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Le 26 Février 2018, 02h31

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COMPÉTENCES. Tout d’abord, les écologistes se sont clairement prononcés pour une disparition progressive des conseils généraux. Avec deux élus qui travaillent activement au sein du Conseil général du Loiret, EELV n’en reconnaît pas moins que les collectivités départementales jouent actuellement un rôle crucial pour la mise en œuvre des solidarités qui préservent la cohésion sociale.

À terme, certaines de ces compétences pourraient néanmoins être rapprochées des citoyens, au niveau des communes et des intercommunalités, tandis que les régions seraient les chefs de file de la transition écologique, de l’organisation et du développement des territoires.

Du point de vue démocratique, le nouveau mode de scrutin retenu pour les élections départementales de 2015 est une déception. S’il permet de satisfaire au principe constitutionnel de parité homme-femme, le scrutin majoritaire binominal au sein de circonscriptions cantonales n’en reste pas moins une anomalie. Les écologistes prônent, au contraire, la généralisation d’un mode de scrutin rassemblant tous les électeurs du département dans une circonscription unique, comme c’est le cas dans les villes ou les régions. Les citoyens choisiraient ainsi un projet pour l’ensemble du Loiret et tous les élus du Conseil départemental devraient leur rendre compte de la politique menée sur ce territoire. 

En outre, l’instauration d’une représentation proportionnelle avec prime majoritaire permettrait à toutes les sensibilités d’être représentées sans fragiliser la gouvernance. À l’inverse, le mode de scrutin majoritaire binominal, au sein de cantons re découpés, porte en germe les dérives clientélistes et le cumul des mandats.

Rechercher un découpage qui respecte l'intégrité des agglomérations

Les écologistes sont moins attachés à conserver les postes de leurs conseillers généraux qu’à garantir à leurs administrés des réponses efficaces et solidaires face aux défis d’un monde en crise. C’est ainsi que, dans le cadre du redécoupage cantonal qui découle de la nouvelle loi, EELV exige dans le Loiret un strict respect de l’équilibre démographique avec des circonscriptions dont la population ne s’écarte pas de plus de 20 % de la moyenne de 31.000 habitants par canton. Cette contrainte laisse encore la possibilité de rechercher un découpage qui ne fractionne qu’exceptionnellement les communautés de communes et qui respecte l’intégrité des agglomérations d’Orléans et de Montargis (elles comprendraient respectivement 9 et 2 cantons). Enfin, il devrait être possible de ne pas voir une même commune partagée entre plusieurs cantons tandis qu’Orléans contiendrait rigoureusement 4 cantons.

Thierry Soler, groupe EELV au Conseil général du Loiret

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ART BRUT. Depuis 1964, date à laquelle il a assemblé son premier fusil, André Robillard dérange encore et c’est tant mieux. « Peut-on parler d’oeuvre d’art ? » s’interroge Anthony Gautier devant une création qui, selon lui, « ne correspond pas aux canons de la beauté » et dont la singularité, quoique « exceptionnelle », n’empêche pas de rester dubitatif : « Est-on dans la sublimation de peurs, d’angoisses, d’interrogations ou dans l’expression inachevée d’une psychose ? »

« Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. -Et je l’ai trouvée amère. -Et je l’ai injuriée », écrit Rimbaud dans Une saison en enfer. Au fil des siècles, l’art n’a évolué qu’à travers de tels outrages. C’est toutefois un lieu commun que de présenter celui du XXe siècle comme la remise en cause la plus radicale des formes artistiques antérieures. Des fauves aux minimalistes, en passant par Les Demoiselles d’Avignon de Picasso et la Joconde à moustaches de Duchamp, que d’objets de scandale !

Ce n’est pas un mouvement artistique au sens traditionnel du terme

Jusqu’alors, la Beauté se faisait un lifting, s’adaptait aux époques mais voici qu’on ne s’intéresse même plus à ses appâts. L’artiste d’aujourd’hui se conçoit plutôt comme un créateur dont les oeuvres questionnent leur temps. S’agissant de l’art brut, ce n’est pas un mouvement artistique au sens traditionnel du terme. Il a existé avant que Dubuffet ne le définisse et il correspond aux productions de marginaux ou d’aliénés mentaux mais aussi d’individus semblables au commun des mortels qui se singularisent toutefois par la production d’oeuvres hors normes.

Dans tous les cas de figure, il y a une rupture qui rend caduques les catégories de l’esthétique traditionnelle. « Il n’y a plus de grands hommes, plus de génies, proclame Dubuffet. Nous voici enfin débarrassés de ces mannequins au mauvais oeil : c’était une invention des Grecs, comme les Centaures et les Hippogriffes.» Mais si le fou ou l’ouvrier agricole, indemnes de toute culture, de toute formation spécifique, peuvent être assimilés à des artistes, où allons-nous ? A moi, Kant ! Dans sa conception, le génie est un privilège dont tout homme n’est pas pourvu. Seuls parviendront à l’excellence artistique ceux qui, par leur culture et l’imitation des modèles, sauront donner, à travers leur création, le sentiment universel de la beauté.

Robillard contre Kant. Aboutis, ses fusils, faits de bric et de broc ? Vous plaisantez ! Avec l’art brut, la culture ne serait plus le cadre au sein duquel peut naître le génie mais bien plutôt celui dans lequel et par lequel il est réprimé ? Voyons, c’est le monde à l’envers ! Qu’un aliéné reste un aliéné. Qu’un facteur distribue ses lettres au lieu de construire des palais comme le père Cheval.

