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Le 19 Octobre 2017, 09h12

Le seul centre de déradicalisation en France, situé à Pontourny en Indre-et-Loire, va fermer. «L'expérience ne s'est pas révélée concluante», déclare le ministre dans un communiqué.

En janvier, la mise en examen et l'incarcération d'un pensionnaire du centre, membre d'une filière jihadiste qui avait tenté de se rendre dans la zone irako-syrienne avant d'être admis à Pontourny, avait soulevé l'indignation.

ÉCHEC - L'unique centre de déradicalisation en France, controversé dès son ouverture à titre expérimental en septembre 2016, va fermer à Pontourny en Indre-et-Loire, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en évoquant d'autres pistes d'étude.

"L'expérience ne s'est pas révélée concluante", déclare le ministre dans un communiqué. "L'expérimentation d'un centre d'accueil ouvert, fonctionnant sur la base du volontariat, a montré ses limites. Le gouvernement a ainsi décidé de mettre un terme à l'expérimentation conduite à Pontourny, sur la commune de Beaumont-en-Veron".

D'une capacité de 25 personnes, le centre n'accueillait plus aucun pensionnaire depuis février. Il n'a au total accueilli que neuf pensionnaires et aucun d'entre eux n'a suivi le programme jusqu'à son terme, souligne le ministère de l'Intérieur.

En septembre 2016, le gouvernement avait décidé d'ouvrir à titre expérimental ce centre avec pour objectif de "préparer, proposer et dispenser une offre et un programme pédagogique utilise à la réinsertion de jeunes radicalisés en voie de marginalisation".

« Le gouvernement étudiera la possibilité d'ouvrir des structures de petite taille »

Selon Gérard Collomb, cette fermeture ne signifie pas pour autant "l'abandon d'une politique de prise en charge des publics en voie de radicalisation dans des structures adaptées".

"Le gouvernement étudiera la possibilité d'ouvrir des structures de petite taille" pour y développer des solutions alternatives à l'incarcération, ajoute-t-il sans plus de détails.

La secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), Muriel Domenach, a été chargée de faire des propositions, en lien notamment avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice.

"La fermeture de ce centre ne doit pas occulter la réalité de la prise en charge en France qui progresse", a déclaré Muriel Domenach. Quelque "2.600 jeunes et 800 familles sont actuellement pris en charge via le dispositif de prévention présent sur tout le territoire, par des éducateurs de rue, les maisons des adolescents, des psychologues", a-t-elle rappelé.

Fermement opposée à l'ouverture du centre, l'association de riverains "Radicalement digne de Pontourny" s'est félicitée vendredi de sa fermeture, précisant que "pour l'avenir, on parle de l'installation de jeunes migrants isolés mineurs". Un rapport sénatorial publié le 12 juillet critiquait sévèrement la politique de déradicalisation menée en France et demandait notamment la fermeture du centre de Pontourny.

En janvier, la mise en examen et l'incarcération d'un pensionnaire du centre, membre d'une filière jihadiste qui avait tenté de se rendre dans la zone irako-syrienne avant d'être admis à Pontourny, avait soulevé l'indignation.