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Le 24 Novembre 2017, 08h27

Muriel Chéradame explicite les projets et ambitions de la ville d’Orléans, devenue métropole cet été, en matière d’urbanisme et d’immobilier. 

« Ainsi, nous enregistrons en 2017, 10% de permis de construire supplémentaires par rapport à 2016, ce qui veut bien dire que nous sommes dans une bonne dynamique »Muriel Chéradame.

ENTRETIEN - Le nouveau statut de métropole acquis par ville d'Orléans l'été dernier est-il de nature à avoir une inflluenve sur le prix de l'immobilier localement ? Quel rôle joue un élu dans le développement immobilier de sa ville et les projets de constructions qui y naissent ? Quels sont les projets municipaux en matière d'urbanisme et d'immobilier dans les mois et les années à venir ? Pour apostrophe45, Muriel Chéradame, adjointe au maire d'Orléans en charge de l'aménagement et du logement, dresse le bilan de l'année 2017 et explicite les ambitions de l'exécutif municipal et métropolitain pour ce mandat en cours. Entretien. 

apostrophe45 - L’urbanisme, l’aménagement urbain et l’immobilier relèvent quelque peu de la même famille, et ne peuvent donc être pensés individuellement. En quoi le statut de métropole tout juste acquis par  Orléans a-t-il un impact sur le marché de l’immobilier localement ?
Muriel Chéradame - Ce qui va changer d’abord, c’est l’aspect réglementaire. On va arriver à un PLU –Plan local d’urbanisme – métropolitain avec une vision plus coordonnée pour l’ensemble de la métropole alors qu’avant chaque commune faisait les choses de son côté. Il fallait juste interroger la commune voisine mais elle n’était pas considérée comme un partenaire à part entière.  Maintenant, ce n’est plus le cas, nous allons définir une vision cohérente à l’échelle de la métropole pour son aménagement. Les problèmes qui pouvaient se poser sur le partage des parcelles, par exemple, seront réglés avec cette vue d’ensemble.

« Nous enregistrons en 2017, 10% de permis de construire supplémentaires par rapport à 2016  »

apostrophe45 - Et du point de vue de l’immobilier, le fait de devenir une métropole peut-il être profitable aux communes de l’agglomération qui restaient, pour un certain nombre d’entre elles en tous les cas, dans l’ombre d’Orléans ?
Muriel Chéradame - Oui, car la métropole devient un moteur en quelque sorte et l’expérience accumulée à Orléans sert aux autres communes.  Une complémentarité s’installe et le rayonnement d’une commune profite aux autres, dans une dynamique qui est commune à toutes.

apostrophe45 - Ne risque-t-on pas néanmoins d’assister à une augmentation des prix des loyers et de l’immobilier ?
Muriel Chéradame - Ce n’est pas ce que l’on constate dans les villes devenues métropoles avant nous. Et puis, à Orléans, il y a une dynamique de constructions qui est très importante, et notamment ces dernières années, après le creux de 2014. Ainsi, nous enregistrons en 2017, 10% de permis de construire supplémentaires par rapport à 2016, ce qui veut bien dire que nous sommes dans une bonne dynamique.

apostrophe45 - Quel rôle joue une collectivité locale dans le développement  et la bonne santé de l’immobilier d’une ville, alors que ce secteur-là dépend pour une grande partie du privé ?
Muriel Chéradame - Notre rôle relève pour beaucoup de notre capacité à créer et faire vivre des ZAC – Zone d’aménagement concerté – puisqu’un tiers des permis de construire qui sont délivrés le sont dans des ZAC, et les deux autres tiers dans les secteurs diffus. Nous avons donc, en tant que Ville d’Orléans et métropole, un rôle primordial.

