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Le 24 Novembre 2017, 08h23

Entretien avec l’ancien champion du monde de boxe et délégué interministériel pour l’Égalité des chances venu échanger avec des élèves fleuryssois. 

«Si on se sert de votre nom et de votre notoriété, c’est qu’au final vous l’avez voulu.»

L’ŒIL DU TIGRE - Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer et sextuple champion du monde de boxe, était l’invité, vendredi dernier, des élèves du lycée professionnel Jean-Lurçat à Fleury-les-Aubrais. Et c’est devant une trentaine d’entre-eux que l’ancien champion du monde des poids lourds-légers a narrer son parcours, ses joies et ses peines, ses succès comme ses échecs. Bref, Jean-Marc Mormeck, nommé délégué interministériel par le Premier ministre Manuel Valls en mars 2016 et « reconduit dans (ses) fonctions » par Emmanuel Macron, a dispensé une vraie leçon de vie, répondant avec sincérité et parfois amusement aux questions de ces adolescents en quête de rêve. « Le rêve français », dixit l’ « homme de défi ». apostrophe45.fr a rencontré ce délégué interministériel décidément pas comme les autres. Entretien.

apostrophe45. Que retenez-vous de vos échanges avec la jeunesse de France ?
Jean-Marc Mormeck. Les jeunes sont généralement à l’écoute et au fil de nos échanges, je pense que ce que je leur dis fera son effet avec le temps. On le voit bien par les questions qu’ils posent, tous ces jeunes se cherchent. Et quand je raconte mon parcours, il y en a toujours quelques-uns qui trouvent des similitudes avec leurs problèmes, leur vie ou leurs envies. Je pense qu’il faut laisser mûrir la réflexion.

apostrophe45. Votre démarche est officielle dans la mesure où vous êtes depuis ces dernières années nommé délégué interministériel à l’Egalité des chances des Français. Dès lors, faites-vous de la politique ?
Jean-Marc Mormeck. C’est quoi faire de la politique ? Ce qui m’importe, c’est l’action que je mène et que je défends aujourd’hui. On ne m’oblige en rien si c’est le sens de votre question. On ne m’oblige pas à faire partie des 100.000 entrepreneurs pour permettre aux jeunes d’accéder à l’entrepreunariat ; on ne m’oblige pas non plus à intégrer la réserve citoyenne, pourtant je l’ai fait ; c’est un plus tout simplement. Quand on a réussi à avancer, alors que la vie ne s’annonçait pas facile, je pense qu’en retour, on peut aussi penser à tous ces jeunes qui sont à l’aube de leur vie. 

apostrophe45. Pensez-vous que les politiques que vous avez cités - François Hollande et Emmanuel Macron - se sont servis de votre nom pour servir leur politique ?
Jean-Marc Mormeck. Si on se sert de votre nom et de votre notoriété, c’est qu’au final vous l’avez voulu.

«Je pense qu’il faut aider cette jeunesse, elle est perdue»

apostrophe45. Quel est votre regard sur la jeunesse au sens large ?
Jean-Marc Mormeck. Je pense qu’il faut l’aider, elle est perdue. Il faut bien se dire que l’avenir, c’est la jeunesse. Nous devons nous mobiliser pour faire des choses, accomplir des rêves. Je mets alors mon réseau à disposition, je suis à son écoute, je suis là pour tous ces jeunes. J’essaye de débloquer des situations parfois bloquées en banlieue notamment. Ça fait partie de mes compétences. J’explique que l’argent se gagne par le travail et que lorsque l’on veut quelque chose, en règle générale, on arrive toujours à ses fins.

apostrophe45. L’exclusion est un combat contre lequel vous vous battez depuis des années et même avant que vous soyez délégué interministériel. Pensez-vous néanmoins que l’on pourra, un jour, réduire les inégalités ?
Jean-Marc Mormeck. Qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas sûr de gagner ce combat ? Qui le dit ? Moi, j’ai un principe. Si je permets à deux ou trois personnes seulement de s’en sortir, alors j’ai déjà gagné.

Propos recueillis par RZ