Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 27 Mai 2018, 18h07

Blogs

Contenu du blog: 

MILLEFEUILLE - Il y a, dans une partie de la classe politique de notre pays – beaucoup plus d’ailleurs qu’au sein de la population – une singulière schizophrénie au sujet de la réforme territoriale.

Chacun s’accorde pour vilipender, ou au moins dénoncer, le fameux « millefeuille territorial » (et on n’aura jamais autant fait de publicité à cette fameuse pâtisserie !) : il y a trop de niveaux (quatre au moins, voire davantage), trop de complexité ; on ne sait plus qui fait quoi ; les citoyens ne s’y retrouvent plus ; tout cela est redondant et coûteux ; les compétences sont coupées en morceaux ; en bref, il est urgent de réformer cela.
Et puis, dès qu’on propose de réformer le dispositif et, par exemple, de supprimer, à terme, l’un des quatre niveaux, c’est « haro sur le baudet ! ». Quoi ! Vous n’y pensez pas. C’est impossible, impensable, injustifié ; il n’y a pas eu suffisamment de concertation ; ça ne peut pas marcher, et d’ailleurs, ça ne marchera pas !
Nous en sommes là.
Alors, je veux parler clair. Et dire que la réforme est nécessaire. Elle s’inscrira d’ailleurs dans une série de réformes, la création des métropoles étant la dernière en date.
Pour simplifier, sans doute excessivement, les choses, je dirai que la France du XIXe, et, pour une large part, du XXe siècle était organisée autour de deux échelons principaux : les départements et les communes.
Je pense que la France du XXIe siècle sera organisée autour de régions fortes et de communautés fortes.
J’entends par communautés : les métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération et communautés de communes, désormais généralisées sur la totalité du territoire.
Je précise que – comme je l’ai toujours dit – la montée des communautés ne doit pas se traduire par la disparition des communes. Celles-ci restent une indispensable instance de proximité. Mais la condition de leur survie, c’est qu’elles mutualisent les compétences liées – en particulier – au développement et à l’aménagement au sein des communautés.
Ces communautés - dans leur diversité – sont devenues des acteurs essentiels et efficaces de nos territoires.
Nos régions, elles, sont restées dans le paysage européen et international, trop petites, dotées de trop faibles ressources et de prérogatives trop limitées.
Comparons avec nos voisins européens. Dans un pays proche – certes fédéral – les régions (ou ce qui correspond à nos régions) ont des capacités d’intervention dans le domaine économique beaucoup plus importantes que chez nous. Cela explique pour partie le différentiel en matière de PME d’une certaine taille.
Nous ne devons pas hésiter. Il faut nous doter de régions plus fortes, disposant de davantage de moyens au service de l’économie et de l’emploi.
Cela veut dire qu’il faut aller vers des régions plus grandes – mais surtout dotées d’une plus forte autonomie financière et fiscale, c’est-à-dire de moyens significativement plus importants, ce qui, en cette période où il faut réduire les dépenses publiques, se traduira nécessairement par des choix très difficiles et donc très courageux.
Et les départements ?
Manuel Valls a fixé un horizon et même une date dans sa déclaration liminaire à l’Assemblée Nationale. Il a précisé les choses au Sénat le lendemain.
Il est des cas où l’on pourra redistribuer, à terme, les compétences des départements entre les métropoles et les futures régions.
Il est même un cas, celui de Lyon, pour lequel c’est déjà inscrit dans la loi, puisqu’en vertu de la loi votée par le Parlement en décembre 2013, la future métropole de Lyon exercera sur son territoire toutes les compétences du département, ce qui entraînera forcément en 2020 l’élection des membres de son conseil au suffrage universel direct.
Chacun voit que – comme l’a d’ailleurs proposé François Hollande – ce dispositif pourra s’appliquer à d’autres métropoles et à d’autres territoires.
Il est clair qu’il est nombre d’autres territoires où les choses se présentent différemment, en particulier dans le monde rural et autour des communes moyennes. Dans ces territoires, on imagine difficilement que des communautés de communes puissent gérer les compétences sociales exercées aujourd’hui par le département. Et il ne serait pas efficace que ces compétences soient gérées par des grandes régions forcément plus éloignées du « terrain ». Il faut donc préparer une diversité d’approches correspondant à la diversité des territoires.
Il n’y aura pas de modèle uniforme. Et c’est tant mieux.
Il est d’ailleurs contradictoire de vouloir décentraliser de manière exclusivement centralisée !
Le Premier ministre a raison de fixer le cap.
Un cap n’est pas un dispositif verrouillé à double tour.
C’est l’expression d’une volonté.
Une volonté qui est nécessaire et sans laquelle nous ne sortirons pas de la schizophrénie française.

