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Le 17 Décembre 2017, 20h52

Réunis en session plénière, les élus régionaux ont donné quitus à François Boenneau pour qu'il lance les procédures utiles à la construction d'un nouveau lycée à Châteauneuf-sur-Loire. Une manière d'affirmer que le débat est clos n'en déplaise au rectorat. 

« Ce nouveau lycée va améliorer considérablement les conditions d’éducation des jeunes avec des temps de transports raccourcis », Cathy Münsch-Masset.

DÉCENTRALISATION - Depuis la fin de l’été, toutes les collectivités ou presque sont vent debout contre le gouvernement, contre l’État et ses hautes administrations, accusés de travailler à la «rejacobinisation, la renationalisation de la France », selon la formule employée ce jeudi matin, en séance plénière du conseil régional, par Guillaume Peltier, chef de file de l’opposition de l’Union de la droite et du centre (UDC). En d’autres termes, les élus locaux reprochent au gouvernement de mettre en œuvre des politiques centralisatrices qui privent, peu à peu, les mairies, les départements et les régions de toute liberté de manoeuvre politique comme financière. 

« L’émergence des métropoles est une chance et le développement des zones rurales est une exigence », Cathy Münsch-Masset

Et, dans ce contexte d’extrême tension avec « l’hyperparisianisme macronien », l’avis formulé par la rectrice sur l’absence de pertinence d’implanter un nouveau lycée à Châteauneuf-sur-Loire comme le souhaite la Région a été abondamment critiqué. De sorte que tous les élus régionaux ont parlé d’une seule voix pour autoriser François Bonneau, président PS de la collectivité, à « engager toutes les démarches nécessaires pour la construction de ces deux nouveaux établissements - ndlr : l’un à Châteauneuf-sur-Loire, donc, et l’autre à Hanches en Eure-et-Loir », et «de proposer au préfet de région ces deux créations». Une procédure d’urgence pour mettre fin à un débat que l’exécutif régional souhaite trancher une fois pour toutes. 

Le choix d’installer ce nouveau lycée dans le Loiret à  Châteauneuf-sur-Loire répond, selon Cathy Münsch-Masset, deuxième vice-présidente déléguée à l’éducation et à l’apprentissage, à une «l’expression de l’équilibre des territoires. (…) L’émergence des métropoles est une chance et le développement des zones rurales est une exigence ; ce nouveau lycée va améliorer considérablement les conditions d’éducation des jeunes avec des temps de transports raccourcis, alors qu’il faut plus de deux heures aujourd’hui pour les jeunes qui vivent autour de Châteauneuf-sur-Loire pour aller au lycée. Un lycée sur un territoire rural, c’est aussi un facteur de développement, d’attractivité pour que des familles s’y installent », a souligné l’élue PS. 

« Notre responsabilité est de donner plus à ceux qui ont moins », Guillaume Peltier

Guillaume Peltier, élu LR, a abondé dans ce sens. « Notre responsabilité est de donner plus à ceux qui ont moins ; notre rôle, c’est d’être les porte-paroles de ceux qui se sentent asphyxiés, qui ont moins de voix, moins de poids. J’avais dénoncé la mainmise des administrations sur ce sujet, et madame la rectrice n’est pas dans son rôle, le choix d’un équilibre dans le Loiret nous semble être un bon choix, nous soutiendrons cette proposition », a ainsi expliqué le chef de file de l’opposition. Charles Fournier, pour le groupe EELV, a également estimé que « le choix de Châteauneuf-sur-Loire est un bon choix et qu’il faut trouver un bon équilibre avec des extensions sur la métropole ». Ainsi, le projet prévoit désormais que le lycée construit à Châteauneuf-sur-Loire dispose d’une capacité d’accueil moins importante que celle imaginée initialement - autour de 700 places contre 1.000 pour le projet initial - et que des extensions soient programmées dans les lycées orléanais pour faire face à la pression démographique de la métropole. 

« Le pouvoir doit rester au politique et pas à l’administration», Charles de Gevigney

« Le pouvoir doit rester au politique et pas à l’administration », a argué Charles de Gevigney pour le Front national, regrettant néanmoins que cette implantation ne se fasse pas à l’est de la commune Châteauneuf-sur-Loire puisqu’elle est, en effet, prévue à l’ouest. 

Dans un registre plus politique, Florent Montillot, a fustigé «l’improvisation» de l’exécutif régional contraint de lancer cette procédure d’urgence. « Il s’agit d’une procédure médiatique pour répondre à un emballement», a dénoncé l’élu centriste regrettant que l’ouverture de ce lycée prévue pour 2023 ne se ferait donc pas durant cette mandature, contrairement aux annonces faites. « Ce lycée, on ne peut pas le décider ni à coups de bottes ni à coup de procédures d’urgence ; il s’agit de faire des propositions et pas seulement d’implantation. La réalité n’est pas seulement géographique, elle est liée à plusieurs facteurs : la démographie lycéenne et les filières proposées ; nous proposons la création immédiate d’un groupe de travail qui intègre la Région, la métropole, la ville de Gien, de Châteauneuf-sur-Loire et la Communauté de communes des Loges », a poursuivi l’élu régional.

Au terme d’un débat animé, les élus ont adopté sans restriction la délibération donnant les mains libres à l’exécutif régional pour entamer toutes les démarches utiles à la construction de ce nouveau lycée à Châteauneuf-sur-Loire. Une façon de se réapproprier une autorité parfois mise à mal et des prérogatives inscrites dans la loi. 

A. G.