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Le 19 Décembre 2018, 08h38

Le long des quais à Orléans, les chèvres engloutissent ronces et mauvaises herbes, une mission que l’État a délaissée depuis longtemps.

Les chèvres ont jusqu’à novembre pour débroussailler les quais, entre les ponts Joffre et de l’Europe, soit sur plus d’un kilomètre.

EN PENTE DOUCE - Avant l’arrivée des chèvres, il y a eu la pose des enclos. Et les interrogations des amateurs de course à pied qui se demandaient bien à quoi pouvait donc servir ce grillage installé progressivement le long de la Loire, au nord, à hauteur des quais Madeleine et Saint-Laurent. Et puis les chèvres sont arrivées, douze pour le moment, des chèvres naines de race alpine et poitevine a-t-on appris ensuite, qui n’ont pas tardé à se mettre à l’ouvrage. Leur mission, c’est Aude de Quatrebarbes, adjointe en charge de la gestion du domaine public, qui l’a expliquée à nos confrères du Parisien. « Les bords de la Loire sont théoriquement entretenus par l'Etat, qui s'est désengagé depuis des années. Comme c'est extrêmement pentu, la ville ne pouvait entretenir qu’un mètre en bordure de l'allée ». D’où ce partenariat passé avec l’association La Moutonne spécialisée dans l’écopâturage depuis quatre ans. 

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Douze chèvres naines de race alpine et poitevine débroussaillent depuis quelques jours les bords de Loire. (Photos. apostrophe45)

 « Contrairement aux moutons, les chèvres sont de redoutables débroussailleuses »

« C’est le retour du rural à la ville », sourit Nathalie Fourrage, la présidente de l’association qui souligne les qualités inégalables des chèvres en tant que « débroussailleuses » naturelles. «Contrairement aux moutons, les chèvres sont de redoutables débroussailleuses. Leur langue et leur palais leur permettent non seulement de  manger les ligneux comme les ronces mais également d'engloutir le bois des branches. Et puis elles adorent les terrains en pente »

D’ici quelques jours, de nouvelles chèvres vont renforcer les effectifs présents pour les hausser à vingt biquettes. Il faut dire qu’il y a du pain sur la planche, et de la ronce à engloutir en quelques mois, puisque ces dernières ont jusqu’à novembre pour débroussailler les quais, entre les ponts Joffre et de l’Europe, soit sur plus d’un kilomètre. Chaque mois, les animaux seront ainsi déplacés d’un enclos à un autre pour avaler d’autres mètres carrés de végétation fraîche. Une opération qui devrait être reconduite chaque année, entre avril et novembre également. 

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Il est interdit de donner à manger aux biquettes. Et, manifestement, ellles ont largement de quoi se mettre sous le palais. 

15.000 euros pour cet écopâturage

Si cette initiative a évidemment des vertus écologiques, elle est également rentable d’un point de vue strictement financier. Le budget municipal pour cet écopâturage inédit à Orléans est de 15.000 euros : 10.000 euros pour l’installation des enclos et 5.000 pour la location des chèvres. Et puis, pour les petits citadins peu habitués à voir des chèvres le long de la Loire, cette initiative constitue une distraction insolite et une bonne occasion de déambuler sur les quais ligériens.

A. G.