les cas.

« Bien sûr, j’ai peur pour l’avenir des Départements », assure Marc Gaudet. « Lorsque l’État ne compense pas toutes les compétences qu’il transfère aux Départements, il y a danger d’asphyxie puisque le Département doit assurer l’entretien de ses routes, de ses collèges et surtout assurer les politiques sociales en direction des personnes les plus démunies, les plus âgées, en direction de la petite enfance aussi. » Et, pour le seul Département du Loiret, l’ardoise de l’État s’élève, en tout et pour tout, à quelque 600 millions d’euros.

A. G.