Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 21 Août 2018, 12h22

Avec une piste de 1.600 mètres, l’aéroport de Saint-Denis-de-l'Hôtel peut désormais voir l'avenir en beaucoup plus grand. 

« Nous voulons fournir aux habitants du Loiret une nouvelle offre et accompagner les intérêts de la métropole d’Orléans », Jean-François Vassal, le directeur de l’aéroport.

ALLER PLUS HAUT - Une piste prolongée de 208 mètres pour un tout nouvel essor : l’aéroport de Saint-Denis-de-l’Hôtel, rebaptisé opportunément aéroport Orléans Loire-Valley pour plus de visibilité commerciale et touristique, peut désormais se prévaloir d’une piste de 1.600 mètres tandis qu’une rampe d’approche lumineuse de 720 mètres offrira bientôt aux pilotes des conditions optimales de sécurité à l’atterrissage. L’objectif de ces différents aménagements d’un coût global de 2 millions d’euros porté essentiellement par le Département du Loiret, est double : satisfaire aux nouvelles normes européennes de sécurité et ouvrir l’aéroport à un trafic aérien plus diversifié, donc plus dense, avec la possibilité de faire atterrir à présent des avions transportant jusqu’à 100 passagers. 

« Parmi nos nouveaux objectifs, il y a l’ouverture de lignes régulières »

« Parmi nos nouveaux objectifs, il y a l’ouverture de lignes régulières mais pour cela il faut que l’on trouve des partenariats avec la Région et la métropole », explique Jean-François Vassal, le directeur de l’aéroport. « Avec une piste de 1.392 mètres, des avions qui, auparavant, pouvaient venir ne le pouvaient plus puisque les nouvelles règles édictées par l’agence européenne de la sécurité aérienne étaient plus contraignantes en terme de sécurité ».  Et non seulement la piste a donc été allongée de ces fameux 208 mètres mais elle a, en outre, été « rainurée » sur toute sa longueur, autrement dit recouvertes de micro-stries qui en améliorent considérablement l’adhérence. « En quelques minutes, après un violent orage, la piste est quasi sèche. L’hiver, quand il gèle, c’est pareil, l’adhérence est incomparable. Les pilotes sont ravis », confie Jean-François Vassal. 

« Nous ne pourrons pas accueillir des Airbus Ryanair auxquels il faut une piste de 2.000 mètres »

Quand on évoque avec le directeur de l’aéroport la concurrence avec celui de Tours, il se veut prudent et très réaliste. « Je ne suis pas dans cette logique. Nous ne pourrons pas accueillir des Airbus Ryanair auxquels il faut une piste de 2.000 mètres. Nous voulons fournir aux habitants du Loiret une nouvelle offre et accompagner les intérêts de la métropole d’Orléans. Je ne connais pas de métropole qui n’ait pas d’aéroport. »

Même analyse de la part de Frédéric Néraud, vice-président du Département et président du Smaedaol (*), le syndicat qui gère l’aéroport depuis trente ans. « Nous sommes dans une perspective de développement raisonnable en faveur du Loiret pas dans une concurrence avec Tours même si je comprends que notre évolution puisse être comprise comme cela. Avec le projet CO’Met, il y a la perspective d’accueillir des congressistes et un tourisme d’affaires. Et puis, nous allons étudier sérieusement la possibilité de proposer des lignes régulières ou saisonnières. Cela demande une étude financière et une étude de marché. Nous avons des demandes fortes pour la Corse, les grandes villes du littoral méditerranéen, Marseille, Montpellier, Nice, etc. Nous n’excluons pas non plus les destinations du Nord, Amsterdam par exemple. Nous allons étudier cela tranquillement et sans idées préconçues. Il ne faut s’interdire aucune perspective, nous avons un très bel outil. »

« Il y a toute une gamme d’avions entre 80 et 100 places qui vont désormais pouvoir atterrir chez nous »

Concrètement, l’allongement de la piste permet également de faire atterrir une gamme d’avions dédiés aux voyages d’affaires de groupes, dont les Falcone de  Dassault, les Q400 de Bombardier et les derniers-nés du brésilien Embraer. « Il y a toute une gamme d’avions entre 80 et 100 places qui vont désormais pouvoir atterrir chez nous », et faire venir ainsi sur le territoire des personnes  susceptibles de participer à son développement économique et à son  rayonnement touristique. Bref, à n’en pas douter, un nouvel horizon s’est ouvert pour l’aéroport d’Orléans Loire-Valley.

A. G. 

(*) Syndicat mixte pour l’aménagement et l’exploitation de la desserte aérienne de l’ouest du Loiret.