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Le 17 Décembre 2017, 20h51

Le président d'Orléans-Métropole, Olivier Carré, a dit sa défaveur au projet de rouverture de la ligne tel qu'il est conçu par SNCF-Réseau. 

« Au terme d'un débat surréaliste, une majorité municipale fissurée a finalement pris la décision historique de bloquer un projet structurant pour le développement de notre métropole », l'opposition municipale. 

 PROBLÈME D'AIGUILLAGE - Lors du dernier conseil municipal d’Orléans, la semaine dernière, la majorité a émis un avis défavorable à l’enquête publique visant l’ouverture de la ligne SNCF entre Orléans et Châteauneuf-sur-Loire. Une majorité municipale d’ailleurs embarrassée et divisée sur le sujet car un certain nombre d’élus de l’exécutif avaient émis un avis favorable au titre des autres mandats - conseiller régional et départemental - qu’ils peuvent exercer parallèlement. Fait rare pour être mentionné, la décision d’Olivier Carré n’a donc pas rencontré de consensus au sein de sa propre équipe. 

« Au terme d'un débat surréaliste, une majorité municipale fissurée a finalement pris la décision historique de bloquer un projet structurant pour le développement de notre métropole, qu'Olivier Carré entend pourtant hisser parmi les 15 premières de France. Cette décision est incompréhensible », ont réagi, ensuite, les conseillers municipaux socialistes, verts et apparentés. 

« Ce projet ne doit pas se laisser pervertir par la prééminence des intérêts particuliers »

Hier, le Mouvement Le Loiret en Marche a également regretté ce positionnement et affirmé qu’il était favorable à ce projet devenu un serpent de mer. « Cette ligne permettrait la réduction de la pollution puisque les actuels automobilistes seraient de futurs utilisateurs du train », explique le communiqué de presse de la République en Marche qui poursuit. « Aussi, il permettrait un accès facilité à l'est du département, vers Châteauneuf, puis vers Gien et Montargis jusqu'à la métropole d'Orléans. Ce projet s'inscrit dans la logique gouvernementale de l'accès aux transports en commun pour tous et annonce la fin du "tout automobile" dans les espaces ruraux. Le mouvement a conscience que ce projet de grande envergure présente de réelles difficultés. Cependant, les avantages de la mise en circulation d'une telle ligne doivent primer. Ce projet ne doit pas se laisser pervertir par la prééminence des intérêts particuliers au détriment de l'intérêt général pour la ville, la métropole, et la région.»

« Ce projet ne doit pas se laisser pervertir par la prééminence des intérêts particuliers »

Depuis la décision prise par le conseil municipal d'Orléans, Olivier Carré, maire d’Orléans et président d’Orléans-Métropole, ne cesse de désarmer la polémique en expliquant, en substance, qu’il est favorable au projet mais pas à sa mise en œuvre telle qu’elle est définie par SNCF-Réseau. Concrètement, ce qui fait reculer Olivier Carré, c’est la création d’une voie H en gare d’Orléans, laquelle, selon lui, priverait les Orléanais de places de stationnement. « Il faudrait alors construire des parkings, juste devant plusieurs centaines d’habitation », argue Olivier Carré devant les caméras de France 3. Un argument qui étonne les responsables de SNCF-Réseau puisque, dès le départ, le projet incluait la création de cette nouvelle voie. « Une solution de facilité » dénonce Olivier Carré, qui estime « qu’une optimisation du fonctionnement de la gare permettrait d’absorber le flux en provenance de Châteauneuf », sans créer donc une nouvelle voie. 

Une décision « nocive pour la santé des Orléanais parce qu'elle empêche la réduction de la pollution »

L’opposition municipale, si elle entend les difficultés techniques liées à la réalisation de cette ligne, dénonce néanmoins un décision « nocive pour la santé des Orléanais parce qu'elle empêche la réduction de la pollution liée au transfert de la voiture vers le train. Elle est rétrograde parce qu'elle s'inscrit dans une logique dépassée du "tout voiture". Elle est égoïste parce qu'elle empêche l'ouverture de la métropole vers l'est du département, vers Châteauneuf, puis vers Gien et Montargis. Elle est contraire aux objectifs de dynamisme et de rayonnement affichés par Olivier Carré.»

François Bonneau, président PS de la Région, et porteur du projet, a redit, de son côté sa détermination à le mener à terme. Et manifestement, pour lui, le refus de la mairie d’Orléans de donner son feu vert ne condamne pas définitivement l’ouverture de cette voie.

A. G.