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Le 26 Mai 2018, 14h12

Seita, la filiale française du cigarettier Imperial Tobacco, annonce que le centre de recherche de Fleury-les-Aubrais fermera en 2017.

La filiale d’Imperial Tobacco a ajouté qu’elle «s’engage dans une phase de recherche intensive de repreneurs pour ces sites en privilégiant des solutions de reconversion susceptibles d’assurer la viabilité des sites et d’offrir des perspectives d’emploi»

EN FUMÉE - L’usine Seita de Riom, dernière fabrique de cigarettes en France continentale, fermera au second semestre 2017, ainsi qu’un centre de recherche situé dans le Loiret, a annoncé, mardi, la filiale française du cigarettier britannique Imperial Tobacco, qui cherche des repreneurs pour ces sites qui emploient 326 salariés.

Seita, numéro deux du marché du tabac en France, «a annoncé à son Comité Central d’Entreprise (CCE) réuni mardi qu’elle envisageait de se désengager des sites de Riom et de Fleury-les-Aubrais en cessant les activités de production et d’analyse qui y sont effectuées», et ce à partir du «second semestre 2017», a indiqué Seita dans un communiqué. L’usine de Riom, dans le Puy-de-Dôme, compte environ 239 postes, le centre de recherche de Fleury-les-Aubrais, dans le Loiret, 87.

La filiale d’Imperial Tobacco a ajouté qu’elle «s’engage dans une phase de recherche intensive de repreneurs pour ces sites en privilégiant des solutions de reconversion susceptibles d’assurer la viabilité des sites et d’offrir des perspectives d’emploi». Une «réorganisation des fonctions support est également envisagée au sein du siège social», informe le communiqué, sans davantage de précisions.

« Si nous pouvons comprendre les difficultés financières auxquelles les entreprises doivent faire face, nous ne pouvons qu'être particulièrement sensibles au devenir d'un outil industriel et, surtout, des personnes qui y travaillent au quotidien », a déclaré le maire UDI de Fleury-les-Aubrais, Marie-Agnès Linguet. « Nous ne pouvons que regretter que la décision ait été prise sans concertation, ni avec les 87 employés du site, ni avec les autorités locales. Ceci aurait peut-être permis d'envisager des solutions... Aujourd'hui, nous allons nous mettre en relation avec les dirigeants de l'entreprise, afin d'envisager l'avenir le moins pénible possible pour l'ensemble des parties concernées », a-t-elle conclu.

La consommation de tabac en déclin

La filiale française met en avant «la chute continue de ses ventes dans ses principaux marchés et la forte baisse de production qui en résulte». «Imperial Tobacco est contraint d’adapter son outil industriel pour sauvegarder sa compétitivité», explique Seita, rappelant que l’industrie du tabac subit de plein fouet les conséquences «des législations européennes anti-tabac qui ne cessent de se durcir».

Le déclin de la consommation de tabac est, selon Seita, «durable et structurel en Europe : entre 2002 et 2015, le nombre de fumeurs a diminué de 37%. En France, au cours de la même période, les achats de tabac ont chuté de 44%», poursuit le communiqué. Imperial Tobacco, historiquement implanté en Europe, «connaît en conséquence une forte diminution de ses volumes produits. En 2016, il a produit 64 milliards d’équivalents cigarettes en moins qu’en 2012, soit une baisse de 19% de sa production», dit-il.

La baisse structurelle des volumes «crée des surcapacités de production massives, les usines européennes du groupe n’étant exploitées qu’à 50% de leur potentiel depuis 2013», dit Seita.

Chute d’activité de 24% en trois ans

Seita évoque aussi un «déficit de compétitivité vis-à-vis de ses concurrents, implantés majoritairement dans les pays de l’Est où les coûts de production sont nettement inférieurs». Par ailleurs, en France, «le chiffre d’affaires de Seita a diminué de 24% entre 2013 et 2016 (soit une perte de 227 millions d’euros), et l’entreprise a perdu 7 points de parts de marché entre 2009 et 2016», dit la filiale française.

Seita a précisé que «la procédure officielle de consultation des instances représentatives du personnel sur le projet de cessation des sites ne sera engagée qu’à compter du mois de mars 2017», Elle annonce qu’elle poursuivra la recherche de repreneurs «pendant l’ensemble de cette procédure, soit, au total, une durée pratiquement deux fois supérieure à celle prévue par la Loi Florange», qui oblige les grandes entreprises à chercher des acquéreurs pour les sites qu’elles veulent fermer.

«Ça fait deux jours qu’on s’en doutait mais ils viennent de nous l’annoncer. Les gens sont un peu abasourdis. Il y a des réunions prévues dans la journée avec les cadres et les chefs d’atelier», a déclaré à l’AFP, Ludovic Gotiaux, délégué syndical et délégué du personnel CGT du site de Riom.

Après la fermeture de l’usine, la fabrication des paquets de cigarettes jusqu’alors assurée à Riom, devrait être transférée en Pologne et en Allemagne.

AFP