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Le 27 Mai 2018, 17h56

Qui soutient qui ? Pourquoi ? Quels sont les enjeux de la primaire de la droite et du centre ? Où voter dans le Loiret et comment ? 

Les sondages tendent, sinon à brouiller les pronostics, à surtout redonner de l'espoir aux outsiders et à calmer les ardeurs du favori. Un juste équilibre qui ouvre finalement le champ des possibles sur la ligne d'arrivée.

BUREAUX OUVERTS - Qui saura négocier, à la corde, le dernier virage de la primaire ? François Fillon a l'expérience du pilotage. Depuis quelques jours, il a passé la vitesse supérieure et a enregistré la plus forte progression dans les intentions de vote. Tel « un diesel » au démarrage, il carbure en bout de ligne droite. En deux semaines, le candidat a gagné 8 points à 20%, selon une enquête Ifop-Fiducial. Mais il reste encore à bonne distance du tandem Juppé et Sarkozy, toujours d'après les sondeurs qui, disons-le, ne sont pas en verve en cette année 2016 (cf le Brexit, l'élection américaine).

Ces derniers tendent, sinon à brouiller les pronostics, à surtout redonner de l'espoir aux outsiders et à calmer les ardeurs du favori. Un juste équilibre qui ouvre finalement le champ des possibles sur la ligne d'arrivée. Car qui peut aujourd'hui considérer que les sondages de ces derniers mois valent votes ? Qui connaît, à ce jour, la composition du corps électoral ? Qui peut mesurer, par avance, la participation des centristes, des sympathisants de gauche et, mieux encore, celle de l'extrême-droite ?

Car, eu égard à l'état de délitement du Parti socialiste et de ses apparentés, le curseur devrait plutôt se focaliser à la droite de la droite. Les sympathisants du Front national semblent les grands oubliés de cette primaire. Pourtant, ils représentent une manne de voix considérable, potentiellement captée par Nicolas Sarkozy, et à la marge par Jean-Frédéric Poisson. Mais stratégiquement parlant, ils ont toutes les raisons du monde de se déplacer les dimanches 20 et 27 novembre. En effet, pour Marine Le Pen, le client rêvé à la présidentielle 2017 n'est-il pas l'ancien chef de l'État, rattrapé en bout de piste par le fantôme de Kadhafi

Quoi qu'il en soit, les indécis demeurent encore nombreux et le vote aura lieu dans l'isoloir et rien que dans l'isoloir. 

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Où sont situés les 119 bureaux de vote dans le Loiret ?

Justement, si la primaire de la droite et du centre est ouverte à tous ce dimanche 20 novembre, chaque électeur est néanmoins rattaché à un bureau de vote spécifique en fonction de son adresse d'inscription sur les listes électorales. Pour connaître votre bureau de vote parmi les 119 bureaux dans le Loiret, vous pouvez vous rendre sur le moteur de recherche du site officiel de la primaire de la droite et du centre.  

Dans le Loiret, 119 bureaux de vote seront ouverts et 3.763 électeurs potentiels sont estimés par bureau de vote pour la primaire de la droite et du centre. Notons que le nombre d'électeurs correspond aux personnes inscrites sur les listes électorales dans le département, pour les élections régionales 2015. Les bureaux affichés sur la carte correspondent au lieu de vote : il est possible que plusieurs bureaux soient présents dans un même lieu.

La liste ci-dessous indique la répartition des bureaux de vote dans le département. Les citoyens peuvent connaître leur bureau de rattachement en rentrant leur adresse précise sur le site de la primaire de la droite

Comment voter ?

Tous les votes se feront via un bulletin papier (sauf pour certains Français de l’étranger, voir primaire2016.org). Il suffira de se rendre dans un des bureaux de vote entre 8 heures et 19 heures. Et attention pour les absents : il n’y aura pas de possibilité de faire une procuration.

Où voter ?

