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Le 27 Mai 2018, 17h50

Mgr. André Fort, l’ancien évêque d'Orléans a été mis en examen, jeudi 8 juin, pour non-dénonciation de pédophilie. 

« Il n'y a, de toute façon, pas de prescription morale concernant de tels actes », Mgr. Blaquart, évêque d'Orléans.

PÉDOPHILIE - Les attouchements sur mineurs se seraient produits en 1993 lors d’un camp du Mouvement eucharistique des jeunes, où officiait un prélat, Pierre de Castelet, qui a reconnu les faits. Mgr. André Fort, ancien évêque d’Orléans, a été mis en examen, jeudi 8 juin, pour n’avoir pas dénoncé ces actes pédophiles. On se souvient des déclarations en avril 2016 de Mgr. Blaquart, bien décidé à « déraciner l’arbre du mal » de la pédophilie dans l’Église. Il avait justement révélé à la presse cette affaire de pédophilipe dans le Loiret, « dont l'enquête (était) actuellement en cours ». 

Les faits remonteraient à 1993 et se seraient déroulés dans un camp du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) « dans le sud-ouest de la France ». Un aumônier du diocèse d'Orléans aurait donc fait «une dizaine de victimes âgées entre 11 et 12 ans », selon Mgr. Blaquart. « En 2011, j'ai été contacté par une victime d'attouchements sur mineur mettant en cause un prêtre du Loiret, lors d'un camp du MEJ, dix-huit ans plus tôt. J'ai alors décidé de prévenir le procureur de la République », informait-il, il y a plusieurs mois. Ce qui a conduit à la mise en examen de ce prêtre loirétain en 2012. L'évêque d'Orléans, Mgr. Blaquart, a donc agi. Pas ses prédécesseurs, précisait-il alors : « Ils l'ont su et ils ont pris des mesures conservatoires pour que ce prêtre (aujourd’hui âgé de 66 ans) ne soit plus en contact direct avec les jeunes scouts. »

Mgr André Fort cité comme témoin assisté

La décision de mise en examen de l’ancien évêque, qui est parti à la retraite à l’issue de son ministère à Orléans, a été prise par la chambre d’instruction d’Orléans, ont ajouté les conseils des trois victimes présumées. En poste de 2002 à 2010, Mgr André Fort était cité comme témoin assisté dans le cadre de l’instruction ouverte contre l’abbé Pierre de Castelet, mis en examen en 2012 à la suite d’un signalement de l’Eglise. Il s’agit du premier évêque mis en examen pour non-dénonciation d’actes pédophiles depuis Mgr Pierre Pican, évêque émérite de Bayeux, condamné en 2001.

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Mgr. André Fort.

On l'aura compris, « la tolérance zéro » est désormais le leitmotiv de Mgr Blaquart, pour lequel « il n'y a, de toute façon, pas de prescription morale concernant de tels actes ». À la tête d'un diocèse de 130 prêtres, il se dit bien décidé à dénoncer à la justice tout cas suspect et à lutter, autant que possible « pour que de tels actes ne se reproduisent pas ».

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Mgr. Blaquart.

« Aujourd’hui, la vérité éclate, et c’est tant mieux »

Pour ce faire, la rédaction d’apostrophe45 avait rencontré Philippe Gauthier, vicaire général, qui énumérait les moyens mis en place par le diocèse d'Orléans pour prévenir les dérives sexuelles et reconnaître la souffrance des éventuelles victimes. Parmi ceux-ci, une sorte de cellule d’écoute et de paroles ouvertes à des personnes qui auraient subi des actes de nature sexuelle par un prêtre ou un éducateur de l’enseignement catholique. Une démarche manifestement innovante en France. 

« Aujourd’hui, la vérité éclate, et c’est tant mieux. Il ne faut pas avoir peur de la vérité. Même si elle fait mal (…) Il nous faut aussi prendre l’engagement personnellement et collectivement de tout faire pour que la Maison Eglise soit sûre, et que tout parent puisse confier ses enfants en toute sûreté », concluait l’évêque d’Orléans. 

RZ