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Le 27 Mai 2018, 16h37

Alors que chaque élu reconnaît la rigueur financière qui préside à la gestion de la ville, l'opposition dénonce un manque d'attention aux plus fragiles. 

Michel Ricoud a attiré l’attention de l’exécutif municipal sur « ces familles qui sont en grandes difficultés. Il y a 10.000 familles qui vivent sous le seuil de pauvreté ».

FINANCES. Les habitués du conseil municipal d’Orléans pourraient presque décliner les interventions de la majorité comme de l’opposition avant même qu’elles ne soient prononcées à l’issue des présentations budgétaires et financières faites annuellement par Michel Martin, adjoint (LR) aux finances. Qu’il s’agisse, en amont, du budget primitif, et en aval, du compte administratif, l’hémicycle s’accorde, depuis 2001, pour dire que la ville d’Orléans est bien gérée, dans une situation financière stable et saine, mais que les choix politiques qui président aux économies comme aux investissements réalisés peuvent prêter, eux, à discussions, voire à contestations. 

Ainsi, pour la présentation du compte administratif 2015, Michel Martin s’est, à nouveau, félicité, de la stabilité des taux de fiscalité, de la baisse des dépenses courantes, d’un autofinancement préservé qui a permis de réaliser « 43 millions d’investissement », et d’un endettement qui « reste limité ».  

 « La dette globale est contenue à 101 millions d’euros (…), Orléans reste faiblement endettée», Michel Martin

L’adjoint aux finances a pointé du doigt, derechef, la baisse des dotations de l’Etat qui s’établit à 13 millions d’euros par an depuis 2009. « C’est donc énorme. Nous prévoyons une perte supplémentaire de 3,9 millions en 2017, et même si cette perte est divisée par deux comme l’a annoncé François Hollande, on va perdre 2 millions d’euros supplémentaires avec le point d’indice des fonctionnaires qui augmente, et cette décision vient du gouvernement. (…) Finalement, tout ceci va s’équilibrer et on peut prévoir à nouveau 13 millions de moins de recette par an venant de l’Etat »

Comme le budget primitif l’avait énoncé, une économie substantielle a été réalisée sur les fonctionnement (-1,6 millions d’euros), tandis que les frais de personnel ont été maintenus à 92,5 millions d’euros. « La dette globale est contenue à 101 millions d’euros (…), Orléans reste faiblement endettée », a commenté Michel Martin. 

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« Faisons très attention à ces Orléanais et Orléanaises qui prennent de plein fouet les difficultés sociales », Michel Ricoud

Au terme de cette présentation, Michel Ricoud a attiré l’attention de l’exécutif municipal sur « ces familles qui sont en grandes difficultés. Il y a 10.000 familles qui vivent sous le seuil de pauvreté. (…) La ville a beaucoup changé, mais faisons très attention à ces Orléanais et Orléanaises qui prennent de plein fouet les difficultés sociales », a indiqué l’élu Front de gauche qui a évoqué le cas du Relais orléanais dont les subventions ont été fortement réduites depuis deux ans. « Les barrières d’ajustement, c’est le social, la culture et la jeunesse », a regretté, pour sa part, Corinne Leveleux-Teixeira, pour l’opposition socialiste qui a également dénoncé le sort financier fait au CCAS. « La principale victime de cette réduction, c’est le CCAS ; il s’agit d’une erreur politique car le CCAS joue un rôle essentiel de solidarité, et il n’y pas de raison de la priver de ses moyens d’action », a poursuivi l’élue. 

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« Cela prouve que c’est faisable, c’est dur, mais c’est faisable », Serge Grouard

Pour la majorité, Serge Grouard a qualifié de « remarquable » la gestion de la ville « alors même qu’il fallait prendre en compte la diminution des dotations de l’Etat et s’y ajuster. Cela prouve que c’est faisable, c’est dur, mais c’est faisable ; et c’est faisable sans toucher aux fondamentaux et en réduisant de peu l’investissement », a souligné l’ancien maire de la ville, qui, a sonné le tocsin quant à la situation de faillite de l’Etat français.« Nous sommes obligés d’être à l’équilibre alors que l’Etat n’y est pas contraint », a-t-il conclu dans un hémicycle silencieux.

A. G. 

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