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Le 22 Septembre 2017, 01h13

La candidate PS à sa propre succession dans la 6e circonscription du Loiret lance un appel à tous les candidats pour moraliser la vie politique.

«Il faut avoir de l’espoir, notamment celui de s’améliorer collectivement. »

OPÉRATION MAINS PROPRES - Elle a tenu son initiative secrète jusqu’à la dernière heure. Valérie Corre, députée PS sortante et candidate dans la 6e circonscription du Loiret, lance un appel à l’ensemble des candidats aux élections législatives, « et en particulier à ceux qui sont candidats dans cette circonscription », à signer une charte stipulant en dix points leur engagement éthique et moral en vue de la prochaine mandature. « Ça fait longtemps qu’on sait que les élus souffrent d’un manque de confiance et donc d’une certaine forme de défiance de la part de leurs concitoyens, en particulier les élus nationaux (les parlementaires, Ndlr). Et ce n’est pas l’élection présidentielle que l’on vient de vivre qui va renforcer ce lien », estime Valérie Corre qui fait de sa proposition un acte fort de son début de campagne pour les législatives.

Car, pour le coup, c’est bien la députée sortante qui donne le tempo, obligeant ainsi ses adversaires et non moins collègues parlementaires à s’engager sur un plan moral et éthique. « J’en ai assez, en tant que parlementaire, que le comportement déviant d’un certain nombre de mes collègues affecte l’ensemble de la classe politique. Il faut vraiment mettre en avant la lutte contre les conflits d’intérêt et affirmer une volonté d’exemplarité et de transparence. Cette règle doit s’appliquer à tous dès maintenant. » 

Elle, très clairement, entend se présenter sur ces valeurs « sans (se) permettre de jugement moral », précise-t-elle, ajoutant : « Ce n’est pas de la politique et ce n’est pas un défi que je lance. C’est juste une nécessité absolue pour notre pays. » 

Moraliser la vie politique, « c’est possible et rapidement »

Pour Valérie Corre, dont le premier mandat se termine fin juin, « rendre compte » d’un bilan mais aussi de l’utilisation de l’argent public est une démarche somme toute naturelle. Ou, à tout le moins, devrait-elle le devenir. « Je pense que ces sujets ne sont pas des sujets partisans. On appele les uns et les autres à signer cet engagement pour montrer à l’ensemble de nos concitoyens que c’est possible d’entendre leur message. »

Aussi, cette charte compte dix points répartis en trois items («garantir l’honnêteté des élus », « renforcer la transparence », « assurer l’éthique en politique »). 

Voici donc les dix commandements de Valérie Corre à l’attention de « tous les candidats aux élections législatives » : 

Engagement n°1 : « Rendre inéligible les élus condamnés pour manquement au devoir de probité ou pour fraudes électorale et fiscale. Exiger un casier vierge de toutes ces condamnations pour se présenter aux élections. »

Engagement n°2 : « Interdire toute activité professionnelle de conseil. »

Engagement n°3 : « Publier la déclaration de patrimoine et la déclaration d’intérêts et d’activités. Demander la publication des avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. »

Engagement n°4 : « Supprimer la réserve parlementaire. »

Engagement n°5 : « Rendre public le nom des donateurs de plus de 1.500 € lors des campagnes électorales et interdire toute remise de cadeaux aux élus d’une valeur supérieure à 50 €. »

Engagement n°6 : « Rendre compte publiquement de son activité parlementaire au moins une fois par an et publier l’utilisation de l’Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) qui doit être contrôlée. »

Engagement n°7 : « Limiter dans le temps le cumul des mandats : trois maximum pour les parlementaires. »

Engagement n°8 : « Prévoir le mandat unique pour les parlementaires et renforcer les sanctions financières en cas d’absentéisme récurrent pouvant aller jusqu’à la suppression totale de l’indemnité de base. »

Engagement n°9 : « Interdire l’emploi d’un membre de sa famille en tant qu’attaché parlementaire et prévoir la publication de leurs CV. »

Engagement n°10 : « Supprimer le régime spécial de retraite des parlementaires afin de le rattacher au régime général. »

Pour la députée PS du Loiret, « c’est possible » donc :  « Je le dis d’autant plus facilement car il me semble avoir démontré pendant cinq ans que la transparence, l’éthique et la capacité d’exercer un mandat en toute proximité était faisable. Sur la transparence et l’éthique, un certain nombre de choses ont été réalisées mais il reste encore beaucoup à faire. » Et rapidement. Autrement dit, en tout début de mandature. En effet, selon la parlementaire socialiste, qui espère bien obtenir par sa démarche une véritable adhésion à travers les 577 circonscriptions françaises, « on peut agir de suite si l’Assemblée nationale change son règlement intérieur dès le mois de septembre ». Si elle est réélue, Valérie Corre entend d’ailleurs s’emparer de l’épineux dossier de la moralisation de la vie politique sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Et son suppléant, Jean-Vincent Valliès, maire de Chécy qui a pris depuis trois ans ses distances avec le PS, de conclure : « On se retrouve avec Valérie (Corre) sur ces engagements-là. Il n’y a pas de police de jugement, c’est au citoyen de juger (…) Ceci dit, il faut avoir de l’espoir, notamment celui de s’améliorer collectivement. » L’idée est belle.

Richard Zampa