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La rue des Carmes, à Orléans, est en cours de réhabilitation. 

apostrophe45 - Quels sont les projets et chantiers aujourd’hui initiés par la Ville justement pour aménager des ZAC ?
Muriel Chéradame - Nous avons la ZAC du Val d’Ouest dans le secteur de Saint-Marceau, délimité par la Loire au nord et le Loiret au sud. Nous avons sur cette ZAC le projet de réaliser 600 logements. Dans le même esprit, nous allons attribuer, avant la fin de l ‘année, la ZAC située au nord-est d’Orléans, entre la tangentielle, l’avenue des Droits-de-l’Homme, dans le quartier de la Barrière-Saint-Marc donc, avec le projet d’y installer à nouveau 600 logements. Et puis, nous avons aussi tout le travail à l’Argonne et à La Source qui vont devenir des ZAC, et ce, dans le cadre du deuxième plan de l’ANRU – Agence nationale pour la rénovation urbaine. Pour l’Argonne, cela intègre une opération de reconstruction et pour La Source, une opération d’aménagement et de rénovation.

apostrophe45 - Il y a également toute la réhabilitation du quartier des Carmes
Muriel Chéradame - Oui, bien sûr. Nous allons construire des logements sur le site de l’ancien hôpital de la Porte-Madeleine, et nous avons lancé, par ailleurs, une opération de rénovation de l’habitat dans ce secteur. Des logements vont ainsi revenir sur le marché de l’immobilier du centre-ville et ce seront de « vrais » logements, et non pas des appartements vétustes souvent entre les mains des marchands de sommeil. Quand les appartements ou les immeubles sont en trop mauvais état, il peut y avoir des opérations de préemption par la métropole.

« C’est important qu’une réalisation suscite l’adhésion des habitants du quartier »

apostrophe45 - Quand un promoteur immobilier projette de réaliser une construction, avez-vous votre mot à dire en tant qu’élue ?
Muriel Chéradame - Le promoteur doit déjà respecter le PLU et il y a un travail qui se fait en amont avec lui sur l’aspect du bâtiment, sa typologie, son esthétisme afin que l’on ait une cohérence architecturale à l’échelle de la ville, et tout cela en respectant aussi la liberté des uns et des autres. Ce n’est donc pas toujours facile. Et puis, avant le dépôt du permis de construire, les promoteurs viennent présenter leur projet aux riverains et il est arrivé à plusieurs reprises que le promoteur revoie sa copie après des remarques formulées par les riverains. Et c’est important qu’une réalisation suscite l’adhésion des habitants du quartier.

apostrophe45 - Un autre quartier est en cours de réhabilitation, dans une seconde phase également  : le quartier Bourgogne dans la partie Saint-Pierre-le-Puellier cette fois, avec le projet de réhabiliter la Vinaigrerie Dessaux notamment.
Muriel Chéradame - Oui, on là un beau projet également de réhabilitation.

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Visite de chantier des élus, rue des Carmes. 

apostrophe45 - En terme d’urbanisme, quelles sont les priorités aujourd’hui de la majorité municipale ?
Muriel Chéradame - Il y a tout un travail à faire sur les faubourgs pour leur redonner une attractivité qui leur manque, pour qu’ils ne meurent pas et ne se paupérisent pas. Ils ont des atouts car ils sont à proximité du centre, des commerces, de la gare pour certains, mais ils connaissent une évolution difficile. C’est donc un sujet d’attention. Et puis, il y a aussi le quartier des Groues qui est très bien placé par rapport au projet Interives par exemple, et que nous voulons faire avancer.

apostrophe45 - C’est un serpent de mer, non, car on entend parler de ce projet d’éco-quartier depuis des années, pour ne pas dire une décennie, et on ne voit rien de significatif sortir de terre…
Muriel Chéradame - La difficulté, c’est qu’il se situe sur deux communes. Aujourd’hui, les obstacles sont levés puisque nous sommes sur un aménagement métropolitain qui rend le dossier bien moins complexe.  On travaille sur la voirie, puis sur l’aménagement urbain, on ne lance pas tout en même temps car il faut veiller aussi à ne pas mettre les projets en concurrence. Aujourd’hui, le projet, c’est de créer un parc du côté des Blossières et un parc du côté de Saint-Jean-de-la-Ruelle a avec le souhait que ces parcs profitent réellement et prioritairement aux habitants du quartier.