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Le 23 Juillet 2018, 11h13

L’exploitation pétrolière dans le Loiret a débuté il y a près de 60 ans avec Elf et a compté jusqu’à 318 puits. Elle demeure une manne économique.

Le pétrolier canadien, Vermillon Rep, a sept permis d’exploration en cours d’instruction et vient de forer quatre nouveaux puits dans le Loiret.

OR NOIR - Dans le Loiret, on a du pétrole mais il faudra aussi avoir des idées pour anticiper la fin de l’extraction de gaz ou de pétrole conventionnel, annoncée en conseil des ministres, mercredi, par Nicolas Hulot, le ministre de la Transition Écologique.  L’objectif est d’« amorcer la sortie progressive de la production d’hydrocarbures sur le territoire français à l’horizon 2040 », affirme le texte. Ce projet peut sembler symbolique pour la un pays comme la France qui ne produit que 1% (soit 815.000 tonnes) des quelque 80 millions de tonnes de pétrole brut consommées annuellement mais cette activité répond toutefois à une manne économique pour le territoire du Loiret en terme d’emplois directs mais aussi de retombées fiscales pour la département (estimées à environ 1,5 million d’euros par an).

L’exploitation pétrolière dans le Loiret a débuté en 1958

En effet, l’exploitation pétrolière dans le Loiret a débuté en 1958 avec Elf et a compté jusqu’à 318 puits. Mais, faute de rentabilité, la société française, rachetée depuis par Total, a cédé ses intérêts en 1998 à Madison Energy, devenu Toreador. Dans le département, la société Toreador Energy France exploite ainsi les gisements du néocomien (Chuelles, Châteaurenard, Saint-Firmin et Courtenay). Ceux-ci font partie des concessions de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux dites "concession de Châteaurenard" et "concession de Saint-Firmin-des-Bois", attribuées par décret du 23 septembre 1964 à la Compagnie d’Exploration Pétrolière. Les décrets des 25 juin 1973 et 24 août 1976 les a transférées au profit de l’Entreprise de Recherches et d’Activités Pétrolières, puis à la société nationale ELF Aquitaine (production) et, par arrêté du 25 juillet 2001, à la société Madison Chart Energy. En 2005, suite à un changement de statut, la société Madison a changé de nom pour devenir la société Toreador Energy France.

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Sans avoir une production démentielle, le Loiret a extrait néanmoins de son sous-sol jusqu’à 45.000 tonnes de pétrole brut, soit 365.000 barils en 2006. Cela représentait, à l’époque, 4,2% de la production française, évaluée à 1,05 million de tonnes et partagée entre le bassin parisien, dont fait partie le Loiret, et le bassin aquitain, selon la Direction régionale de l’Industrie, de la Récherche et de l’Environnement en région Centre. Le pétrole du Loiret est récupéré par un réseau de pipelines jusqu’à un centre d’exploitation à Triguères (Loiret) puis transporté par camion à une raffinerie située en Seine-et-Marne. Il faut compter un puits producteur pour six forages.

« Un brut français de très bonne qualité et rentable »

Dans le Loiret, existe notamment la filiale française d’une entreprise canadienne, Vermillon Rep, sans oublier le siège de la SPPE (Société pétrolière de production et d’exploitation) à Château-Renard.

D’ici 2040 donc, plus aucun permis d’exploration ne serait accordé et, une fois arrivées à expiration, les concessions existantes ne seraient pas prolongées. « C’est la déclinaison de nos engagements pris lors de la COP21 », fait-on valoir au ministère. Le principal opérateur concerné par le projet de loi est le canadien Vermilion. Il assure, à lui seul, les trois quarts de la production nationale de pétrole, avec 26 concessions en France, dont certaines arrivent à expiration dès 2019. Pour ses dirigeants, les annonces du gouvernement ont fait l’effet d’une douche froide. « Ce texte est inacceptable. Nous avons investi en France 1,2 milliard d’euros ces vingt dernières années, et du jour au lendemain, nous apprenons que nous allons devoir réduire notre activité », estime Jean-Pascal Simard, le directeur des relations publiques de Vermilion en France, en évoquant « un brut français de très bonne qualité et rentable, produit autour de 30 dollars le baril. » Le paradoxe, c'est que l'on n'aura aps attendu l'épuisement des gisements de pétrole pour fermer les vannes.

Vermillon Rep vient de forer quatre nouveaux puits dans le Loiret

Le pétrolier canadien, qui a également sept permis d’exploration en cours d’instruction et vient de forer quatre nouveaux puits dans le Loiret (la préfecture lui avait même donné une autorisation pour le forage de 35 nouveaux puits et des prévisions de production « avant 2050 »), n’exclut pas de porter l’affaire en justice. Face aux risques de contentieux, mis en avant lors du passage du texte au Conseil d’État, le gouvernement pourrait ainsi être tenté d’amender le texte. « Plutôt que d’arrêter les concessions au fur et à mesure, il vaudrait mieux en rester à la date butoir de 2040. Cela laisserait aux opérateurs le temps de se retourner », plaide Francis Duseux, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip).

Mais les véritables enjeux du projet de loi se jouent aussi à des milliers de kilomètres de la métropole, dans les eaux territoriales françaises au large de la Guyane et du Mozambique, puisque ces zones pourraient receler d’importants gisements. La France pourrait ainsi devenir le deuxième pays au monde, après le Costa Rica, à interdire l’extraction de pétrole. 

RZ