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Le 24 Novembre 2017, 08h23

La rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, Katia Béguin, revient sur l’étude du rectorat et son implication après l’abandon du projet de lycée à Châteauneuf-sur-Loire.

« Le point de vue du rectorat est constant : il n’y aura pas la taille critique pour un lycée sur le bassin de Châteauneuf-sur-Loire. » 

LES POINTS SUR LES I - Au cœur du mécontentement suscité ces derniers jours par l’abandon du projet d’implantation d’un lycée à Châteauneuf-sur-Loire, la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, Katia Béguin, a tenu à apporter au pied levé quelques rectifications et surtout des précisions, ce vendredi 27 octobre. Elle a donc profité de l’échange improvisé avec le député MoDem Richard Ramos, venu lui apporter une lettre de contestation et une paire de bottes — symbole du monde rural — pour expliciter les conclusions de l’étude commandée par ses services. 

D’après Katia Béguin, l’étude du rectorat est juste venue « approfondir » celle menée préalablement par la Région Centre-Val de Loire. Cette étude portait spécifiquement sur les prévisions démographiques dans l’est orléanais, concluant au final à l’abandon dudit projet. Mais « en aucune manière, le rectorat choisit et décide du lieu d’implantation d’un lycée sur un territoire, précise-t-elle. C’est le propre de la Région. Le rectorat, lui, ne mène aucune étude en ce sens. » 

Pour rappel, « la pression » démographique se ferait plutôt sentir dans les années à venir « sur la zone métropolitaine », tandis que la tendance sur le territoire de Châteauneuf-sur-Loire indiquerait « un tassement », toujours dans un futur proche. 

Selon la rectrice, depuis un an, « et après  quatre ou cinq réunions » avec le président (PS) de Région François Bonneau, « le point de vue du rectorat est constant : il n’y aura pas la taille critique pour un lycée sur le bassin de Châteauneuf-sur-Loire ». Ce lycée ne répondrait pas aux besoins très forts pressentis sur l’agglomération orléanaise. L’étude du rectorat, datant de «décembre» 2016, n’est donc pas vraiment « sortie du chapeau, à la dernière minute » comme le prétend le député ModeM de la 6e circonscription du Loiret, Richard Ramos. 

«J'ai été blessée par les propos tenus»

Quant à la question du « poids » de la métropole dans ce dossier, la rectrice Katia Béguin et le député Richard Ramos sont « tombés totalement d’accord » à l’issue de leur échange. « La question de l’offre scolaire et plus largement culturelle en ruralité est l’une de nos priorités. Pour ces raisons, je n’aurais jamais pu tenir les propos qu’on a bien voulu me prêter parce que, pour moi, c’est un vrai enjeu. Et surtout, je ne méprise pas la ruralité. Là, le rectorat n’a fait qu’apporter son diagnostic en se basant sur du concret : on va avoir une réelle pression sur Orléans, il faut y répondre en dessérant des lycées. Maintenant, on peut faire le choix des extensions avec 3.000 élèves », rapporte la rectrice, toutefois très prudente. En effet, l’investissement financier régional pour la construction d’un lycée est estimé en moyenne à « 30 millions d’euros ». Le coût, en quelque sorte, de la solution de proximité.

Bref, à la demande de la Région Centre Val de Loire, toutes les statistiques par collège du département du Loiret lui seront apportées par les services du rectorat, ce qui permettra ainsi de déterminer les besoins précis sur les cinq prochaines années.

Blessée par les propos tenus publiquement, notamment par le député centriste, Katia Béguin a toutefois reconnu, ce vendredi, que leur discussion lui « a(vait) fait du bien », même si elle ne sait toujours pas « si cela fera avancer les choses ». C’est déjà ça.

RZ