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Le 21 Août 2018, 23h34

Pascal Vilain, président départemental du Parti radical, réagit à l'interdiction faite à Dieudonné de se produire à Orléans notamment.

 

Pour Pascal Vilain, la démarche de Manuel Valls est « une machine à broyer les libertés individuelles par l’établissement d’une circulaire établie sur des faits et non sur le droit »

Résumé: 

TRIBUNE. Le président départemental du Parti radical assure que la France possède un arsenal législatif efficace et suffisant pour réprimer les expressions publiques à caractère raciste antisémite ou xénophobe. La circulaire Valls contrevient donc, selon, lui, au principe fondamental de la liberté d'expression. Elle ouvre, qui plus est, la porte à une censure qui peut désormais prendre « les habits   de l'ordre public »

Le juge des référés du tribunal administratif de Nantes vient de conclure de manière évidente  le premier épisode de l’ahurissant et affligeant spectacle que donne le pouvoir politique, en suspendant l’exécution de l’arrêté d’interdiction de la représentation de Dieudonné dans cette ville. 

« Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi »

En effet, cette décision lui était imposée par le respect du droit naturel, inaliénable et sacré du citoyen tel qu’énoncé par l’article XI de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 4 août 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi. » 

Il n’est point besoin d’être exégète pour comprendre qu’on ne peut, en vertu de ce droit fondamental, interdire préventivement et par pétition de principe la libre expression des idées quelle qu’en soit la forme.

Seul l’abus de cette liberté, notamment par l’illicéité des propos qui seraient exprimés, doit être sanctionné. Et la France s’est dotée à cet effet d’un arsenal législatif efficace pour réprimer notamment, toutes les expressions publiques à caractère raciste antisémite ou xénophobe.

Rappelons que la marque de naissance de tous les états totalitaires a consisté dans l’encadrement ou la suppression de cette liberté.

Aucun pouvoir politique d’essence démocratique ne peut donc contrevenir à ce principe fondamental dit « de la liberté d’expression » sans remettre en cause le fondement même de nos institutions.

Justement, à cet égard et contrairement aux stupéfiantes déclarations du ministre Manuel Valls, les responsables politiques n’ont certainement pas à « prendre de risques » en adoptant des discours, initiatives et a fortiori des décisions de nature à remettre en cause la liberté d’expression alors que leur rôle premier en leur qualité d’élus de la République est de préserver et défendre nos libertés et droits fondamentaux.

« Des élus locaux déjà en mal de propagande électorale (...) et des préfets révérencieux »

En ma qualité de responsable du Parti radical, fondateur de notre République, je me crois donc autorisé à dénoncer l’opportunisme médiatique voire le populisme avec lequel le ministre de l’Intérieur a délibérément :

- voulu jouer avec nos institution en demandant à des élus locaux déjà en mal de propagande électorale, comme en ordonnant à ses préfets révérencieux, de prendre des décisions arbitraires et contraignantes pour la liberté d’expression alors qu’il reconnaissait ouvertement dans le même temps la fragilité du fondement légal d’un telle entreprise ;

- cru devoir donner aux décideurs locaux les clefs d’une machine à broyer les libertés individuelles par l’établissement d’une circulaire établie sur des faits et non sur le droit.

-  donné une extraordinaire tribune médiatique à Dieudonné et une diffusion considérable à  la gestuelle et aux paroles antisémites de ce dernier, alors que son devoir était au contraire d’en interdire, en tous cas d’en limiter la propagation.

 « Je souhaite que la répression nécessaire qui doit accompagner une telle ignominie ne se fasse pas au détriment de nos libertés fondamentales individuelles »

Dans le parfait respect de la loi et de nos principes constitutionnels, je préconise que les autorités publiques requièrent simplement  la présence de représentants des autorités préfectorales et judiciaires pour  contrôler sur place  la licéité des « spectacles » de Dieudonné et constater les éventuels délits commis par lui, afin d’engager, dans cette hypothèse,  des poursuites judiciaires appropriées et rapides.

Ayant été de ceux qui ont dénoncé publiquement, en octobre dernier, les effets pernicieux sur la jeunesse de notre pays de la diatribe et de la gestuelle antisémites de Dieudonné, je souhaite donc que la répression nécessaire qui doit accompagner une telle ignominie ne se fasse pas au détriment de nos libertés fondamentales individuelles quel que soit le contenu que telle ou telle sensibilité politique donne de l’intérêt général ou de la morale publique.

La décision du Conseil d’État de ce soir  interdisant finalement  le spectacle de Dieudonné, quels qu’en soient les motifs, dont je viens de prendre connaissance et qui me stupéfie, ne modifie pas mon point de vue, les faits étant établis et le périmètre juridique défini.

Cette décision liberticide combat la peste par le choléra.

Je crains que demain les « politiquement mal-pensants », les humoristes politiquement engagés, les impertinents envers le pouvoir en place et autres libres penseurs ne soient préalablement censurés au nom d’une morale dominante qui aura pris les habits de l’ordre public.

On ne peut que sanctionner et non prévenir un délit d’expression, à moins d’être certain qu’il sera commis, sauf à condamner l’intention et à interdire même la liberté de penser.

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Pascal Vilain, président de la fédération du Loiret du Parti Radical

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