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Le 21 Juillet 2018, 23h28

Ce lundi après-midi, le conseil municipal votera la dérogation qui doit permettre à tous les écoliers orléanais de revenir à la semaine des quatre jours à partir de septembre prochain. 

Un dispositif d'accueil sera proposé aux familles pour les mercredis matin. 

PAS UN JOUR DE PLUS -  À la fin du mois de janvier, dans un entretien accordé à apostrophe45, Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans en charge des affaires scolaires, annonçait que, dès la rentrée de septembre 2018, la ville d’Orléans repasserait à la semaine des quatre jours. Ce lundi 19 mars, le conseil municipal devrait donc entériner ce choix qui est l’aboutissement de plusieurs mois de concertation et d’échanges avec l’ensemble des acteurs de l’Éducation nationale. « Il est remonté des conseils d’école que la grande majorité des familles était favorable à un retour aux quatre jours avec pour argument essentiel la fatigue des enfants », expliquait ainsi l'élu. 

« Avec l’abandon de la semaine des quatre jours, nous allons perdre le fonds de soutien de l’État »

À partir de ce constat, la mairie a élaboré un projet qui repose sur plusieurs principes. D’abord, le retour aux horaires « habituels » les lundis, mardis, jeudis et vendredis, à savoir 8h30-11h30 et 13h30-16h30. À l’issue de la journée, les parents qui n’ont pas la possibilité de récupérer leurs enfants pourront opter, soit pour une garderie traditionnelle payante, soit avoir recours au dispositif « aide au travail personnel », « gratuit pour 70% des enfants puisqu’il fonctionne sur le quotient familial », souligne Florent Montillot. Des ateliers qui offriront la même diversité thématiques que les fameux TAP (temps d’activité périscolaire) qui avaient été introduits à la suite de la réforme des rythmes scolaires. 

Ensuite, concernant la question centrale des mercredis matin, la mairie va donc proposer aux familles des enfants inscrits en élémentaire seulement - du CP au CM2, soit 4.000 petits Orléanais - des ateliers ludo-éducatifs qui seront ouverts dans une école sur deux avec un maillage qui doit permettre à chaque enfant de ne jamais être éloigné de l’une d’elles. « Notre objectif est bien qu’une école soit toujours à proximité des familles », complète Florent Montillot. Ces activités qui offriront la même diversité thématique que les TAP - sports, musique, mathématiques, français, codage informatique, etc.- seront payantes mais « de manière symbolique », poursuit l’élu puisque la tarification sera de 1 euro par matinée pour les quotients familiaux les plus faibles - soit 36 euros à l’année donc - et 5 euros par matinée pour les familles plus aisées - 180 euros annuels, cette fois. « Avec l’abandon de la semaine des quatre jours, nous allons perdre le fonds de soutien de l’État qui était de plus de 300.000 euros et puis la CAF ne pouvait soutenir ce projet qu’à la seule condition qu’il soit payant, même de manière très symbolique », explique Florent Montillot. 

Pour les enfants de maternelle cette fois, toujours les mercredis matin, si les parents ne souhaitent pas, ou ne peuvent pas, les garder chez eux, les centres de loisirs pourront les prendre en charge, pour la demi-journée ou la journée entière, avec une possibilité d’en accueillir 400. Même solution offerte les mercredis après-midi pour les enfants des classes élémentaires, avec 400 places à nouveau mises à disposition. 

« L’ancien système était très inégalitaire»

« L’ancien système était très inégalitaire pour plusieurs raisons » développe Florent Montillot qui réfute catégoriquement l’idée que la ville d’Orléans ait favorisé le retour à la semaine de 4 jours pour des raisons budgétaires. « Il était inégalitaire, d’abord, parce qu’il ne s’appliquait pas à tous les enfants puisque les écoles privées sont, elles, restées à quatre jours et demi ; ensuite, pas toutes les communes ont été en mesure de proposer des TAP, et puis dans certaines, les TAP étaient payants, pas dans les autres, comme à Orléans où ils étaient gratuits ; la qualité des TAP n’était pas la même non plus en fonction des communes et certaines proposaient ni plus ni moins que de la garderie ; et puis, l’ancien système plaçait au même niveau des petits de maternelle et des plus grands des classes élémentaires, or un enfant de 3 ans n’a évidemment pas le même rythme qu’un enfant de CM2, par exemple. »

Comme le stipule le décret « Blanquer » du 27 juin 2017, les mairies qui souhaitent revenir à la semaine des quatre jours doivent solliciter une dérogation auprès du directeur académique des services de l'Éducation nationale (D.A.S.E.N.). Et c’est cette dérogation que le conseil municipal va officiellement voter ce lundi. 

A. G.