Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 17 Décembre 2017, 20h55

Neuf hommes du Loiret comparaissent devant le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

La bande fréquentait principalement la même mosquée du quartier des Carmes dans le centre-ville d'Orléans.

DÉMENTÈLEMENT - Neuf jeunes hommes âgés de 22 à 31 ans, tous originaires d’Orléans ou de la région orléanaise sont jugés à partir de ce mercredi à Paris. Ces hommes du Loiret ont pour la plupart été arrêtés dès leur retour de Syrie, entre novembre 2014 et octobre 2015, comme le rapportait. Seul un prévenu ne s’est pas présenté ce jour au tribunal.Il leur est reproché d’être partis en Syrie dans le cadre d’une filière djihadiste manifestement organisée à partir du mois de septembre 2012, les départs se poursuivant jusqu’au mois de septembre 2015.

« Des adultes, pas des gamins »

En mars 2016, le journal Le Monde publiait une longue enquête sur ce groupe atypique tenté par le djihad. « Les profils du groupe d’Orléans sont aussi singuliers que leur origine géographique. Des hommes relativement diplômés et sans casier judiciaire, reflets des mille et uns visages de la radicalisation », écrivait la journaliste du quotidien. Une vision que confirme aujourd’hui un avocat de la défense au quotidien 20 Minutes : « On a affaire à des adultes, pas des gamins, qui ont dépassé la vingtaine, qui sont intelligents, diplômés avec une grande culture religieuse ».

La filière orléanaise

Au total, ce sont 19 hommes originaires de la même ville qui se sont retrouvés en Syrie au sein du groupe islamiste « l’Armée de Mohammed ». Neuf comparaissent ce mercredi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris et dix sont toujours visés par un mandat d’arrêt. « Le groupe qu’ils ont rejoint n’est pas affilié à l’Etat islamique ni à Al-Nosra », précise toutefois l’un des avocats de la défense.

Quelle implication ?

Les djihadistes orléanais ont-ils participé à des combats ou des exactions ? A cette question, les réponses varient dans le dossier. « Un seul reconnaît avoir combattu », précise une source judiciaire, les autres évoquant des « tours de ronde armés » mais niant avoir participé à des combats. « Ils ne disent pas je suis parti là-bas pour distribuer des sacs de riz mais on ne peut pas prouver sauf pour une période postérieure à la prévention, quelconques exactions », poursuit la défense.

Pour le parquet en revanche, la procédure a permis de mettre en lumière une filière « organisée ». Trois éléments permettraient de l’étayer : l’endoctrinement auprès d’un même prédicateur à Orléans, la présence sur zone (en Syrie) d’un homme qui a acquis le rôle officieux de responsable des combattants français et la présence d’un ou deux de ses « relais » en France. 

La bande fréquentait principalement la même mosquée du quartier des Carmes dans le centre-ville d'Orléans. Elle se revendique pourtant d'un islam modéré.

Jugés jusqu’au 30 novembre, les neufs orléanais encourent jusqu’à dix ans de prison.

Avec AFP