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Le 14 Novembre 2018, 01h23

La première session du Parlement des écrivaines francophones se tiendra à Orléans, en septembre. Le projet remonte à 2016. Explications. 

« On constate, un recul des conditions des femmes, des guerres et des conflits où les principales victimes sont des femmes mais on n'entend pas émerger la voix des femmes », Fawzia Zouari.

DÉFENSE DE LA CULTURE - En 2016, alors qu’elle participait à une table ronde dans le cadre des Voix d’Orléans, Fawzia Zouari, journaliste pour l’hebdomadaire Jeune Afrique avait lancé une invite et un appel au maire d’Orléans : la création, à Orléans justement, d’un Parlement des écrivaines francophones qui aurait une double vocation : pérenniser et poursuivre le travail de réflexion proposé par les Voix d’Orléans pendant deux jours, et offrir aux écrivaines du monde francophone qui sont menacées dans leur pays et empêchées d’écrire, une terre d’asile, une sorte de résidence qui leur donnerait la possibilité matérielle de travailler librement et la sécurité physique de le faire.

« Je souhaite qu’il soit le lieu où se combattent la résignation et l’égoïsme »

L’année suivante, dans son discours inaugural pour l’ouverture de la deuxième édition des Voix d’Orléans, Olivier Carré, le maire de la ville, annonçait qu’il avait « la volonté » de répondre favorablement à cet appel et de « fonder ici, à Orléans, en lien avec notre Université et toutes les bonnes volontés que je sais immenses, le parlement universel des écrivaines ». « Je souhaite qu’il soit le lieu où se combattent la résignation et l’égoïsme. Un espace de paroles libres où les frontières sont remplacées par des horizons », avait poursuivi l’édile, s’inscrivant, au passage, dans l’héritage johannique de la ville, « dont la liberté fut autrefois défendue par une jeune femme audacieuse. »

Les objectifs du Parlement

  • Affirmer qu'il existe un « écrire-ensemble » capable de renforcer les liens des écrivaines où qu'elles se trouvent ; 
  • Travailler à faire reconnaître la place de l'écrivaine dans son pays et réaffirmer son rôle dans le dialogue civilisationnel ; 
  • Constituer un trait d'union entre le Nord et le Sud et faire circuler les idées et les auteures ; 
  • S'exprimer sur ce qui porte atteinte à l'intégrité morale ou physique des écrivains contre les menaces ;
  •  Défendre la liberté et le droit des hommes et des femmes partout où ils se trouvent attaqués ; 
  • Offrir un espace de prise parole destiné à donner le point de vue des femmes sur les débats ou les crises de nos sociétés.

« L’idée, est de reprendre le concept du Parlement des écrivains européens qui a existé à la fin des années 90 au moment du drame algérien »

Or, en début de semaine, on apprenait que la première session du Parlement des écrivaines francophones se tiendrait, à Orléans, à la fin du mois de septembre prochain. Manifestement, la forme imaginée au départ a un peu changé car il n’est plus question, dans le communiqué de presse adressé par la ville à la rédaction, d’une installation pérenne à Orléans mais plutôt d’un parlement itinérant qui « a vocation, au fil des années, à voyager à travers le monde pour permettre à toutes les écrivaines francophones de se l'approprier ». Pour autant, ce qui n’était qu’une bouteille à la mer en 2016 lancée dans le flot des idées salutaires pour affirmer la voix de la francophonie dans le monde, et singulièrement celle incarnée par les femmes, a donc abouti à une réalisation concrète, soutenue par Leïla Slimani, écrivaine franco-marocaine et chargée de mission francophonie auprès du Président de la République Française, et sous l’égide de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie).

« L’idée, est de reprendre le concept du Parlement des écrivains européens qui a existé à la fin des années 90 au moment du drame algérien. On constate, un recul des conditions des femmes, des guerres et des conflits où les principales victimes sont des femmes mais on n'entend pas émerger la voix des femmes, qui est une voix pour la paix et la réconciliation. À travers la voix des écrivaines francophones, sur les cinq continents, l’idée est de créer un espace de paroles pour prendre position sur le monde et sur les affaires du monde, sur la politique, sur l’environnement, et ne s’agit pas seulement de parler des affaires des femmes », expliquait Fawzia Zouari dans les colonnes d’apostrophe45

Une annonce qui intervient alors que ce mardi 20 mars, Emmanuel Macron, célèbre, sous la coupole de l’Académie Française, la journée internationale de la francophonie.

A. G.