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Le 22 Août 2018, 09h22

Le Palais des Sports d'Orléans a été transformé, «pour la première fois», en centre d'accueil pour les naufragés de l'A10, suite aux intempéries de ce mardi.

« Sur 650 voitures que comptaient cette portion d'autoroute A10 mardi matin, 150 ont néanmoins pu faire demi-tour », a indiqué le préfet du Loiret, Nacer Meddah, venu accueillir, mardi soir à Orléans, la première vague de « réfugiés »

NAUFRAGÉS - Gouverner, c'est prévoir, dit-on. La Ville d'Orléans a donc su anticiper l'imprévisible, en accueillant, ce mardi soir, 400 naufragés de l'A10 au Palais des Sports transformé « pour la première fois » en centre d'accueil et d'hébergement, « au moins le temps d'une nuit ». Cent autres « victimes de Vinci Autoroutes », comme elles se qualifient, étaient également accueillies, dans la soirée, dans la commune de Saran, suite aux fortes pluies qui ont surpris, mardi matin aux alentours de 9 heures, ces centaines automobilistes engagés sur l'A10 dans le sens Nord-Sud. Soit au total, 500 personnes - dont trois bébés - se sont retrouvées prisonnières des eaux orléanaises. « Sur 650 voitures que comptaient cette portion d'autoroute A10 mardi matin, 150 ont néanmoins pu faire demi-tour », a indiqué le préfet du Loiret, Nacer Meddah, venu accueillir, mardi soir à Orléans, la première vague de « réfugiés ». Au nord d'Orléans, les voies de l'A10 se sont avérées rapidement impratiquables en raison d'un bassin de rétention plein à ras bord, incapable du coup, de retenir davantage les eaux pluviales. 

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La première vague de naufragés arrivant au Palais des Sports.

Le Palais des Sports convertis « pour la première fois » en centre d'accueil et d'hébergement

Par conséquent, 200 véhicules ont dû être abandonnés sur l'A10 et devraient être récupérés, mercredi dans la journée, pour ceux qui seront évidemment en état de reprendre la route. À condition aussi que l'eau s'évacue assez rapidement, afin de permettre la réouverture de cette portion d'autoroute. 

Mardi soir, c'est l'armée - le 12e régiment de cuirassiers d'Olivet sous la conduite du capitaine Le Petit - qui, en deux rotations de 200 personnes, a permis aux naufragés de la route d'arriver, enfin, en convoi (7 camions de 30 passagers) à Orléans et de se retrouver les pieds au sec au Palais des Sports, après plus de 10 heures d'attente dans leur voiture « sans information », déplore la majorité d'entre elles. 

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Le convoi militaire transportant les victimes de l'A10.

400 naufragés de la route au Palais des Sports, 100 à Saran

Accueillies par dix membres de la Croix-Rouge, dix agents de la Ville d'Orléans, des élus, mais aussi une cellule de prise en charge psychologique et des médecins du NHO, ces 400 personnes ont ainsi pu trouver un confort - certes, sommaire - sur des lits de camps flambant neufs et dans « des tentes réservées aux familles ». « Deux cents lits et duvets avaient été achetés par la Ville, il y a deux ans, en cas de crue de la Loire », explique Muriel Sauvegrain, première-adjointe d'Orléans.

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« L'objectif est de savoir comment se comporter en pareille situation et surtout comment réagir rapidement », a ajouté l'élue, alors que le député-maire d'Orléans, Olivier Carré, tentait de rejoindre sa commune depuis Paris. Un peu plus tard dans la soirée, il a précisé qu'il « n'y avait pas eu de surprise. Les villes répondent présentes car elles sont préparées à ces risques d'inondation. On est, aujourd'hui, en capacité de loger des personnes. Ça donne aussi une idée de ce que serait une crue majeure de la Loire ».

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« La situation est, à l'heure actuelle, sous contrôle »

« La situation est, à l'heure actuelle, sous contrôle », a fait savoir, pour sa part, le préfet du Loiret, rappelant « la formidable capacité de mobilisation de l'État et des pouvoirs publics. On fait la démonstration, encore aujourd'hui, que tout le monde est sur le pont et qu'on n'a pas du tout été débordés. Il n'y a pas eu de blessé et tous les élèves du département ont pu retourner chez eux sans difficulté. » 

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Le préfet du Loiret, Nacer Meddah, et le député-maire d'Orléans, Olivier Carré.

Quant à savoir s'il aurait été possible de prévoir ce type de situation, le préfet a juste souligné que des consignes avaient été passées, « afin de déconseiller aux automobilistes de prendre la route » ce mardi matin. Mais aucune décision de fermeture de l'A10 n'a toutefois été prise à temps, ce qui aurait permis d'éviter que le piège se referme sur les 500 automobilistes. « C'est un événement totalement inhabituel voire irrationnel. On n'a jamais vu cela. Ça dépend de l'état des sols sur lesquels l'eau tombe en abondance. Là, le sol, déjà gorgé d'eau, ne pouvait pas en absorber davantage », avance simplement Muriel Sauvegrain qui conclut : « Les prévisions se basent sur ce qui tombe et non sur ce qui reste au sol. »

« On a pesté contre Vinci, c'était le seul recours que l'on avait »

Même explication du côté de la préfecture, ce qui n'est franchement pas de nature à consoler les victimes très remontées contre l'exploitant, Vinci Autoroutes : « Personne n'est venu nous voir (…) C'est inadmissible (…) On a pesté contre Vinci, c'était le seul recours que l'on avait (…) Il n'y a pas eu d'alerte, ni de message ou alors ils sont arrivées trop tard (…) Ça a commencé à ralentir mais on n'a jamais eu d'information comme quoi l'eau était sur la route ou qu'il fallait sortir de l'autoroute (…) On est resté dans notre voiture sans manger, sans boire, sans que personne ne se soucie de nous. »

Témoignages de quelques-unes des victimes de l'A10 arrivées dans la soirée à Orléans

 

 

 

 

 

La nuit s'annonce courte pour la majorité des naufragés qui, malgré l'élan de solidarité et l'accueil qui leur a été réservé, croisent les doigts pour ne pas passer une seconde nuit à Orléans.

Richard Zampa