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Le 24 Novembre 2017, 08h27

Le maire d'Orléans Olivier Carré dresse son bilan à mi-mandat. Il revient sur les actions engagées et présente les objectifs à atteindre.

« Les Orléanais veulent une ville sûre, propre, accueillante, familiale et humaine (…) », Olivier Carré.

PASSAGE EN REVUE - Une heure et trente minutes, c’est le temps qu’il aura fallu à Olivier Carré, face à la presse locale, pour dresser le bilan « à mi-parcours » de son mandat municipal. Bilan que chaque citoyen orléanais trouvera, comme en 2011, « dans son journal municipal ». Après tout, en matière de communication, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Trois ans donc se sont écoulés depuis la démission de Serge Grouard propulsant mécaniquement « l’enfant du pays » aux manettes de la ville d’Orléans et plus récemment à la tête de l’exécutif métropolitain. Dans son édito, le premier magistrat de la ville n’oublie pas, d'ailleurs, de rendre hommage à ses prédécesseurs, dont l’ex-président de l’AgglO Charles-Éric Lemaignen. Un cumul des mandats - légal - qui lui avait valu, il y a quelques mois, de subir le courroux de ses opposants, notamment parce que l’ex-député avait décidé de multipler ses indemnités locales par quatre - passant de 958€ à 4.100€ par mois - pour compenser la perte de ses indemnités parlementaires. Le regard fixe, Olivier Carré dit être conscient qu’au-delà des « 125 projets et 400 interventions de proximité » programmés en 2014 pour Orléans, dont « les 2/3 ont d’ores et déjà été réalisés ou engagés en 2017 », la hausse de son pouvoir d’achat a très certainement laissé des traces. Lui, « en conscience, assume ».

Comme il assume le rachat par la Ville de la Halle de la Charpenterie, autre sujet polémique de ces dernières semaines qui aura sans doute inspiré le premier des élus orléanais lors de l'écriture de son édito. Extrait : « Une ville est toujours en mouvement. Certains problèmes sont résolus quand de nouveaux apparaissent. » En effet, l’opposition municipale (PS, verts et apparentés) s’interroge sur l’intérêt public du projet de l’exécutif de racheter aujourd’hui ce bâtiment, vendu il y a moins de dix ans au groupe Casino (1,4 M€), à l’instar d'une très grande part de la rue des Halles. Olivier Carré a toutefois tenu à préciser une fois pour toute que le groupe Casino avait émis le souhait de vendre « que récemment » une halle transformée après travaux et dont « le prix de vente a été estimé, puis validé par les Domaines » - l’État - à hauteur de 7,5  M€. La Ville, via une société d'économie mixte dont elle est actionnaire majoritaire, est désormais en charge de racheter l’ensemble « pour conserver la vocation culturelle et garder un équilibre marchand sur ce secteur».

Autre point, « les Orléanais veulent une ville sûre, propre, accueillante, familiale et humaine (…) ». C’est à tout le moins l’une des grandes leçons retenues par le maire qui répète comme un mantra que lorsque les deux premiers critères ne sont pas respectés, « on le sait tout de suite. On peut avoir beaucoup d’idées et de débats entre nous mais les fondamentaux restent la propreté et la sécurité. Il ne faut jamais les perdre de vue. » 

DSC_0014_3_0.JPG Olivier Carré.

En terme de sécurité justement, Olivier Carré estime que la situation à Orléans « est stabilisée » et qu’«on ne peut plus dire que l’on progresse ou que l’on régresse (…) Il y a bien sûr toujours des sentiments d’insécurité. J’entends moins parler des Carmes en ce moment - où il y a eu la création d’une cellule de veille sur ce secteur - ; en revanche à Saint-Marceau, ça s’est un peu dégradé. Le poste de police, ouvert depuis six mois, permettra sans aucun doute d’améliorer la situation. Mais je reste très vigilant sur le sujet de la sécurité que je considère comme majeur. » Parmi les engagements, on notera « en plus » l’armement de la police municipale et intercommunale des transports.

