Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 24 Janvier 2018, 02h37

En cours de réalisation, «Jeanne et la bataille d’Orléans» est le jeu de société que les Orléanais - et d'autres - devront (bientôt) posséder.  

«Si, de leur côté, les élus mènent des actions sur le plan de l’attractivité du territoire, parallèlement, qu’est-ce qui empêche un citoyen lambda de mener, lui aussi, une action dans ce sens ?», Philippe Hadef, créateur du jeu «Jeanne et la bataille d’Orléans».

SUR UN PLATEAU - L’association H2O projette la sortie d’un jeu de société intitulé «Jeanne, la bataille d’Orléans» au début de l’année 2018. L’objectif est, bien sûr, de partager un moment convivial et ludique autour de la libération d’Orléans par la Pucelle mais aussi de participer à l’attractivité du territoire métropolitain. Explications avec Philippe Hadef, à l’origine du projet.

apostrophe45. Comment ce projet de jeu de société autour de Jeanne d’Arc et de la bataille d’Orléans est-il né ?
Philippe Hadef (créateur du jeu). Ce projet est né il y a un an et demi lors de la dernière édition d’Orléans Jeu. Je me suis alors rendu compte qu’il y avait un microcosme du jeu de société ici à Orléans. Au passage, nous serons présents les 2 et 3 septembre prochains, lors de la 4e édition. Ce sera aussi l’occasion de l’essayer en avant-première. 

apostrophe45. Et pourquoi ce jeu sur le thème de Jeanne ?
Philippe Hadef. De part mon expérience professionnelle (Philippe Hadef est journaliste, NDLR), l’attractivité du territoire a toujours été une problématique majeure. Dès lors, je me suis beaucoup intéressé à ce sujet localement. Je me suis donc dit que si les élus menaient, de leur côté, leur action en terme d’attractivité du territoire, parallèlement, qu’est-ce qui empêcherait un citoyen lambda de mener, lui aussi, une action dans ce sens ? En me rendant à Orléans Jeu, je me suis aussi rendu compte qu’il y avait, peut-être, une façon décalée de faire du marketing territorial. Autrement dit, en créant un jeu de société. 

DSC_0309_1.JPG
L'équipe de choc du jeu «Jeanne et la bataille d'Orléans».

apostrophe45. Et le terrain de jeu de ce projet sera, bien sûr, celui de la métropole d’Orléans.
Philippe Hadef. C’est mon objectif. La métropole sera effectivement mon aire de jeu. Qu’est-ce qu’on pouvait faire de mieux, si ce n’est créer un jeu de société sur Jeanne-d’Arc à Orléans. J’ai fait un peu de benchmark et je me suis aperçu, à ma grande surprise, qu’il n’y avait pas de jeu de société sur Jeanne d’Arc en France. Si on arrive à faire en sorte que des gens qui ne sont pas d’Orléans joue avec Jeanne d’Arc dans le cadre d’Orléans, ça leur donnera, peut-être, envie de découvrir le territoire. C’est pour cela que le jeu s’appelle « Jeanne d’Arc, la bataille d’Orléans ». Tous les espaces où s’est déroulée cette bataille se trouveront dans le jeu. 

«Encore aucun jeu de société sur Jeanne d’Arc en France»

apostrophe45. Ce qui résulte d’un cahier des charges très précis.
Philippe Hadef. Oui, j’ai imposé au créateur technique et au chef de projet un cahier des charges précis sur l’histoire de la bataille d’Orléans, afin que l’on ne déborde pas du cadre de l’histoire. 

apostrophe45. Selon vous, la bataille d’Orléans a été décisive pour Jeanne d’Arc ? Dans quelle mesure ?
Philippe Hadef. À Orléans, Jeanne d’Arc a d’abord prouvé sa capacité à être un leader, en gagnant le respect des capitaines du Roi. Elle a ensuite donné de l’envie, de l’espoir aux troupes à aller de l’avant. Rappelons qu’elle est parvenue à déverrouiller le blocus opéré par les Anglais. Par conséquent, elle a changé le cours de l’histoire. Aussi, quand Jeanne d’Arc sort d’Orléans, c’est une Jeanne d’Arc victorieuse, à la différence de Rouen où elle part en cendres. Tout le jeu se cantonne à Orléans et aux alentours. Mais attention, ce jeu n’est pas un roman ! On n’est pas dans l’histoire globale de Jeanne d’Arc.

