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Le 17 Novembre 2018, 00h35

Maurice Genevoix, amoureux de la Loire et de la Sologne, fera son entrée au Panthéon le 11 novembre 2019. 

Le président de la République souhaite que Maurice Genevoix devienne le « porte-étendard » des héros et héroïnes anonymes de la guerre de 14-18.

LA PATRIE RECONNAISSANTE - L’enfant de Châteauneuf-sur-Loire qui trouva sur les bords de Loire des motifs de réconfort autant que des sources d’inspiration ; l’élève du lycée Pothier à Orléans qui y découvrit « l’encasernement, la discipline, les sinistres et interminables promenades surveillées » ;  le rescapé des batailles de la Marne et de Verdun revenu à Châteauneuf-sur-Loire sur ses terres familiales ; le lauréat du prix Goncourt qui racheta une vieille masure à Saint-Denis-de-l’Hôtel, « une vieille maison, rêveuse, pleine de mémoire et souriant à ses secrets » : Maurice Genevoix, dont l’œuvre littéraire comme la respiration intime sont indissociables des paysages ligériens, fera son entrée au Panthéon en novembre 2019. L’annonce en a été faite par Emmanuel Macron, ce mardi 6 novembre, aux Eparges dans la Meuse, théâtre de combats dantesques en 1915. Le président de la République souhaite que Maurice Genevoix devienne le « porte-étendard » des héros et héroïnes anonymes de la guerre de 14-18, « simples soldats, officiers, engagés, appelés, militaires de carrière, sans grade et généraux, mais aussi les femmes engagées auprès des combattants ».

« Toute cette armée qui était un peuple, ce grand peuple qui devint une armée victorieuse », Emmanuel Macron

Si Maurice Genevoix n'est pas l'écrivain le plus célèbre à avoir combattu pendant la Grande Guerre, il incarne par son parcours militaire ainsi que par le récit qu'il livra des combats « toute cette armée qui était un peuple, ce grand peuple qui devint une armée victorieuse », selon les termes choisis par le président de la République. « Genevoix fut le chantre de cette mémoire. Par lui, la voix de 'Ceux de 14' ne cesse de nous exhorter à ne pas baisser la garde et à conserver intacte notre vigilance quand le pire de nouveau réapparaît », a encore souligné le chef de l'Etat.

Olivier Carré a réagi à l'annonce de cette panthéonisation

« Aussi bien ai-je le sentiment que l’on n’entre ici jamais seul ». Tels furent les mots prononcés par Maurice Genevoix lors de sa réception à l’Académie française le 13 novembre 1947.

Cette phrase résonnera sans doute dans le cœur de ses descendants et de ceux des combattants de la Grande Guerre, lorsqu’en 2019, Maurice Genevoix fera son entrée au Panthéon en sa qualité de porte-étendard de Ceux de 14.

En tant qu’enfant du pays, je suis fier de voir ainsi honorés non seulement la mémoire de celles et ceux de 14, mais également la voix de ce « romancier un peu sauvage », comme il aimait à se qualifier, et le regard de cet amoureux de la Loire et de la Sologne.

Lui qui semblait trouver dans cette vie simple, proche de la nature, le réconfort nécessaire pour survivre aux horreurs de la guerre, rejoindra ainsi Jean Zay, « panthéonisé » en 2015, autre figure de l’Orléanais, hissé au rang des « Grands Hommes » méritant cette reconnaissance nationale.

Pour la mémoire de sa fille, Sylvie, pour son œuvre et cet amour partagé pour notre terre, je m’en réjouis au nom du Conseil municipal, de l’ensemble des Orléanais. »

Cette entrée de Genevoix au Panthéon, au milieu des grandes figures de la Nation, était souhaitée par la famille de l'auteur. « Maurice Genevoix s'est imposé petit à petit comme le porte-parole des soldats de 1914, donc à travers lui rentrent tous les soldats de 1914 », s'est réjoui Julien Larere-Genevoix, le petit-fils de l'écrivain, cité par nos confrères de l’Huffpost. « L’entrée au Panthéon récompense à la fois Maurice Genevoix le soldat de 14 et l'écrivain qui leur a permis de vivre dans notre mémoire », a souligné Xavier Pierson, le maire des Éparges (70 habitants).

Deux panthéonisations simultanées

Il y a aura ainsi, a précisé l'Elysée, deux panthéonisations simultanées, celle de l'écrivain et celle, « à titre collectif », de « Ceux de 14 », « incarnant la nation combattante, composée des civils appelés sous le drapeau et des militaires de carrière engagés dans les combats, mais aussi des femmes qui les ont accompagnés sur le front ».

A. G.