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Le 17 Décembre 2017, 20h53

Invité de l'émission Controverse sur France Bleu Orléans, le sénateur Cardoux explique, notamment, les raisons pour lesquelles il soutient Laurent Wauquiez à la tête des LR. 

« Je ne vois pas pourquoi après 18 ans de mandat, quelqu’un ne serait pas capable de continuer une carrière politique », Jean-Noël Cardoux. 

CONTROVERSE - Les Républicains vont élire leur chef, dimanche prochain, et leur choix devrait se porter sans grand suspens sur Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenant d’une droite dure, « décomplexée » pour s’en référer à un lexique copéiste. Le candidat est d’ailleurs en meeting ce mardi soir à La Ferté-Saint-Aubin. Face à lui, le juppéiste Maël de Calan qui défend une « ligne libérale, européenne et sociale », et la députée Florence Portelli élue en Ile-de-France et qui revendique, elle, un positionnement « au milieu de la droite », feraient presque office de figurants tant Laurent Wauquiez est donné ultra favori chez les 235.000 militants à jour de cotisation appelés aux urnes. 

Et c’est bien au patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes qu’ira le suffrage de Jean-Noël Cardoux, bientôt 71 ans, et qui vient d'entamer un second mandat au Sénat. « J’ai depuis très longtemps déclaré que je soutenais Laurent Wauquiez, donc je persiste, comme j’ai soutenu François Fillon et avant Nicolas Sarkozy », explique le sénateur Cardoux, invité de Controverse, lundi soir, et qui ne voit rien « de clivant » dans la personnalité et le positionnement politique de Laurent Wauquiez. « À mon avis, depuis des années, nous souffrons du complexe qui a été savamment diligenté par François Mitterrand à l’époque où la droite à peine élue fait une politique de gauche parce qu’on l’accuse d’être trop molle, moi je ne rentre pas dans ces réflexions. Je suis de droite. » 

« On avait oublié de parler aux classes moyennes et il faut recommencer »

À la question de savoir ce qu’est « la vraie droite », Jean-Noël Cardoux répond : « Une droite qui ne fait pas de la sociale-démocratie et qui ne fait pas en même temps et en même temps (sic), on ne peut pas donner un coup à droite et un coup à gauche, il faut suivre une ligne. (…) « On avait oublié de parler aux classes moyennes et il faut recommencer », juge le sénateur LR du Loiret. 

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Lundi 4 décembre, dans le studio de France Bleu Orléans. 

Autre sujet abordé, le non cumul des mandats dans la durée. Qu’en pense le sénateur Cardoux, par ailleurs 24 ans maire de Sully-sur-Loire et 17 ans vice-président du Département ? « Je n’y suis pas spécialement favorable, (…) je ne vois pas pourquoi après 18 ans de mandat, quelqu’un ne serait pas capable de continuer une carrière politique. À partir du moment où il prend le risque de se présenter et que les électeurs votent pour lui, pourquoi l’empêcher de le faire? Ce n’est pas conforme à la démocratie. Bien souvent, ceux qui veulent aller trop loin font le mandat de trop. Et se prennent un grand coup de pied dans le derrière. »

« Je vais envoyer sa lettre de licenciement  à ma fille dans quelques jours »

Il a été question également de l’impossibilité faite à un parlementaire, à partir du 15 décembre, de faire travailler un membre de sa fille. Et jusqu’à présent, Jean-Noël Cardoux employait sa propre fille. « Je vais envoyer sa lettre de licenciement à ma fille dans quelques jours et puis j’espère qu’elle va trouver quelque chose qui lui convienne », indique le sénateur. « Ça me pénalise beaucoup, elle aussi, parce que j’avais avec elle une assistante très proche de moi qui faisait ma communication, toutes mes dotations parlementaires, ce qui n’était pas un petit travail (…). Une fois de plus, on est allé trop vite, on a confondu emplois fictifs et emplois familiaux, ça n’a rien à voir. »

« C’est un petit peu regrettable »

Enfin, le sénateur n’a pas caché son amertume après la candidature dissidente - et l’élection en deuxième position - de Hugues Saury aux élections sénatoriales, une victoire qui aurait presque pu lui coûter la sienne dans cet affrontement fratricide de deux listes de droite. « Avec Éric Doligé, ce n’est pas comme ça que nous avions vu les choses. (…) Hugues Saury était président depuis deux ans - ndlr : du Département - et d’un seul coup, il a décidé d’aller aux sénatoriales. J’avoue que ça a été tout à fait inélégant compte tenu des relations que nous avions auparavant. C’est un petit peu regrettable », conclut, sur ce sujet, le sénateur Cardoux. 

Enfin, relativement discret localement sur tous les sujets d’actualité et très peu présent lors de déplacements ministériels comme présidentiels, Jean-Noël Cardoux assume ce choix. « Je pense que je suis plus utile au Sénat à travailler mes amendements et mes dossiers qu’à faire un aller-retour à Orléans pour faire de la représentation. (…) Il ne faut pas mélanger les fonctions. Les sénateurs sont les représentants des collectivités locales, ils ne sont pas élus au suffrage universel », argue-t-il, estimant que ce sont donc aux députés et non aux sénateurs d'intervenir sur la scène politique et médiatique pour défendre tel ou tel dossier. 

A. G.