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Le 14 Décembre 2018, 11h48

Le maire de Chartres a refusé qu'une plateforme logistique de 200 000 m2 s'installe sur son territoire. Mais qui est ce géant de l'e-commerce? 

Alibaba ou son rival JD.com ? La rédaction de La Lettre Valloire décrypte les coulisses économiques et diplomatiques de cette installation avortée. 

INDICES CONCORDANTS - Jean-Pierre Gorges a eu son quart d’heure de célébrité. En déclarant avoir refusé, « au printemps dernier », d’accueillir dans sa ville un géant de l’e-commerce, ses 2 000 emplois et sa plateforme logistique de 200 000 m2, le maire de Chartres a obtenu une incroyable couverture nationale : Le Monde, Le Figaro, Challenges, BFM, LCI et d’autres ont repris et largement commenté l’information de L’Écho Républicain.

Mais qui est ce géant mondial de l’e-commerce, déclaré persona non grata en territoire chartrain ? Si Jean-Pierre Gorges ne l’a pas cité, on peut raisonnablement conjecturer qu’il est chinois. Au mois de janvier, lors d’une visite officielle du président de la République en Chine, Jack Ma, le pdg d’Alibaba, déclarait à Emmanuel Macron qu’il envisageait « d’ouvrir un centre logistique en France (où) nous cherchons un site et des partenaires ». Lors de la même rencontre, Richard Liu, patron de son rival JD.com, annonçait au chef de l’État son intention de s’implanter en France, promettant de vendre pour 2 Md€ de produits français sur ses plateformes ; il en possède rien moins que 486 en Chine totalisant 10 millions de mètres carrés !

Voilà trois indices qui incitent à privilégier l’hypothèse JD.com

Au même moment, Florent Courau était nommé directeur général de JD.com pour la France. Cet ancien du groupe LVMH, qui a exercé différentes fonctions en France et en Chine dans les secteurs du vin, des spiritueux et des cosmétiques, a créé en 2010 sa propre société de conseil et d’accompagnement des entreprises désireuses d’accéder au marché chinois. Voilà trois indices qui incitent à privilégier l’hypothèse JD.com : la déclaration du pdg, sa volonté affichée de vendre des produits français en Chine et la capacité de son groupe à gérer des entrepôts géants. Et quelle meilleure base que Chartres, une ville située à 70 km de Paris, dotée d’axes autoroutiers (l’A 11 et bientôt l’A 154), capitale de la Cosmetic Valley, alors même que le groupe vise l’approvisionnement du marché chinois en produits français de luxe... et qu’il vient de nommer un directeur général pour la France justement issu de cet univers.

La Lettre Valloire