La Haute autorité du scrutin a livré, vendredi matin, la liste des 119 bureaux de vote dans le Loiret qui seront ouverts les 20 et 27 novembre.

Leur répartition a été faite de telle sorte que les régions où la droite et le centre ont enregistré les meilleurs scores au premier tour de la présidentielle de 2012 sont les mieux dotés. Ainsi, près de la moitié des bureaux se situent dans quatre régions : Hauts-de-France, Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Sous quelles conditions ?

Les électeurs, qui doivent être inscrits sur les listes électorales, devront signer « une charte de l'alternance » dans laquelle ils indiqueront « partager les valeurs de la droite républicaine et du centre » et s'engager pour « l'alternance afin de réussir le redressement de la France ». Il leur faudra aussi s'acquitter 2 € par tour. Le coût de la primaire a été budgété « entre 5 et 8 millions d'euros ».

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Primaire : « La triche, je n'y crois pas »

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Faut-il craindre la fraude lors de la primaire de la droite et du centre ? Le sénateur du Loiret Éric Doligé, qui en est le grand ordonnateur, « n'y croit pas », à l'inverse de certains candidats. Explications (cliquez ici).


 

Qui soutient qui ?

Les principaux soutiens locaux d'Alain Juppé, le favori des sondages

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Les principaux soutiens locaux de Nicolas Sarkozy, le revanchard

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Les principaux soutiens locaux de Bruno Le Maire ou « le candidat du renouveau »

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À lire aussi l'interview de Bruno Le Maire :

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Les principaux soutiens locaux de Nathalie Kosciusko-Morizet, la seule femme de la primaire

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DSC_0051_0.JPG  «Je ne crains pas le bourrage des urnes mais le bourrage de crâne»

 

 

Le son de leur voix : ce qu'ils disent de leur champion 
(Matthieu Schlesinger, Claude de Ganay, Jean-Pierre Door et Serge Grouard)

 

 


 

Mais pourquoi eux, précisément ?

- Jean-Noël Cardoux : «Pourquoi je soutiens François Fillon»

- Claude de Ganay : « Pourquoi j'ai choisi de soutenir Bruno Le Maire »

Matthieu Schlesinger : «Pourquoi j'ai choisi de soutenir Alain Juppé»

- Constance de Pélichy :  «Pourquoi je soutiens Nathalie Kosciusko-Morizet »

Guillaume Peltier : « Pourquoi j'ai choisi de soutenir Nicolas Sarkozy »

 


 
LE FAIT MARQUANT
 
Poisson a – au moins – un soutien parmi les élus locaux…
 
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François Lagarde, conseiller municipal (LR) à Orléans,
considère que le député des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson,
est « au-dessus des autres ». Il s'en explique.

LA FOI - Dans le Loiret, exit d'emblée « la droite décomplexée » de Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite et du centre. En revanche, le parti démocrate-chrétien de Jean-Frédéric Poisson - « le grand inconnu de cette élection » - a converti, partiellement du moins, un sarkozyste orléanais. Localement, à l'issue du premier débat télévisé, le silence, demeuré poli et distant à l’égard de Jean-Frédéric Poisson, a été brisé par un seul élu, François Lagarde, conseiller municipal et élu communautaire, qui a rendu hommage sur twitter à  sa « clairvoyance, hauteur de vue, et sincérité ».

Et, contrairement à la grande majorité des Français qui ont découvert le visage de celui qui accompagne Christine Boutin depuis vingt ans, François Lagarde connaissait, lui, le parcours et les axes idéologiques du programme du député des Yvelines. Il était même venu l’écouter quand celui-ci avait tenu une réunion publique, salle Albert-Camus, à Orléans, il y a quelques mois de cela. « C’est le plus méconnu des candidats de cette primaire alors que c’est celui qui a le plus de choses originales à dire », a regretté François Lagarde, généralement plutôt laudatif quand il est question de Nicolas Sarkozy. «

« Jean-Frédéric Poisson possède une analyse et un diagnostic de bien meilleure qualité que les autres », estime François Lagarde

 Sur le fond, il est au-dessus des autres, il possède une analyse et un diagnostic de bien meilleure qualité que les autres et il va au-delà de la seule logique économique qui anime le projet des autres candidats qui sont dans une course à l’échalote au libéralisme. Il représente une droite sociale, euro-critique et attachée aux racines et à l’identité de la France qui me plaît », a poursuivi l’élu orléanais.

