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Le 24 Novembre 2017, 08h23

Démonstratif, le député MoDem s’est rendu vendredi au rectorat pour défendre l’implantation d’un lycée à Châteauneuf-sur-Loire.

«Les chiffres (émanant du rectorat, NDLR) sont, par ailleurs, faux puisqu’ils ne tiennent pas compte de l’ensemble du périmètre du territoire », Richard Ramos, député MoDem. 

ÇA L’BOTTE - Richard Ramos ne craint pas la confrontation, aime l’exposition médiatique et l'assume, jouant crânement sa carte politique de « représentant du peuple (…), d’élu de la ruralité ne restant pas dans son bureau au Parlement et défendant chaque dossier qui mérite d’être défendu », explique-t-il. À dix heures pétantes donc, ce vendredi, le député MoDem s’est rendu au rectorat d’Orléans dans le cadre d'un échange improvisé avec Katia Béguin, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, à propos de l'épineux dossier d'implantation d'un lycée dans l'est orléanais. 

Au cours de cet entretien d’une bonne demi-heure, le député Ramos lui a alors remis une lettre contestant la récente étude menée par le rectorat qui barre tout projet d’implantation d’un lycée à Châteauneuf-sur-Loire au profit d’un futur établissement dans la métropole orléanaise. « Je veux dire que Madame la rectrice fait une erreur. Il faut regarder ces chiffres mais aussi à l’aune de l’aménagement du territoire qui nécessite, au nom de la ruralité, ce lycée à Châteauneuf-sur-Loire. Nous avons signé une motion au conseil communautaire et les élus seront reçus prochainement au ministère de l’Éducation nationale. Dès lors, je ne doute pas que l’on regarde plus globalement la politique d’aménagement du territoire plutôt que les seuls chiffres (émanant du rectorat, NDLR) qui sont, par ailleurs, faux, puisqu’ils ne tiennent pas compte de l’ensemble du périmètre du territoire. » 

Et de préciser : « Le rectorat n'a pas comptabilisé, par exemple, Fayl-aux-Loges (3.500 habitants), ni Donnery, ni encore Saint-Denis de l’Hôtel. Comment ne pas tenir compte de ces trois communes-là, les plus dynamiques sur le plan démographique de l’est du département ? Et j’ajouterai, les études réalisées sur le train montrent également la vivacité de ce territoire. Donc, les études démontrent bien qu’il faut un lycée à Châteauneuf-sur-Loire. » 

Rappelons que les premières études commandées par la Région Centre-Val de Loire révélaient la pertinence d’une implantation d’un lycée à Châteauneuf-sur-Loire avant qu'elles ne soient contredites par des données démographiques suspendant de facto un projet structurant pourtant très engagé. Selon les explications apportées par le rectorat — qui n’est pas le décideur de l’implantation d’un établissement sur tel ou tel territoire contrairement à la collectivité régionale —, « la pression » démographique se ferait plutôt sentir dans les années à venir « sur la zone métropolitaine », tandis que la tendance sur le territoire de Châteauneuf-sur-Loire indiquerait « un tassement », toujours dans un futur proche. 

« Ces études sont sorties du chapeau »

Sauf que Richard Ramos estime que « ces études sont sorties du chapeau et qu’elles n’ont pas été réalisées dans le temps et en concertation ». Faut-il surtout voir dans ce dossier sensible le poids de la métropole d’Orléans face au monde rural ? Assurément, d’après Richard Ramos : « Parce que c’est la métropole qui est puissante. Elle devrait, au contraire, éclairer mais pas porter l’ombre sur la ruralité qui a besoin de ce lycée. Il ne faut pas nourrir la fracture territoriale » Question de « solidarité et d’égalité », dixit l’élu.

Ce vendredi matin, Katia Béguin en a aussi profité pour réfuter une déclaration portant sur « les temps de transports (qui) seraient trop longs » entre la capitale régionale et le site de Châteauneuf-sur-Loire (moins de 30 km), justifiant ainsi l’abandon de ce projet. Des propos repris dans la presse écrite locale, puis dans un communiqué du député MoDem (ci-dessous).

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Katia Béguin : «Je n'ai jamais dit ça»

 

 

C’est donc avec une paire de bottes en caoutchouc que le parlementaire a franchi la grille du rectorat d’Orléans-Tours, offrant ce symbole du monde rural « pour rendre visible les choses ». Dire que Katia Béguin a trouvé chaussures à son pied serait aller un peu vite en besogne. Elle confiait juste que ces bottes étaient un peu trop petites pour elle mais qu’elle les offrira volontiers à sa fille. L’histoire ne nous dit pas si cette dernière les mettra pour se rendre au lycée de… Châteauneuf-sur-Loire.

Richard Zampa