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Le 23 Juillet 2018, 11h25

Possession des Anglais depuis le procès de Jeanne à Rouen, la relique est de retour en France… mais pas à Orléans.

La fondation Puy du Fou Espérance est parvenue à réunir en moins de deux jours 350.000 euros pour l'achat de la rélique.

BAGUE AU DOIGT. La précieuse relique ne reviendra donc pas en terres orléanaises pourtant baignées par la célébration de la gloire militaire triomphante de Jeanne d’Arc depuis 587e ans. L’anneau de la sainte, qui avait été volé par l’évêque Cauchon au moment de son procès, était la propriété des Anglais depuis 1431. Or, comme le révèlent nos confrères du Figaro, l’anneau vient d’être racheté aux enchères par le Puy du Fou pour la replète somme de 376.833 euros. 

Pour acquérir cette relique de Jeanne, il aurait déjà fallu que la ville d’Orléans soit avisée de son existence, puis de sa mise en vente le 26 février dernier et, de surcroit, qu’elle ait les moyens financier de surenchérir le cas échéant. Pas de regret à avoir donc, à l’évidence, aucune de ces trois conditions n’était réunie. 

Alerté par son père, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, ne pouvait manifestement supporter l’idée que l’anneau saint demeure plus longtemps aux mains des Anglais.

En réalité, comme le raconte le Figaro, seul l’avocat Jacques Trémolet de Villers, ami de Philippe de Villiers, était au courant de cette vente organisée par la maison Timeline Auctions de Londres. Or, l’avocat, fin connaisseur de l’histoire de la Pucelle pour avoir publié récemment un livre sur le procès de Rouen, connaissait l’existence de cet anneau en laiton décoré de trois croix et sur lequel est gravé « Jhesus Maria » et savait, en outre, qu’il avait été dérobé par les Anglais. La perfide Albion, toujours et encore. «L’évêque Cauchon, qui devait condamner sa prisonnière pour sorcellerie, prétendait qu'elle l'avait utilisé pour accomplir de fausses guérisons. Peu scrupuleux, il le confisqua, puis le donna ou le vendit au cardinal anglais Henry Beaufort. A compter de ce moment, le bijou ne quittera plus l'Angleterre », peut-on lire dans les colonnes du Figaro.   

« Il faut que chacun puisse le voir. N'oublions pas que Jeanne d'Arc est la patronne de la France», Nicolas de Villiers

Alerté par son père, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, ne pouvait manifestement supporter l’idée que l’anneau saint demeure plus longtemps aux mains des Anglais. Pour autant, à moins de deux jours de la vente, la Fondation Puy du Fou Espérance ne pouvait guère rassembler plus de 80.000 euros, une somme condamnée à être insuffisante pour racheter la précieuse relique. L’appel à des donateurs privés a été entendu au-delà de tout espoir puisque la Fondation a pu, in fine, rassembler quelque 350.000 euros. Mandaté par la Fondation, un avocat est donc parti, manu militari à Londres, avec la ferme intention d’acquérir le fameux anneau dont le prix de vente a été fixé à 19.051 euros. Mais, de toute évidence, d’autres fervents admirateurs de Jeanne brûlaient de désir de posséder le bijou johannique sacré de sorte qu’il fallut débourser, après une lutte acharnée, 376.833 euros pour le glisser dans sa besace. «J'irai le chercher le 4 mars et nous organiserons une cérémonie officielle le 20 au Puy du Fou. Ensuite, l'anneau sera exposé au public dans un lieu dédié du parc. Il faut que chacun puisse le voir. N'oublions pas que Jeanne d'Arc est la patronne de la France », confie, ravi de son acquisition, Nicolas de Villiers, dans les colonnes du Figaro.

Pas d'anneau donc pour la ville d'Orléans, fidèle parmi les fidèles pourtant dans la célébration annuelle de son héroïne. Consolons-nous en répétant que la Jeanne orléanaise est guerrière et cuirassée et que l'anneau est un artifice qu'elle ne pouvait alors - elle non plus - s'offrir... 

La rédaction