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Le 24 Novembre 2017, 08h22

Depuis 2015, le stationnement payant sur les parkings du CHR d’Orléans est à l'étude par la direction. Les élus, eux, s'y opposent.

« Quand on accompagne quelqu'un ou que l'on va se faire soigner en voiture, ce n'est pas de gaieté de cœur. Ça n'a rien à voir avec le stationnement en centre-ville. » 

SERPENT DE MER - Il y a tout juste deux ans, l’élu communiste d’Orléans, Michel Ricoud, craignait déjà que les parkings du Nouvel hôpital d’Orléans à La Source deviennent payants, dénonçant alors « un véritable racket » si tel était le cas. L'établissement dispose de plus de 300.000 m2 de parkings dont plus de 900 places réservées aux usagers et situées aux sous-sols, ainsi que d'un parking aérien à proximité de l'ellipse pour un accès direct aux services pédiatriques, gynécologiques et de maternité. Sans oublier plus de 200 places réservées aux deux-roues. 

Jusqu’à présent, le CHRO n’a pas inauguré de système à péage même si « la plupart des grands hôpitaux français ont mis en place ce type de stationnement tarifé ». Tous les hôpitaux récemment rénovés connaissent, il est vrai, la même problématique : Nantes, Amiens, Dijon, etc. Installées depuis plusieurs mois, les barrières placées sur les parkings de l’établissement de santé orléanais ne sont toutefois pas de nature à rassurer les uns comme les autres. Dès lors, ce serpent de mer refait régulièrement surface. 

Le CHRO pourrait en effet à tout moment faire payer l'emplacement à l'usager, une mesure jugée bien sûr impopulaire par les personnels hospitaliers, les malades et leurs visiteurs, sans oublier les politiques. Olivier Carré, maire d’Orléans, avait, lui aussi à l’époque, émis par un courrier adressé au directeur de l'hôpital ses « plus grandes réserves » sur la question. « Quand on accompagne quelqu'un ou que l'on va se faire soigner en voiture, ce n'est pas de gaieté de cœur. Ça n'a rien à voir avec le stationnement en centre-ville. » 

Plus récemment, il a réaffirmé dans un message à la direction de l’Hôpital qu’il était « opposé » à ce type de mesure. Olivier Carré craignait, pour sa part, « des perturbations sur l'ensemble de l'environnement. Pas question qu'il y ait des bagnoles partout sur l'avenue de l'hôpital ou dans le lotissement adjacent », avait-il déclaré lors d’un conseil municipal d'Orléans de septembre 2015.

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Des tarifs à l’étude depuis 2015

Il y a donc encore deux ans, les tarifs étaient pourtant bien à l'étude par la direction du CHRO. « La première heure et demie sera gratuite, puis ce sera à partir de 1.60€ la première heure et, ensuite, de l'ordre de 50 centimes d'euros de l'heure. On est en train de réfléchir, afin que ce soit le moins cher possible pour l'usager », confiait, à la rédaction, le directeur général du CHRO, Olivier Boyer. Ce dernier déclarait à apostrophe45 qu’il essayait jusqu’à présent d’« être pragmatique », en testant autre chose que le stationnement payant. « Nous avons décidé d'une organisation qui, dans un premier temps, vise à différer l'organisation qu'on avait imaginée (donc la tarification du stationnement) il y a bien longtemps. On essaye que les parkings du sous-sol et de surface devant la maternité soient bien réservés aux patients, en ouvrant la barrière à 8 h 40, de manière à ce que les personnels du matin soient amenés à se garer dans les parkings qui leur sont réservés. » 

Clairement, il n'est pas question que les personnels hospitaliers prennent les meilleures places réservées aux consultants. « Comme tout le monde, arrivant avant les usagers, ils auraient plutôt tendance à se garer au plus près, en sous-sol, et donc ne pas aller mettre leur voiture dans le parking qui leur est réservé, juste derrière. Car il faut marcher. »

Bref, il s'agissait-là d'« une solution acceptable pour tous » qui devait être « expertisée et validée sur la durée », prévenait Olivier Boyer, il y a deux ans. Alors, nous en discuterons avec la mairie, les riverains et les représentants des usagers. » 

« Le paiement des parkings est une nécessité »

Mais cette bonne volonté s’appliquera jusqu’à quand ? « Le paiement des parkings est une nécessité », expliquait, fin 2015, Antoine Lebrère, directeur adjoint au CHRO. Tout simplement pour instaurer « un mode de sélection » et ne pas ouvrir au grand public ces zones de stationnement. Bref, pour éviter les voitures ventouses et le risque d'embolie… « Il ne faut pas que ce soit cher mais il faut, en revanche, que ce soit suffisamment dissuasif pour que des gens qui n'ont pas vocation à s'y garer ne l'utilisent pas. Si on ouvre gratuitement ces zones, on risque d'avoir du parking sauvage, ce qu'on a déjà connu, ici à La Source, mais aussi dans d'autres hôpitaux. Il faut que ce soit réservé aux usagers de l'hôpital et à eux seuls. Dès lors, notre seule solution est de faire payer l'aire en continu. » Mais aussi de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’établissement.

RZ