Et la taxe d’habitation alors ?

La feuille de route du maire d’Orléans est claire : proposer une ville attractive (CO’Met, tourisme, commerces), bienveillante (avec les villes périphériques), durable (écoquartiers, chaufferie biomasse, mobilité, parcs et jardins) et rayonnante (MOBE, Vinaigrerie, LAB’O, Agreentech Valley), afin de hisser le territoire orléanais « durablement » parmi les 15 métropoles qui comptent à l’échelle nationale. Le tout sans augmenter les impôts locaux dans la ville-centre. À ce propos, la loi de finances pour 2018 devrait supprimer la taxe d'habitation sur les résidences principales pour 80 % des Français d'ici 2020. Mais quid à Orléans ? Olivier Carré se veut optimiste.

Outre la stabilité des taux de fiscalité depuis 1996, la mairie a instauré, « là encore en plus », un abattement fiscal de 10% en faveur des personnes en situation de handicap.

Pour qu’Orléans figure parmi les 15 territoires les plus attractifs de France, « il est important de mettre en œuvre une politique ambitieuse nourrie de l’action de chacun. La co-construction permet de voir naître des projets fédérateurs », estime l’élu orléanais, citant notamment en exemple le LAB’O ou la Vinaigrerie Dessaux, sans compter le travail émis « de plus en plus collégialement avec les commerçants » pour mener un certain nombre d’actions avec la Ville qui souhaite être « à leur service ».

Autre sujet, le stationnement payant, étendu dans l'ensemble du centre-ville et de l'intra-mail depuis un an et demi, a-t-il eu des effets positifs ? Assurément « d'un point de vue de l'utilité publique », selon le maire Olivier Carré qui considère que l'augmentation des tarifs du stationnement est paradoxalement « l'un des éléments négatifs de ces trois dernières années. Mais au moins cela a permis que les gens se garent plus facilement devant chez eux. Ça leur a permis aussi de trouver une place de stationnement plus aisément lorsqu'ils se rendent en centre-ville ».  Et « non », Olivier Carré n'augmentera pas le tarif des contraventions qui resteront à 17€ pour les contrevenants. « On sera même l'une des rares villes qui considèrent que l'automobiliste ne doit pas être complètement pris pour une vache à lait », conclut-il un peu maladroitement.

Au fil de ces trois dernières années, la politique culturelle orléanaise (29 M€ en 2017) a, elle, pleinement bénéficié de cette volonté de faire reconnaître Orléans comme « une vraie capitale régionale ». Sans oublier également la politique menée en matière d’éducation. La Ville a investi 33 M€ en 2017 pour la rénovation des écoles (67 sur l’ensemble d’Orléans), le déploiement d’outils pédagogiques numériques (100% des écoles équipées ; 100% des classes à la fin de l’année soit 176 vidéoprojecteurs) et la réflexion sur les rythme scolaires.

Quant à l’implantation d’un lycée dans l’est orléanais et plus précisément dans la métropole orléanaise où les tensions démographiques se feront sans doute le plus ressentir - le projet de Châteauneuf-sur-Loire ayant été abandonné  -, Olivier Carré explique n’y être « pour rien ». « Organiser et mailler le territoire, ce n’est pas tout concentrer sur l’aire urbaine, estime-t-il, je n’ai pas de velléités particulières. »

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Enfin, à propos d'avenir, Olivier Carré a demandé à « un groupe (favorable à l’exécutif) d’avoir sa propre opinion en parallèle de la (sienne) sur ce qui est fait ». Une statégie déjà mise en œuvre en 2013, afin de mieux cerner la demande des Orléanais. À partir de là, le groupe Orléanais 2020 - c’est son nom - rendra prochainement sa copie « et c’est là-dessus, entre autres, que l’on bâtira la campagne des municipales de 2020 ». Reste à accomplir la deuxième moitié du chemin.

Et demain ?

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RZ