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Le 23 Mai 2018, 07h09

La venue, demain, à la médiathèque, de Gabrielle Cluzel, rédactrice en chef du site d'extrême-droite Boulevard Voltaire, suscite l'indignation. 

Une manifestation contre la tenue de cette conférence est annoncée, devant la médiathèque, mardi soir, à partir de 20h15.

FACHOSPHÉRIQUE - L’actualité se télescope parfois de manière surprenante, pour ne pas dire incongrue. Il y a encore quelques jours, des insultes postées sur Twitter par des identitaires d’extrême-droite à l’adresse de la jeune femme incarnant Jeanne d’Arc recevaient un écho national, et suscitaient une indignation à cette même échelle. La fachosphère, cette mouvance hétéroclite qui rassemble, entre autres, antisémites, islamophobes et prédicateurs des thèses complotistes, était pointée du doigt. Or, demain, mardi 13 mars, une conférence organisée par l’association orléanaise « France Souveraineté » doit avoir lieu à la médiathèque d’Orléans, à 20h30.

« La décomposition de cette idéologie est imminente »

Une soirée organisée autour de la venue de Gabrielle Cluzel, pour son dernier ouvrage « Adieu Simone !». Un livre qui affiche clairement la couleur : « Le féminisme, tel qu’il a été pensé par Simone de Beauvoir, se fracasse sur ses propres contradictions, dont la plus flagrante est certainement celle qui le confronte à l’islam, par nature oppressif pour les femmes. Le féminisme a toujours couché avec la gauche, d’où sa posture anti-raciste, pro-minorités en tout genre, libertaire, désincarné, etc. La décomposition de cette idéologie est imminente, car incapable de s’élever contre ce qui dénature la féminité (genre, pornographie massive, GPA, pilule, islam, etc. »

Et Gabrielle Cluzel fait précisément partie de cette « fachosphère » en tant que rédactrice en chef de Boulevard Voltaire, le site d’extrême-droite fondé par Robert Ménard. Dans une interview postée sur les réseaux sociaux, la journaliste expliquait que « le féminisme est devenu une menace pour les femmes.» « Il a été nuisible durant de longues années et il est temps que cela se termine », poursuivait-elle, estimant que la fameuse phrase de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme, on le devient » était « une reconstruction artificielle, un déni de nature. »

Une manifestation est prévue à 20h15 devant la médiathèque

À l’annonce, relativement confidentielle de la venue de Gabrielle Cluzel demain soir, quelques militants associatif et le Collectif orléanais des droits des femmes ont interpellé la mairie sur la raison pour laquelle elle avait autorisé la location de l’auditorium de la médiathèque à cette association orléanaise. Et, en effet, comme le prévoit la loi, la mairie ne peut refuser de louer une salle à une association locale, excepté si elle peut prouver que cette location est de nature à entraîner un trouble à l’ordre public. 

Toujours est-il qu’une manifestation contre la tenue de cette conférence est annoncée par le Collectif orléanais des droits des femmes, devant la médiathèque, mardi soir, à partir de 20h15.

L'appel du Collectif orléanais des droits des femmes

Le Collectif Orléanais des Droits des Femmes appelle à rassemblement silencieux sur le parvis de la Médiathèque d’Orléans  le mardi 13 mars à partir de 20H15.

Ceci afin d’interpeller et de protester sur la tenue d’une conférence intitulée « Vers la fin du féminisme ? » et qui sera tenue par Mme Gabrielle CLUZEL. Cette dernière y remet en cause nos lois et principes républicains en s’attaquant aux droits : à l’IVG, à la contraception, à disposer de son corps, au respect des orientations sexuelles, ainsi qu’à l’égalité des droits entre femmes et hommes…

Rappelons ici que G.CLUZEL, est rédactrice en cheffe du site en ligne et d’extrême-droite « boulevard Voltaire » créé par Robert Ménard, et également auteure sur « Radio Courtoisie », qui derrière un nom qui pourrait apparaître comme un appel au respect et règles qui y prévaut, diffuse des idées d’intolérance, de discriminations à tous niveaux et de xénophobie.

Il sera important de rester silencieux-se et calme lors de ce rassemblement à l’égide du CODF, sans aucune identification politique, syndicale et/ou associative.

Nous demandons également et instamment que les hommes qui souhaitent participer à ce rassemblement, se positionnent à l’arrière de celui-ci.

 

A. G.