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Le 14 Décembre 2018, 10h52

1 000 collégiens supplémentaires ont fait leur rentrée cette année ce qui oblige le Département à refléchir à une nouvelle sectorisation.  

« Nous avons débloqué une enveloppe de 8 millions d’euros cet été pour la réalisation de travaux dans de nombreux collèges », Gérard Malbo. 

Propos 2019 EN LIGNE DE MIRE - Quelque 31 800 élèves  ont fait leur rentrée dans les 57 collèges du département. Une reprise qui s’est déroulée sans couac mais qui pose à nouveau la question de la démographie scolaire en forte hausse dans le Loiret (+1 000 élèves que l’année dernière) et d’une nécessaire sectorisation puisque certains collèges sont déjà saturés alors que d’autres offrent encore des places. Gérard Malbo, conseiller départemental et président de la commission « éducation, jeunesse, sports et environnement » dresse le bilan de cette rentrée 2018 et aborde les principales pistes de travail pour l’année à venir. 

Le Département est responsable des collèges et manifestement le vrai défi qui se pose à vous aujourd’hui, et de manière plus accrue encore demain, est celui de la démographie scolaire. Comment allez-vous faire pour accueillir ces centaines de nouveaux collégiens chaque année ? 
C’est un problème de la sectorisation qu’il nous faut résoudre en effet. Un bureau d’études a fait des projections sur cinq à dix ans pour voir où l’on allait et c’est vrai que des collèges vont vers la saturation. Il va nous falloir répartir différemment les communes sur ces collèges-là de façon à rééquilibrer les choses. Par ailleurs, vous savez que nous avons programmé l’ouverture des trois collèges : l’un au nord-est d’Orléans, dans le quartier de l’Argonne, en septembre 2020 ; les deux autres à Pithiviers et Dadonville puisque l’actuel collège Denis-Poisson qui accueille pas loin de 1 000 élèves aujourd’hui va être scindé en deux nouveaux établissements : l’un construit à la place du collège actuel et sur le même site, l’autre à Dadonville. 

«À Montargis et Orléans, nous devons faire face à un afflux de population scolaire»

Ce déséquilibre se fait au profit des grandes villes par rapport aux secteurs plus ruraux, non? 
Oui, à Montargis et Orléans, nous devons faire face à un afflux de population scolaire. Vous avez d’autres endroits où, à l’inverse, cette population diminue. Il y a donc un rééquilibrage à faire. On va avoir des réunions de travail en cette fin du mois de septembre sur la sectorisation à Pithiviers, à Saran et à Montargis pour la rentrée de septembre 2019 où il va falloir bouger les lignes et modifier les afflux dans ces collèges. C’est un gros travail. 

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Gérard Malbo, président de la commission éducation, jeunesse, sports et environnement, à l'Hôtel du Département. (Photo. apostrophe45) 

Combien coûte au Département la construction d’un collège ? 
30 à 35 millions d’euros. Pour le collège Orléans nord-est, la prise en charge du gymnase et de la salle polyvalente est faite par la ville d’Orléans, nous nous occupons du collège. Ce sera la même chose à Dadonville et Pithiviers. 

Certains collèges sont désormais vétustes. Y a-t-il d’autres projets de reconstruction ? 
Oui, il faut rénover un certain nombre de collèges puisqu’on estime que la durée de vie d’un collège, c’est une bonne trentaine d’années. Par exemple, le collège André-Malraux à Saint-Jean-de-la-Ruelle. On devrait construire un nouveau collège d’ici 2024 ou 2025 mais il y a un problème de foncier, il faut trouver les terrains et ce n’est pas toujours évident. 

Et sur l’emplacement actuel à l’instar de ce que vous avez fait pour Denis-Poisson à Pithiviers ? 
Pour le moment, nous sommes en pourparlers avec le maire Christophe Chaillou et rien n’est encore décidé. C’est une hypothèse en effet. Il faut dire aussi que nous avons débloqué une enveloppe de 8 millions d’euros cet été pour la réalisation de travaux dans de nombreux collèges, dont certains d’envergure : André-Chêne et Paul-Éluard à Châlette, Alain-Fournier à Orléans-La Source, Sully-sur-Loire, Jeanne-d’Arc à Orléans, le collège des Bordes, Jean-Mermoz à Gien, Jean-Joudiou à Châteauneuf-sur-Loire, etc. 

« Les 57 collèges sont presque tous en Wi-Fi »

Le collège de Meung-sur-Loire a été expérimental en ce qui concerne les tablettes numériques puisque durant un cycle complet, de la 6ème  à la 3ème, les élèves n’avaient plus de livre. Pourquoi cette expérience n’a-t-elle pas été renouvelée, voire étendue à d’autres établissements ?
Pour plusieurs raisons. D’abord, le lien pédagogique n’était pas si évident que cela. Il y avait de grosses différentes en fonction du niveau des professeurs dans l’aisance face à l’utilisation des tablettes. Ensuite, il a fallu remplacer 25% des tablettes chaque année parce que les enfants n’en prenaient pas toujours soin. Enfin, avec le rectorat et l’inspection d’académie, nous n’avons pas estimé que les bénéfices pédagogiques étaient suffisants pour justifier un tel investissement. 

Du coup, vous avez mis en place dans chaque collège des unités mobiles avec des tablettes qui circulent, selon les besoins, d’une classe à une autre. 
Oui, on passe d’une classe à l’autre et ça marche bien. 

Tous les collèges du Loiret sont-ils aujourd’hui équipés de WI-FI ?
Oui, les 57 collèges sont presque tous en Wi-Fi, et cela fait partie de la volonté du Département s’équiper en e-education l’ensemble des établissements. 

Beaucoup d’argent a été investi ces derniers temps sur la sécurisation des collèges du fait des risques d’attentat. Où en sommes-nous ? Les aménagements sont-ils terminés ? 
Nous avons débloqué en effet une enveloppe de 3 millions d’euros. On a mis des alarmes silencieuses dans tous les collèges, on a changé l'ensemble des serrures de toutes les portes des 57 collèges, on a également mis en place des clôtures dites « fusibles » qui s’ouvrent facilement. Certains travaux sont encore en cours. Fin 2019, on aura fini. 

Nouveauté de cette rentrée, vous allez mettre en place un « Plan jeunesse » en octobre. Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes ?
Nous voulons travailler avec les jeunes de ce département sur des projets précis liés à la citoyenneté, au travail de mémoire, au bien-être en général, et nous souhaitons que les cellules familiales y prennent part. Les parents pourraient ainsi accompagner les élèves à travers des projets, en plus des structures associatives et des collèges eux-mêmes. Et pour nous, la jeunesse, elle va de 0 à 30 ans ! Collégiens, lycéens et étudiants sont donc concernés. À travers ce plan, nous voulons dynamiser la réflexion de nos jeunes, susciter des projets et des initiatives. Tout est ouvert. Les enveloppes allouées aux projets retenus pourront aller jusqu’à 3 000 euros pour une enveloppe globale de 50 000 euros environ. 

Propos recueillis par Anthony Gautier.