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François Lagarde.

Alors qu'il y a encore quelques semaines, l'élu orléanais n’avait pas encore choisi qui il soutiendrait au premier tour de cette primaire, et à l’entendre on imagine sans mal que le choix se fera entre Nicolas Sarkozy et Jean-Frédéric Poisson, au second tour, il n’hésitera pas une seconde : « Nicolas Sarkozy », lâche-t-il. Et, si ce dernier accédait, de nouveau à l’Elysée, peut-être offrira-t-il alors à Jean-Frédéric Poisson le Graal auquel il aspire depuis des années : devenir ministre du Travail.

(Lire l'intégralité de l'article ici)

La rédaction


ZOOM SUR LE FAVORI DES SONDAGES

La méthode Juppé

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La rédaction décrypte la méthode du candidat Juppé, favori des sondages pour la primaire de la droite et du centre.

LE STYLE - apostrophe45 a cherché à analyser la méthode Juppé, et ses soutiens locaux, après une campagne plutôt de bonne tenue malgré les petites phrases assassines propres à ce type d'exercice.

Les premiers mots reviennent, bien sûr, au jeune maire (LR) d'Olivet, « le fidèle » (depuis le début des années 2000) Matthieu Schlesinger«L'objectif d'Alain Juppé n'est pas de refaire Les Républicains à côté des Républicains. Son choix est de faire appel aux citoyens de la droite et du centre qui veulent se présenter à l'élection présidentielle. Ainsi, chaque citoyen qui veut lancer son comité avec quelques amis a pris contact avec la structure nationale et lance son comité - AJ Pour la France - », expliquait, il y a plusieurs mois déjà, Matthieu Schlesinger. La méthode Juppé repose donc, d'abord, sur une logique participative« N'ayant pas été en campagne pour la présidence du parti Les Républicains, il n'a pas structuré un réseau de militants doublonnant le parti dans chaque département, à l'inverse de la stratégie de François Fillon ou de Bruno Le Maire. »

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Matthieu Schlesinger et Édouard Philippe.

Le candidat Juppé a besoin de « tester les idées de son groupe de travail »

L'objectif affiché par cette équipe désormais éprouvée était, avant toute chose, d'expliquer « la nécessité de faire une primaire de la droite et du centre (sic) », expliquait Édouard Philippe, député-maire LR du Havre auteur, à ses heures, de polars, tel que « L'Heure de Vérité » qui repose sur une trame plutôt cocasse, puisqu'il s'agit de « l'organisation d'une primaire truquée », ironisait-il. Une déclaration du plus bel effet pour le lancement d'une campagne.

Blague à part, le député de Seine Maritime n'a cessé de marteler, devant les militants loirétains, combien il était « important », non seulement de rassembler, mais surtout de faire montre de pédagogie et « de méthode » : « Au cours des mois, c'est celui qui sera le plus capable d'expliquer son programme, sa réflexion, son rythme, ses alliances politiques... qui sera choisi par au moins 3 millions d'électeurs (à l'échelle nationale à l'issue des deux tours de la primaire). » 

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Rencontre avec les militants et les soutiens d'Alain Juppé à Orléans. Parmi eux, Charles-Éric Lemaignen (LR), Éric Valette (ancien MoDem), Yves Clément (MoDem), Philippe Duchêne (NC), Marc Gaudet, Béatrice Barruel, Pascal Vilain, Bernard Lefèvre, Marie-Thérèse Pilet-du-Château.

