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Le 21 Août 2018, 23h31

La sécurité sera l’une des priorités de la Ville d’Orléans qui attend quelque 650.000 personnes durant les cinq jours du Festival de Loire. 

« Nous voulons assurer la gratuité au public mais il faut bien avoir conscience que la sécurité a un coût », Olivier Carré, maire d’Orléans.

SÉCURITÉ - La 8ème édition du Festival de Loire battra pavillon sur les quais de Loire d’Orléans à partir de ce mercredi 20 septembre jusqu’au dimanche 24 septembre. En raison des risques élevés d’attentats en France, les organisateurs sont soumis à un cahier des charges drastique, sous contrôle préfectoral. Cette manifestation rassemble, en effet, un public familial « d’environ 650.000 personnes » sur cette période avec un pic d’affluence, le samedi soir, à l’occasion du feu d’artifice, ainsi que le dimanche. Pas moins de 200 embarcations navigueront sur le fleuve et plus de 200 animations seront réparties le long des quais de Loire entre le pont George V, le quai du Roi et au-delà du pont Thinat. La Duck Race, elle, se tiendra rive sud, le dimanche 24 septembre dans la matinée, et l’on parle dejà de près de « 30.000 spectateurs »

Un éventail de consignes 

Au terme de « réunions partenariales menées par la Préfecture et la mairie d’Orléans », un dispositif de sécurité a donc été défini conjointement avec les acteurs de la sécurité publique, civile, militaire et de la société de gardiennage, pour toute la durée du Festival de Loire 2017. L’ensemble de ces dispositions porte sur la sécurisation des lieux les plus fréquentés pendant cette manifestation. Au lendemain de l’attentat de Manchester, Gérard Collomb indiquait « qu’en France toutes les mesures nécessaires étaient mises en place pour assurer la sécurité des Français, notamment ceux qui voudraient se rendre à des événements sportifs ou culturels (…) Nous avons donné un certain nombre de consignes aux organisateurs d'événements sportifs, culturels (…), de manière à ce que la protection de nos concitoyens soit partout assurée ». Aussi, une circulaire a été transmise à tous les préfets «pour qu'ils puissent assurer avec les organisateurs de spectacles, d'événements, la sécurité de celles et ceux qui viendront à ces manifestations». 

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Sans dévoiler des secrets bien gardés, la préfecture du Loiret révèle néanmoins quelques points du dispositif permanent censés rassurer le public pendant le Festival comme « l’installation d’obstacles fixes visant à sécuriser le site du festival ; la mise en place d’un dispositif anti-intrusion nautique et d’un contrôle des flux avec fouilles aléatoires et palpations par des agents de sécurité sur tous les périmètres du festival ; le renforcement du dispositif Sentinelle et des forces de sécurité intérieure ou encore l’installation d’un poste de commandement sécurité à proximité des quais ».

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Un guide

Le ministère de l'Intérieur a récemment édité « un guide » de l’été et les risques liés à ses nombreux rassemblements populaires. Fin avril, il a publié « Gérer la sûreté et la sécurité des événements et sites culturels", un document destiné à la sensibilisation des organisateurs de manifestations estivales. L'un des objectifs du document, très didactique, est de tirer les leçons de l'attentat de Nice et de son mode opératoire meurtrier - l'attaque au camion-, depuis à nouveau utilisé à Berlin et à Londres.

«Assurer la sécurité de 650.000 personnes»

Ce nouveau guide suggère ainsi aux équipes de sécurité de s'habituer à repérer «un véhicule de livraison stationné devant une manifestation», «paraissant en surcharge», ou dont le chauffeur aurait «une conduite mal assurée». «Dans la mesure du possible, installez votre point de contrôle d'accès à l'écart du site protégé, mettez en place des patrouilles régulières et donnez pour instruction au personnel de s'intéresser à tout individu manifestant un comportement suspect», préconisent encore ses auteurs. Un contrôle des livraisons devra être opéré avec pour objectif de repérer « les entrées des personnels venant livrer des produits, équipements ou matériels et des entreprises intervenant sur le lieu de la manifestation ; pendant la manifestation, il s’agit également d’éviter toute accumulation d’objets (cartons, palettes, sacs) ».

Bien sûr, les autorités policières pourront notamment s’appuyer sur le Centre de sécurité orléanais (CSO) et la vidéo-surveillance qui balayent les deux kilomètres de quais de Loire où se déroulera le festival de Loire. Sans oublier, « pour la première fois », le centre-ville d’Orléans et ses six places publiques : la place du Martroi, la place de Gaulle, la place de la République, la place du Châtelet, la place Sainte-Croix et enfin la place d’Arc. 

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De plus en plus d’agents de sécurité

La demande en agents de sécurité devrait cependant encore augmenter. Les fouilles sont désormais plus régulières et ce sont les agents de sécurité déjà présents avant les attentats qui se chargent de cette nouvelle mission. Ils sont juste plus visibles qu’auparavant. « On a plus de demandes qu’avant suite aux différents plans Vigipirate, ça oblige à répondre à certaines normes lors d’organisation d’un événement. Concernant le nombre de vigiles, tout dépend de l’organisation de l’événement, de la structuration des lieux, du nombre de personnes attendues mais aussi du barriérage, des accès, etc. Notre rôle est de conseiller les organisateurs sur le nombre d’agents en filtrage, en surveillance, en repérage, etc. », explique la gérante de la société Safety Evenementiel à Semoy. « Le but d’un vigile est de prévenir le fait qu’un individu potentiellement dangereux entre dans un lieu X ou Y. Les vigiles peuvent désormais contrôler les sacs. »

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L’accroissement du dispositif de sécurité est très coûteux. « C’est même le problème majeur », dixit Olivier Carré, maire d’Orléans. « Nous voulons assurer la gratuité au public mais il faut bien avoir conscience que la sécurité a un coût », notamment lorsqu’il s’agit de recruter toujours plus de vigiles. Sans pour autant l’estimer précisément, ce coût sera intégré au budget dédié au festival de Loire qui, lui, s'élève à 1,5 million d’euros.

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Richard Zampa