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Le 27 Mai 2018, 19h55

La Ville d’Orléans a choisi de ne pas toucher aux rythmes scolaires en 2017 mais lance une concertation en vue de la rentrée 2018.

 « On ne peut pas improviser une rentrée. Peut-être que dans un village, ici ou là, c’est possible. Pas à Orléans où la rentrée scolaire se prépare entre six et neuf mois à l’avance », Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans en charge de l’Éducation.

DANS LE RANG - Une fois encore, la rentrée des classes est rythmée par les réformes. Et plus exactement les réformes du rythme scolaire. En France, on aime autant tricoter que détricoter avec pas moins de trois réformes en dix ans. Aussi, la Ville d’Orléans a choisi de ne pas toucher, pour l’instant, aux rythmes scolaires. En revanche, d’autres - une cinquantaine dans le Loiret - ont d’ores et déjà décidé de revenir à la bonne vieille semaine de quatre jours - contre quatre jours et demi. Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans en charge de l’Éducation et conseiller régional (UDI), a, quant à lui, indiqué qu’il ne s’agissait « pas là d’un choix définitif » et qu’il y aura, de toute façon, « concertation ». D’autant que les décrets ont été émis seulement au mois de juillet. « On ne peut pas improviser une rentrée. Peut-être que dans un village, ici ou là, c’est possible. Pas à Orléans où la rentrée scolaire se prépare entre six et neuf mois à l’avance. » 

Il est vrai qu’organiser l’accueil de 10.300 enfants des quelque 7.000 familles orléanaises dans près de 500 classes, ça se prépare au cordeau « dès le mois de janvier », indique l’élu. Car la mise en œuvre de ce type de réforme impacte, à tous les étages, la vie scolaire, familiale et professionnelle, à la fois des enseignants mais aussi celle des agents territoriaux et des parents. « Par respect pour toutes ces personnes, on ne change pas tout du jour au lendemain. »

Donc, dès la sortie des textes au mois de juillet, un travail collaboratif entre la Ville d’Orléans et l’Éducation nationale a été mis en place pour aboutir à une vraie concertation. La prise de décision s’effectuera courant décembre « concernant la rentrée 2018 », a fait savoir Florent Montillot qui préfère se laisser encore le temps de l’étude.

« À Orléans, nous poussons les murs »

La rentrée 2017 a également été marquée par le boom démographique. Ainsi, le moindre mètre carré des 67 écoles orlénaises est occupé, afin de répondre à une demande croissante comme l’énumère Florent Montillot. « Nous avons permis à tous les élèves de rentrer dans de bonnes conditions ce lundi matin mais nous poussons les murs. »

Il faut toutefois savoir que les effectifs dans les classes sont gérés par l’État et donc par l’Éducation natonale en fonction des sites et des niveaux. Par exemple, en élémentaire, « il n’y a pas plus de 27 élèves ; en REP, il y en a une petite vingtaine ; et jusqu’à 30 enfants en maternelle dans un quartier central d’Orléans, et 25 en quartier prioritaire ». Sans compter qu’il a fallu penser à la gestion de l’espace quant au «dédoublement» des classes de CP à 12 élèves en REP+, dans le quartier sensible de l’Argonne notamment (écoles Necotin, Gutemberg et Charles-Péguy). 

Dans l’ensemble, la Ville d’Orléans a effectué « une rentrée sereine » et devrait trouver, d’ici les prochains jours, son rythme de croisière. Ce qui ne l’empêchera pas de réfléchir, dès à présent, à la rentrée 2018 au cas où elle opterait pour une semaine de quatre jours. Reste toutefois à se poser de (bonnes) questions. Pourquoi, s'il est prouvé scientifiquement que le pire rythme est celui de quatre jours, une école sur trois revient à la semaine de quatre jours ? Si ce n'est, peut-être, pour une histoire de budget… Et, enfin, à qui profite la réforme et quels sont les intérêts réellement défendus ? À vos stylos !

Richard Zampa