Édouard Philippe, qui fréquente « Alain Juppé à haute dose depuis 15 ans » décrit, là encore, un homme « très méthodique » : « Il a organisé son temps et sa vie politique pour continuer à lire (notes, livres, essais…). » Ses déplacements en France se veulent « tranquilles et volontairement lents sur le terrain », assure-t-il. Car le candidat a besoin d'échanger avec les Français et de « tester les idées de son groupe de travail (…) Il arrive ainsi à mettre en perspective les propositions qu'on lui soumet. » On apprend alors que le maire de Bordeaux possède toujours sur lui « un petit carnet noir » dans lequel il répertorie toutes les idées qu'on lui soumet, afin de savoir si leur application est concrètement possible « budgétairement et juridiquement ».

Et là, en l'occurrence, « c'est Matthieu Schlesinger qui s'y colle », lançait, complice, Édouard Philippe, imitant même « Monsieur » Alain Juppé. « Oui, parce qu'on l'appelle Monsieur. On le vouvoie. Ça en dit aussi beaucoup sur l'homme » et sur le candidat à la fonction suprême. « Un candidat déterminé » qui, selon le député de Seine-Maritime, fait sa campagne - « sa dernière » - comme il la «pense»«Ça, c'est assez réjouissant », lâche son entourage, pas peu fier aussi d'avoir obtenu le ralliement récent des « Rafarin, Larcher, Bussereau, Pécresse ». Et Édouard Philippe de glisser au passage : « On a besoin d'un président de la République qui a réglé ses problèmes d'égo et ses problèmes personnels. À la différence des autres candidats, lui, n'a pas peur de gagner dans un contexte où le pays ne va pourtant pas bien ».

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«Si tous les candidats n'ont pas peur de perdre, lui, n'a pas peur de gagner»

Quant au programme du «meilleur d'entre-nous», « il n'a pas la vertu d'être échevelé, ni spectaculaire, assure-t-on. L'objectif est d'être le plus précis possible, le moment venu. » Car pour Alain Juppé, « au lendemain matin du 28 mai, l'objectif est d'être opérationnel. D'où la nécessité de préparer des textes pour ne surtout pas perdre de temps. » Édouard Philippe énumère même les priorités, et donc les questions sur lesquelles le candidat a particulièrement planché : « L'éducation, les questions régaliennes, économiques, etc. Il entend aussi définir le rythme des réformes. Durant la campagne pour la primaire, Alain Juppé a fait en sorte de produire le plus fidèlement possible ce qu'il sera en mesure de faire. Je le connais, il ne veut pas être surpris par une chose à laquelle il n'aurait pas réfléchie. »

Par ailleurs, toujours selon son entourage, il y aurait entre 30 et 60 noms de directeurs de l'administration centrale prêts à la mise en œuvre du programme d'un Alain Juppé réformateur « mais prudent » dans le choix des grands sujets « sur lesquels il y aura, à l'évidence, un bras de fer à mener ». Sa méthode : « Éviter la goutte d'eau qui ferait déborder le vase. » Sa hantise visiblement.

« Alain Juppé ne croit pas à la théorie des 100 jours »

Et pour ce faire, Alain Juppé, s'il est « l'élu», entend bien utiliser « pleinement»  les 60 mois du mandat présidentiel et « pas seulement les 100 premiers jours » pour juger, souvent de manière prématurée, si le mandat d'untel ou d'untel sera réussi. «De tout façon, il ne croit pas à la théorie des 100 jours. Il faudra créer, dès les premiers mois, des déclics de confiance mais aussi utiliser les cinq années pour mettre en application un programme dont le contenu sera dévoilé dans les prochains mois. »

Enfin, si Alain Juppé est annoncé encore en tête devant son plus proche rival, Nicolas Sarkozy, à cinq jours du premier tour de la primaire, Édouard Philippe et Matthieu Schlesinger préviennent : « Comme le dit souvent Alain (Juppé), l'excès de confiance nuit brutalement en politique. » 

Richard Zampa