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Le 16 Novembre 2018, 02h25

En réaction à la démission de Nicolas Hulot, des dizaines de milliers de personnes défileront pour le climat demain en France. 

Au total, quelque 130 événements en faveur de la défense de l’environnement sont ainsi planifiés ce samedi. 

EN MARCHE - À l’instar d’un grand nombre de villes en France, Orléans accueillera ce samedi 8 septembre une marche pour le climat dont le départ sera donné à 14 heures, depuis les quais de la Loire. Étonnement, l’initiative de cette mobilisation n’en revient pas à un parti politique, à une organisation syndicale ni même à une ONG versée dans la défense de l’environnement, même si les uns et les autres se grefferont assurément sur les cortèges demain. Elle est en réalité l’initiative d’un jeune Parisien de 27 ans, Maxime Lelong qui, après avoir entendu Nicolas Hulot annoncer sa démission et l’expliquer par la très grande solitude dans laquelle l’avait placé le combat écologique qu’il porte, s’est retroussé les manches. 

« En cherchant sur les réseaux, je n’ai trouvé aucun événement prévu pour défendre le climat, alors je me suis lancé », explique au Monde Maxime Lelong qui confie n’avoir jusqu’ici « jamais manifesté ». Comme tout jeune homme moderne, Maxime Lelong a donc organisé un événement Facebook et programmé un happening devant l’Hôtel de Ville à Paris. Et, contre toute attente, son initiative est devenue « virale », comme l’on dit dans le jargon numérique, de sorte que 16.000 personnes se sont inscrites et que 80.000 se disent intéressées ! Reste à voir demain l’importance des cortèges. Toujours est-il que des rassemblements sont prévus, outre à Orléans, à Rouen, Rennes, Lille, Strasbourg, Bordeaux, Marseille, Nantes, Toulouse, etc. Au total, quelque 130 événements en faveur de la défense de l’environnement sont ainsi planifiés ce samedi. 

« La mobilisation de ce samedi 8 septembre est peut être cet électrochoc que souhaitait Nicolas Hulot en démissionnant »

« Cette marche veut mobiliser la société civile dans une perspective de prise de conscience et de solidarité afin de contraindre les principaux responsables de ce changement climatique destructeur - gouvernements et grandes entreprises)- de prendre les mesures indispensables. La mobilisation de ce samedi 8 septembre est peut être cet électrochoc que souhaitait Nicolas Hulot en démissionnant », explique Jean-Paul Briand, membre du Collectif Citlab, qui porte l’initiative de l’organisation de cette marche avec l’agence d’architecture et de design Boirard.

Une mobilisation citoyenne inédite qui trouve également un relais sur les réseaux sociaux via le hashtag #onprendlerelais. « L’idée de ce mouvement est déjà de rompre ce pessimisme ambiant qui consiste à dire que ça ne sert à rien d’agir parce que c’est trop tard, parce qu’il y a Trump, parce que les lobbies sont trop puissants. Il ne faut pas tout attendre d’un quelconque gouvernement ou d’un quelconque homme providentiel. À nous aussi, citoyens, de prendre des initiatives », explique à 20 Minutes Alexandra Romano, directrice d’une agence communication parisienne à l’initiative de cet autre appel à la mobilisation. 

L’électrochoc déclenché par la démission de Nicolas Hulot aura-t-il finalement davantage servi la cause de l’Écologie que sa présence et ses combats menés dans le gouvernement ? La mobilisation inattendue de demain pour rompre justement la déréliction que l’ancien ministre pointait du doigt constitue déjà une partie de la réponse. 

A. G.