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Le 14 Décembre 2018, 15h58

L’artiste orléanais expose une partie de ses œuvres jusqu’au 7 octobre à la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, à Orléans.

« La confrontation entre la géométrie et le geste, c’est peut-être ça l’originalité. La facilité m’inquiète », Daniel Caspar. 

EN ORBITE - Des grands aplats de couleurs sur d’anciens rideaux tendus à la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, à Orléans : la signature artistique de Daniel Caspar occupe l’espace, la conquiert même. D'ailleurs, c’est peut-être cela son credo depuis des décennies : la conquête de l’espace. « Je dessinais excellemment mais, à un moment donné, j’ai été lassé par cette facilité de dessiner, je suis donc passé à une forme d’abstraction. Je me suis détourné de l’académisme. J’ai aimé Delacroix mais c’est Cézanne qui m’a le plus intéressé dans l’histoire de l’art, avec cette recherche d’espace », confie le peintre qui est exposé à la collégiale jusqu’au 7 octobre.

« Il y a une relation qui se créé entre l’artiste et le support» 

Si le parcours de l’exposition traverse les différentes périodes créatrices de l’artiste, reste cette invariable quête de mouvement qui créé l’espace. Y compris dans le choix du support.  « Il y a une relation qui se créé entre l’artiste et le support. C’est la taille humaine. Le dessin de Vinci, l’Homme de Vitruve, c’est exactement cela. Les rideaux sur lesquels je peins, ils ont exactement mon amplitude avec des pinceaux. Je peins des deux mains en même temps. Ce qui m’intéresse, c’est que je change d’objectif de temps en temps », explique Daniel Caspar.

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Les œuvres les plus récentes de l’artiste rompent ainsi avec les supports « à taille humaine » mais donnent toujours la primeur au geste et à la liberté - maîtrisée - du mouvement. « La confrontation entre la géométrie et le geste, c’est peut-être ça l’originalité. La facilité m’inquiète, alors je me donne une sorte de règle, je me cherche un ordre, une discipline, par exemple cinq gestes qui se succèdent : un grand geste vertical tranquille, le suivant est rapide, le troisième est différent avec un autre médium, puis un coup de crayon en clair et je finis avec un trait à la règle en opposition totale avec la vélocité. C’est une question de rythme en fait », précise Daniel Caspar. 

« Depuis ma naissance, je peins »

Peintre, plasticien et professeur agrégé d’arts plastiques, membre emblématique du collectif Couleur Vinaigre, Daniel Caspar a voué sa vie à la peinture, même s’il a été contraint de mettre « ce besoin » de peindre entre parenthèses au temps où il enseignait. « Depuis ma naissance, je peins. Mon père et mon grand-père étaient peintres,  j’ai repris le flambeau et c’est une décision que j’ai prise plus consciemment à 18 ans », souligne-t-il.

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Organisée par la Ville d’Orléans, cette exposition embrasse les grandes périodes créatrices de  l’œuvre de Daniel Caspar, et donne à voir sa recherche plastique sur le geste, la couleur et bien sûr la conquête de l’espace.

A. G.