C’est ainsi que Robillard dérange encore un certain public avec ses armes de guère, ces pétoires pour la guerre des boutons. Pourtant, ce sont bien ses souffrances de jadis, ses rêves aussi qu’il sublime à travers des oeuvres, certes déconcertantes, mais si inventives et proches de notre humanité. « Deux balles », les fusils d’André ? Non, sans balles et c’est pour cela qu’on les aime, à tout prix (qu’importe leur cote sur le marché de l’art !). C’est pour cela aussi qu’on les préfère aux canons, fussent-ils ceux de l’esthétique.

Christian Jamet

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La semaine de 4 jours, imposée du jour au lendemain par un décret de Xavier Darcos en 2008, a constitué une catastrophe éducative. Avec trop peu de jours de classe – 144 sur 365, un record européen – et des journées surchargées, notre école et notre république se sont condamnées à laisser toujours plus d’enfants au bord du chemin. Le consensus scientifique et pédagogique en faveur du retour aux 4 jours et demi est établi depuis un rapport publié en 2010 par l’Académie de médecine, puis renforcé par la conférence nationale organisée sur le sujet la même année, par le ministre Luc Châtel. L’Assemblée nationale elle-même s’est prononcée unanimement sur la question, au travers d’un rapport co-rédigé par des députés UMP et PS.

Profiter du mercredi matin pour les enseignements fondamentaux, c’est un progrès pour tous les élèves ; avoir des journées de classe plus nombreuses et moins chargées, c’est un progrès pour tous les élèves ; bénéficier d’activités périscolaires enrichissantes, c’est un progrès pour tous les élèves. Ces nouveaux rythmes sont un puissant levier d’amélioration des résultats scolaires et de réduction des inégalités sociales.

C’est pourquoi nous sommes choqués de la campagne de dénigrement actuellement orchestrée par le président de l’UMP et complaisamment relayée par certains médias peu soucieux de l’équilibre de l’information. Il n’est pas acceptable que le principal parti d’opposition puisse ainsi accumuler les mensonges sur une réforme dont il sait bien, au fond, qu’elle est profitable aux enfants de France.

L’UMP ment quand elle prétend que la réforme est précipitée : la concertation nationale a été engagée depuis plusieurs années et a abouti à des conclusions unanimes.

L’UMP ment quand elle prétend que la mise en œuvre de la réforme est improvisée : les communes ont eu le choix de la mettre en œuvre en 2013 et en 2014 et ont eu le temps d’engager de profondes discussions, au niveau local, pour construire les projets les plus adaptés à leur situation.

L’UMP ment quand elle prétend que la réforme met les mairies en difficulté parce qu’elle ne serait pas financée : pour la première fois de notre histoire, l’État met de l’argent sur la table pour financer les activités périscolaires qui ne dépendent que des municipalités. Un fonds d’amorçage de 50 euros par enfant est proposé à toutes les communes qui choisissent les nouveaux rythmes en 2013 ; il s’élève à 90 euros pour les communes qui connaissent les situations les plus difficiles. Et la Caisse nationale des allocations familiales a créé à cette occasion une nouvelle prestation pérenne de 54 euros par enfant pour aider les communes à organiser les activités périscolaires de loisir. Soit un total de 144 euros pour une ville comme Meaux, par exemple.

L’UMP ment quand elle prétend que les enfants sont fatigués à cause de la réforme : tous les enfants sont fatigués au moment de la rentrée scolaire, quelle que soit l’organisation de la semaine. Quiconque a eu des enfants le sait bien. C’est au contraire la trop forte concentration des apprentissages sur des journées trop peu nombreuses qui augmente la fatigue au cours de l’année.

Enfin, l’UMP ment quand elle prétend qu’elle souhaite le succès de la réforme et demande du temps pour la mettre en œuvre.

La vérité, c’est que des maires de gauche comme de droite ont engagé des discussions avec les parents, les enseignants, les responsables de l’éducation nationale et les associations afin de proposer de très beaux projets éducatifs territoriaux, pour la rentrée 2013 comme pour la rentrée 2014, sans demander le report ou le retrait de la réforme.

La vérité est que Jean-François Copé choisit de mettre en scène une polémique politicienne à quelques mois des élections municipales, en instrumentalisant les enfants à des fins électoralistes.

La vérité, c’est que Jean-François Copé considère que l’école n’est pas une priorité pour la nation. Il l’a montré dans le « contre-budget » préparé par son parti, qui ne propose que d’aggraver le massacre du service public de l’éducation entrepris sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Si la droite combat cette réforme courageuse, c’est qu’elle se soucie peu de la réussite éducative des enfants des classes populaires et défavorisées. Ce ne sont pas les enfants des plus favorisés qui souffraient de la semaine de 4 jours, mais bien ceux qui avaient le plus besoin de l’école. La réforme des rythmes scolaires aura pour effet de donner de meilleures conditions d’apprentissage à tous les élèves, et c’est pourquoi la gauche soutient résolument le ministre Vincent Peillon dans cette démarche.

La droite, de plus en plus décomplexée, assume aujourd’hui son désintérêt pour l’Éducation. La gauche, elle, se rassemble pour l’avenir de nos enfants.

Valérie Corre, députée socialiste de la sixième circonscription du Loiret.

 

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