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Le 19 Décembre 2018, 14h40

RESF45 et le COJIE organisent un rassemblement, mercredi, à Orléans, pour dénoncer la politique du gouvernement en matière d'immigration.

Le gouvernement travaille actuellement sur un texte de loi visant à réformer l’accueil des migrants et les demandes d’asile.

VENT DEBOUT - Alors que 26 associations ont saisi le juge des référés du Conseil d’État pour obtenir la suspension de la circulaire Collomb du 12 décembre organisant le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, un dispositif qu’elles assimilent à un « tri », RESF45 - Réseau éducation sans frontières - et le COJIE - Comité de soutien aux jeunes isolés étrangers -, appellent à un rassemblement, mercredi 17 janvier, à 14 heures, sur le parvis de la cathédrale d’Orléans. 

« Nous dénonçons cette circulaire honteuse du ministre de l’Intérieur qui cherche à traquer les sans-papiers »

« Nous dénonçons cette circulaire honteuse du ministre de l’Intérieur qui cherche à traquer les sans-papiers dans les lieux d'hébergement. Il faut être conscient que les jeunes majeurs sans titre de séjour qui sont actuellement dans certains hôtels ou autres lieux d'hébergement sont concernés, ainsi que l'association AIDAPHI qui gère ce dispositif », explique Ségolène Petit, au titre des deux associations mentionnées. « Nous donnerons classe devant le Conseil Régional, le service des étrangers de la préfecture et le rectorat », poursuit la militante associative.

Outre cette circulaire qui a fait  également réagir bon nombre d’élus et d’intellectuels, le gouvernement travaille actuellement sur un texte de loi visant à réformer l’accueil des migrants et les demandes d’asile au moment où le nombre record de 100.000 demandes a été atteint en 2017. « Il faut se garder des bons sentiments » a réagi Emmanuel Macron, depuis Rome, jeudi 11 janvier, face à la levée de bouclier suscitée par la politique du gouvernement en terme d’immigration. « Il y a beaucoup de confusion chez les intellectuels », a ajouté le chef de l'État au cours d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, après la dénonciation par le Prix Nobel de littérature français, Jean-Marie Le Clézio, dans les colonnes de L'Obs, d'un « déni d'humanité insupportable » dans le traitement des migrants. Jean-Marie Le Clézio a ainsi fustigé une politique devenue « un monstre froid » qui agit en suivant « des lois et des instructions qui ne tiennent pas compte du sentiment humain ».

« Il faut avoir de la détermination, de l'efficacité et de l'humanité »

Emmanuel Macron a affirmé, répondant à ces critiques, que la politique du gouvernement « ne remet en rien en cause le droit d'asile (...). Il y a des femmes et des hommes qui arrivent qui ont le droit d'être protégés et ils le sont ». Selon lui, face à cette urgence, la réponse de la France « doit être structurée et solidaire ». « Il faut avoir de la détermination, de l'efficacité et de l'humanité. L'humanité sans l'efficacité, ce sont de belles paroles. L'efficacité sans l'humanité, c'est de l'injustice », a ajouté le chef de l’État. 

« Il n'y a pas de raison d'enflammer le débat avant même qu'il ait lieu »

Mercredi, c’est François de Rugby, président (LREM) de l'Assemblée nationale, qui s’est efforcé de calmer la colère des associations œuvrant à l’accueil des migrants en défendant une « régulation » et insistant sur un travail « en amont » du gouvernement avec les parlementaires et les associations. « Il n'y a pas de raison d'enflammer le débat avant même qu'il ait lieu », a-t-il déclaré à quelques journalistes, à l'issue de ses vœux à la presse. « J'entends certains faire référence aux années 1930. Si certains veulent revenir aux lois sur l'immigration de la fin des années 1930, je les invite à regarder de près... », a-t-il glissé, appelant à « garder le sens des mots ».

De leur côté, les associations militent localement, entre autres, pour l’ouverture de classes supplémentaires pour « scolariser tous les jeunes arrivants isolés ou en famille ainsi que l’accès au Greta ». Elles appellent également à « l’ouverture d’un internat pendant le week-end et les vacances scolaires dans l’agglomération pour les jeunes qui se retrouvent sans famille ».  Autres revendications formulées, « que les mineurs soient correctement pris en charge, en foyers et ne vivent pas à 6 par chambre dans les hôtels… comme on le voit trop souvent. Nous demandons également quand les projets, présentés le 8 novembre dernier lors de la journée de politique publique, visant à améliorer l’accueil des jeunes, deviendront réalité. » Autant de sujets qui seront martelés, mercredi prochain, lors du rassemblement prévu à Orléans. 

A. G.