 

apostrophe45. Comment comptez-vous remporter la bataille de l’attractivité ?
Philippe Hadef. J’ai créé une association H2O porteuse du projet. Ma directrice artistique, Sylvia (Caron), adore jouer mais déteste l’histoire…
Sylvia Caron. … Le défi est justement de faire un jeu qui puisse plaire à tout le monde sans être forcément féru d’histoire. 

« Gagner la bataille de l’attractivité »

Philippe Hadef. Pour qu’on puisse gagner la bataille de l’attractivité, il faut que le jeu soit également attractif et pas seulement parce que l’on parle de Jeanne d’Arc. Mais parce que sa jouabilté, son intérêt et sa construction sont intéressants. Le premier prototype sera opérationnel vers la fin de l’été et son industrialisation se fera en janvier-février 2018. 
Dominique Breton (en charge de la création du jeu). Il m’a fallu connaître l’histoire, déterminer vers quelle direction de l’histoire on allait. Il est important de créer un jeu qui soit cohérent avec ce que qu’on veut raconter. Les contraintes historiques ne sont pas des contraintes faciles quand on crée un jeu de société. On doit pouvoir y jouer à Lyon, Marseille, Lille, Minneapolis, etc. 

19959287_268970923584197_6147963909688320797_n.jpg

apostrophe45. Un mot aussi sur le but du jeu.
Philippe Hadef. Le personnage de Jeanne d’Arc ne sera pas le porte-drapeau de ce jeu dans sa mécanique. Jeanne d’Arc, dans le cahier des charges, n’est pas non plus jouée par un joueur. Ce seront les capitaines les véritables joueurs. La Pucelle pourra en revanche intervenir au cours du jeu, imposer des actions. 
Dominique Breton. Ce n’est pas un jeu de figurines, ni un jeu de combat, mais un jeu de placements sur un plateau, à l’Européenne. On y jouera sur un plateau et nous porterons une grande attention à sa qualité graphique. L’objectif est de gagner des points de prestige. Il faudra juste trouver les meilleures actions au meilleur moment.

«Une aide de la Ville d’Orléans, de la Métropole et du Département»

apostrophe45. Combien vous faut-il avancer financièrement pour créer un jeu de ce type ?
Philippe Hadef. Il faudra un investissement de 40.000€ pour un millier de boîtes. Nous avons déjà la garantie d’obtenir une petite aide de 10.000€ de la Ville d’Orléans, de la Métropole et du Département. Ce jeu doit avoir une vraie visibilité. Et ces collectivités-là souhaitent nous aider en terme de visibilité justement. Toutes les coordonnées pratiques pour découvrir le territoire, par exemple, seront sur la boîte du jeu pour donner envie aux joueurs de venir à Orléans, de se renseigner (…) Une opération de crowfounding sera également lancée. Ceci dit, le financement de la création du jeu est d’ores et déjà assuré. 

apostrophe45. Il sera vendu à quel prix ?
Philippe Hadef.  Il est encore trop tôt pour fixer un prix.

apostrophe45. Y aura-t-il une déclinaison numérique du jeu ?
Philippe Hadef. Non. Le jeu de société est en plein boom aujourd’hui. Les gens ont envie de sortir des tablettes et des écrans. C’est le vrai intérêt du jeu. C’est intergénérationnel et familial. D’ailleurs, ce sera un jeu assez rapide à jouer (entre une demi-heure et trois quart d’heure en configuration quatre joueurs) sans élimination directe. On ne se sentira pas lâché en cours de partie. Les règles seront simples. Il n’y aura pas, non plus, besoin de connaître l’histoire d’Orléans pour jouer. Ils auront, en revanche, toutes les informations sur Jeanne. On souhaite toucher les Orléanais. Je serais déjà très content si l’on vendait 1.500 boîtes. On compte déjà sur les municipalités métropolitaine pour jouer le jeu.

Propos recueillis par Richard Zampa

 

Vous le saviez ?

Combien de jeux de société sont prévus à Noël 2017, en France ?
2.000

 

Un jeu de société porte déjà  le nom d’Orléans. De quelle origine est-il ?
Allemand.