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Le 17 Décembre 2017, 20h52

Le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv a intégré le Mémorial de la Shoah, la fondation internationalement connue. Explications.   

« C’est justement parce que l’on va bien que le moment était venu de réaliser ce rapprochement », Hélène Mouchard-Zay.

NOUVEL ESSOR - C’est désormais chose faite. Depuis ce lundi 4 décembre, à l’issue d’un vote à l’unanimité, le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv a intégré le Mémorial de la Shoah, après vingt-six d’existence autonome. Créé sous forme associative en 1991, à Orléans, par Hélène Mouchard-Zay - qui en assuré la présidence jusqu’à aujourd’hui -, Serge Klarsfeld, historien et avocat, Henry Bulawko, alors président de l’Association des anciens déportés juifs de France, et Eliane Klein du CRIF, le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv, installé rue du Bourdon-Blanc à Orléans, tourne une nouvelle page de son histoire. 

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(de g. à dr. ) Nathalie Grenon, directrice du Cercil, Hélène Mouchard-Zay, présidente, et Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah. (Photo. apostrophe45)

Dans sa forme juridique car, pour le reste, rien ne devrait changer dans le fonctionnement du centre de recherche et du musée, et pas davantage naturellement dans les axes du travail historique entamé depuis sa création sur les camps d’internement du Loiret, Pithiviers, Beaune-la-Rolande et Jargeau. 

« Cette forme associative nous a permis de mettre en place beaucoup de choses », Hélène Mouchard-Zay

« Cette forme associative nous a permis de mettre en place beaucoup de choses, avec liberté, souplesse, inventivité et cela a été extrêmement précieux. Cette forme-là a permis beaucoup de choses. Mais elle a aussi ses fragilités avec une équipe de sept salariés, un public de plus en plus nombreux, des classes d’élèves de plus en plus nombreuses également et un développement d’activités », a expliqué, lors d’une conférence de presse, Hélène Mouchard-Zay qui de présidente bénévole est devenue, à compter de ce lundi, simple bénévole. Une ex-présidente qui a souligné que cette fusion n’était absolument pas à mettre au compte d’une mauvaise passe que traverserait l’association bien connue des habitants du Loiret. C'est même tout l'inverse.

« Cette fusion se fait à un bon moment, à un moment où le Cercil va bien », Jacques Fredj

« Le Cercil va bien, il n’est pas en détresse, ce n’est pas un appel au secours, ni un aveu d’impuissance ou de découragement, c’est justement parce que l’on va bien que le moment était venu de réaliser ce rapprochement », a précisé Hélène Mouchard-Zay qui est à l’origine de cette démarche. « Cette fusion se fait à un bon moment, à un moment où le Cercil va bien, et où le contexte nous impose de travailler encore plus intensément », a poursuivi Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, venu à Orléans, ce lundi, entériner ce rapprochement historique.  

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Le Cercil, implanté rue du Bourdon-Blanc à Orléans, depuis 2001, est un musée, un centre de recherche et de ressources. (Photo. apostrophe45)

Concrètement, d’un point de vue financier, le Cercil conservera un budget autonome, et chaque euro qui lui sera accordé par les collectivités locales, qui n’ont jamais faibli dans leur soutien, lui sera intégralement reversé. L’équipe restera en place, la charte graphique ne bougera pas, bref l’identité du Cercil demeurera inchangée. « Vous serez surpris du peu de changement le 1er janvier, il y a un modèle qui marche ici et on ne va pas le casser. (…) Ce qui va changer, c’est seulement l’enveloppe juridique », a précisé Jacques Fredj. « On intègre au Mémorial une institution qui fonctionne bien, qui développe de nombreux projets et dont nous avons besoin. Il faudrait des Cercil dans toutes les villes de France, c’est notre conviction. Le Cercil doit continuer à exister comme il est, tel qu’il est, avec l’identité qu’il a dans la ville, sur le territoire dans lequel il travail, et avec l’expertise qu’il peut avoir sur le plan local. C’est une avancée extraordinaire pour le Mémorial. (…) Ce rapprochement, c’est aussi une façon de se dire que l’on sera plus fort ensemble », a déclaré le directeur du Mémorial de la Shoah.

« L’équipe du Cercil pourrait faire plus si elle avait plus de moyens »

Si aucun changement ne devrait donc voir le jour, le Cercil pourrait bénéficier de moyens financiers supplémentaires pour développer son action, et notamment celle qu’il déploie éducativement à l’adresse du jeune public. Et de nouveaux recrutements ne pourraient que soulager l’équipe en place face à une charge de travail très lourde. « L’équipe du Cercil pourrait faire plus si elle avait plus de moyens », a concédé Jacques Fredj. « C’est une équipe qui est extrêmement impliquée mais qui est actuellement surchargée, on ne peut pas dire autre chose », a complété Hélène Mouchard-Zay.  

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Hélène Mouchard-Zay, l'été dernier, avec Serge Klarsfeld, dans la cour du Cercil. (Photo. apostrophe45)

À titre personnel, Hélène Mouchard-Zay, qui porte le Cercil à bout de bras depuis 1991, avec Nathalie Grenon, la directrice historique de l’association, confirme son soulagement de voir la pérennité sur Cercil assurée par cette fusion. Elle ne cache pas néanmoins une forme de déchirement au moment de fusionner avec le Mémorial de la Shoah. « J’ai engagé cette démarche, je suis heureuse qu’elle ait abouti de façon unanime, mais vous vous doutez bien que c’est très ambigu, je continuerai à être là si le Cercil a besoin de moi », a conclu l'ex-présidente. Et d'évidence, personne au 45, rue du Bourdon-Blanc, n'imagine ne pas voir régulièrement le vélo d'Hélène Mouchard-Zay attaché dans la cour du Cercil, à quelques mètres de la baraque de Beaune-la-Rolande, exhumée de l'oubli. 

A. G.