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Le 24 Novembre 2017, 08h11

Dans un communiqué de presse, le président départemental de l'UDI réfute des propos tenus par le député MoDem et relance le débat sur le positionnement politique du centre à Orléans. 

Richard Ramos veut créér à Orléans « un groupe centriste et indépendant et fort », ce qui revient quasiment à dire que le centre n'est pas représenté dans la cité johannique. 

GUERRE DES CHEFS - Un petit communiqué de presse a fleuri sur les tables des journalistes qui assistaient au conseil municipal d’Orléans, lundi après-midi. Il est signé de Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans en charge des affaires scolaires, et par ailleurs président départemental de l’UDI. Et c’est au titre de cette seconde casquette que l’élu a tenu à réagir. À quoi ? À des propos tenus par Richard Ramos, député MoDem dans la sixième circonscription du Loiret, qualifié de « Roi de la Com’» pour l’occasion, et qui « se répand auprès de qui veut l’entendre » que Florent Montillot lui aurait déclaré lors d’une cérémonie œcuménique célébrée à la cathédrale d’Orléans et réunissant protestants et catholiques du Loiret que l’édifice religieux « devait le changer de sa HLM ».  Une pensée pas très charitable, en effet, si le président départemental de l’UDI l'a ainsi formulée. 

« Quand on se proclame centriste, il est préférable de ne pas oublier la démocratie », Florent Montillot

Florent Montillot, lui, réfute catégoriquement avoir prononcé de telles paroles. « En réalité, je lui avais chuchoté en admirant la nef de la cathédrale que des « des constructions de cette époque étaient plus durables que celles de nos HLM »», précise l’élu orléanais dans ce communiqué de presse. Le chuchotement de l’un contre la parole de l’autre sous la flamboyance de l’édifice gothique orléanais...    

Et puis, le communiqué de presse se porte sur des considérations politiques. Richard Ramos laisse entendre depuis peu qu’il souhaite construire à Orléans « un groupe centriste et indépendant et fort au-delà du MoDem », une manière évidemment de mettre sur la touche Florent Montillot, et de pointer du doigt l'absence d’indépendance de celui-ci à l’égard de la majorité municipale d'Olivier Carré. 

« Quand on se proclame centriste, il est préférable de ne pas oublier la démocratie », souligne vertement Florent Montillot qui rappelle au député de la sixième circonscription que « le centre (UDF) allié de la droite a gagné les municipales à Orléans en 2001 … sans lui ; que le centre (Nouveau Centre + MoDem) allié de la droite a encore gagné les municipales à Orléans en 2008 … sans lui ; que le centre (UDI +MoDem) allié de la droite a encore gagné les municipales à Orléans en 2014 … toujours sans lui, avec près de 54% des voix dès le premier tour, à comparer aux 3% obtenus par son modèle de candidat « centriste, indépendant et fort »».  En l’occurence, Florent Montillot fait référence au très faible score obtenu en mars 2014 par Tahar Ben Chaabane, candidat centriste, qui avait pris ses distances avec la majorité municipale à laquelle il avait pourtant appartenu un temps. 

 Une guerre ancienne sur le leadership du centre à Orléans

Le retour, en première ligne, sur la scène politique locale de Richard Ramos, élu député en juin à la faveur d’un accord entre LRM et le MoDem, réactive manifestement une guerre ancienne sur le leadership, à Orléans, de telle ou telle formation centriste avec, en toile de fond, des rivalités personnelles très fortes et jamais apaisées. Avec des lignes politiques différentes également au sujet principalement du soutien à accorder à la majorité de droite, ou à l'inverse des distances à prendre avec celle-ci. La perspective des municipales de 2020 n’est sans doute pas étrangère à cette réactivation des tensions au centre dans une version déjà vue de guerre des chefs et de primauté d'un parti. 

A. G.