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Le 17 Juillet 2018, 09h30

attentats au Danemark

Travaillant à l'Agence Européenne de l'Environnement à Copenhague, l'Orléanaise Marie Cugny-Seguin témoigne après les attentats du week-end.

«Devant l'ambassade de France, il y a des gens qui ont inscrit Danemark-France, ensemble contre le terrorisme.»

Résumé: 

ATTENTATS - Le Danemark est sous le choc, ce dimanche, après les attentats qui ont fait deux morts et cinq blessés en plein centre de Copenhague. L'auteur présumé des deux attaques meurtrières, et abattu par la police, a été identifié comme étant un Danois de 22 ans s'appelant Omar El-Hussein, ont indiqué plusieurs médias danois et étrangers.

seguin.jpg Marie Cugny-Seguin.

Travaillant pour l'Agence Européenne de l'Environnement au cœur de la capitale danoise, l'Orléanaise Marie Cugny-Seguin, ancienne élue municipale, a indiqué à apostrophe45 que la France et le Danemark étaient unis dans la douleur, ce dimanche 15 février, comme cela avait déjà été le cas en janvier dernier, lors des attentats parisiens. « On est sorti cet après-midi. Je ne suis pas allée jusqu'à la synagogue car je ne savais pas très bien où elle se situait mais ce que je peux dire, c'est que devant l'ambassade de France, qui jouxte l'Agence Européenne de l'Environnement, il y a des gens qui ont inscrit Danemark-France, ensemble pour refuser le terrorisme et l'antisémitisme. D'ailleurs, lors des événements parisiens, l'ambassade avait été couverte de fleurs», décrit Marie Cugny-Seguin. « Après Toulouse, Paris, Bruxelles, c'est Copenhague. Il y a un obscurantisme total. »

«ll y a un obscurantisme total»

Les similitudes sur le modus operandi sont troublantes entre les attentats de Paris et de Copenhague. D'ailleurs, la police danoise soupçonne le tueur d'avoir voulu imiter les attentats parisiens. S'attaquer d'abord au symbole même de la liberté d'expression, puis aux juifs et, enfin, aller à l'affrontement contre la police. 

«C'était la même intention que Charlie Hebdo, sauf qu'ils n'ont pas réussi à entrer», a commenté l'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, présent à la rencontre, à l'AFP. Et comme Amédy Coulibaly qui a tué quatre Juifs le 9 janvier dans un supermarché casher parisien, l'assaillant du Danemark s'en est pris ensuite à une synagogue. Il y a mortellement blessé un Juif, avant d'être abattu quelques heures plus tard par la police, comme les forces de l'ordre françaises ont tué les trois tireurs parisiens, au terme d'une traque plus longue.

«Je n'ai pas le sentiment que les Danois ont peur»

Pour Marie Cugny-Seguin, « ces attentats ne sont pas une surprise ». « Et je n'ai pas le sentiment que les Danois ont peur. Mais ça peut être aussi un problème de culture. L'expression de la peur est différente d'un pays à l'autre. Un collègue, avec lequel j'ai voulu échanger sur le sujet, a de suite arrêté la discussion. Ce n'est pas parce qu'ils n'en parlent pas qu'ils ne sont pas choqués », témoigne-t-elle. Il faut dire que le pays est soumis à cette menace terroriste depuis 2005. Depuis que le quotidien danois, Jyllands-Posten, a publié des caricatures de Mahomet. La pression est telle que le journal avait été le seul de son pays, après l'attentat terroriste de Charlie Hebdo, à ne pas reproduire la Une de l'hebdomadaire parisien. « Les Danois ont été abasourdis », commente l'ancienne adjointe au développement durable de la ville d'Orléans, partie travailler à Copenhague en 2012. 

«On dit que c'est le pays du bonheur»

Pour elle, la liberté de la presse et la liberté de penser sont « les piliers de la démocratie danoise ». Et de conclure : « Il y a, ici, un grand respect des personnes. C'est une société très libre. On dit que c'est le pays du bonheur. » Rappelons enfin que le Danemark est troisième au classement mondial 2015 de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières (RSF). La France n'étant que 38ème…

Richard Zampa

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