Jean-Pierre Sueur,
sénateur PS du Loiret

Président de la commission des Lois au Sénat

Contenu du blog: 

COLLECTIVITÉS - « La France des territoires s’est exprimée dimanche, et a infligé un échec cinglant au Président de la République et à son Gouvernement. A présent, deux décisions majeures attendent les collectivités territoriales : la réforme de la décentralisation et la participation des collectivités territoriales à l’effort de redressement des finances publiques de la Nation.

La réforme de la décentralisation, au vu des résultats des élections municipales, et de ses conséquences sur la gouvernance des intercommunalités, voire celle du Sénat, ne saurait être pensée, comme jusqu’à présent dans le cafouillage permanent, avec des versions successives tout aussi incompréhensibles que contradictoires.

« Le Gouvernement et particulièrement M. Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, devront donc entendre les collectivités territoriales »

Une réforme de la décentralisation doit être préparée à l’avenir, dans une véritable concertation, et non des Etats généraux, limités à deux petites journées d’échange, servant d’alibi pour des projets politiciens de charcutage électoral ou de partage des territoires et des compétences entre grands barons socialistes, durement rappelés aux réalités par les électeurs. M. Valls sera vite amené à le comprendre.

Sous peine de rencontrer une opposition grandissante et paralysante pour le pays, le Gouvernement et particulièrement M. Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, devront donc entendre les collectivités territoriales, et ne pas mépriser celles de la ruralité et des villes moyennes et petites, qui ont construit l’unité de notre nation.

« Après la défaite historique de la gauche aux municipales, espérons que le prétexte ne sera pas tout trouvé pour punir les collectivités locales »

La participation des collectivités territoriales à l’effort de redressement des comptes publics est une évidence. Mais, là encore, tout est dans la méthode et le courage à l’appliquer. Le Plan d’économies devra être ambitieux, juste et transparent, en réduisant fortement le périmètre de l’Etat et donc de ses administrations, et surtout en évitant la simple asphyxie des collectivités locales, qui assurent l’essentiel des investissements publics et des interventions sociales, culturelles et économiques sur le terrain.

Après la défaite historique de la gauche aux municipales, espérons que le prétexte ne sera pas tout trouvé pour punir les collectivités locales, et surtout les communes et intercommunalités, la sanction financière intervenant comme des représailles faciles à une sanction politique que le pouvoir n’aurait ni médité, ni accepté. »

Eric Doligé, Sénateur UMP,
Président du Conseil général du Loiret

Contenu du blog: 

 DIPLOMATIE. Monsieur le sénateur, nous venons de prendre connaissance d'un article dont voici le lien, relatant votre communiqué concernant l'incident franco marocain. 
(http://m.lemag.ma/Affaire-du-DGST-marocain-La-colere-des-senateurs-francais_a80972.html)

Nous sommes plusieurs à être extrêmement choqués par vos propos.
Contrairement à vous, et à vos confrères membres du groupe, nous avons tous vécu l'enfer du Maroc. Certains d'entre nous en se cachant durant deux ans pour ne pas être abattus par les hommes de mains d'un chef de la police, actuellement contrôleur général du royaume. Ce qui n'est pas un poste anodin.
 
D'autres parmi nous ont connu les geôles marocaines, ou sommes proches de détenus français, ayant connu les sévices, passages à tabac, etc. Dans tous les cas, nous sommes tous ruinés et détruits.
Monsieur le sénateur, les tortures existent au Maroc. Elles sont prodiguées par des autorités marocaines de très haut niveau, directement ou avec leur accord.
Ses tortures, entre autre visant des Français, ce qui concerne donc directement le quai d'Orsay, sont couvertes par ce dernier, et les preuves existent. Tout cela via M. Kunde, conseiller parlementaire de M. Laurent Fabius.
 
Vous le savez et, par vos discours, et vos inactions lorsque vous êtes sollicité, vous couvrez également ces actes.
Concernant ce que vous dites dans votre communiqué, il n y a pas qu’une seule plainte, déposée par une ONG que vous accusez d'être proche du régime algérien, qui n’est, cela dit, pas notre ennemi, à notre connaissance.
 
Vous parlez de confiance et de respect mutuel entre la France et le Maroc. Où est le respect lorsque les ressortissants se font spolier, détruire, enfermer, torturer, parfois même assassiner ?
 
Quant au soutien sans faille du Maroc envers notre pays concernant le Mali et le Sahel, ne pensez- vous pas qu’il est tout autant dans leur intérêt, et sinon plus dans celui du Maroc, que de se préserver des débordements éventuels de ses voisins ?
 
Monsieur le sénateur, maire candidat, vous êtes un élu français, pas marocain.
 
Même si le Maroc vous remet des médailles et vous reçoit, vous et vos confrères de ce groupe, en grandes pompes. Même si certains d'entre vous récupèrent certains avantages dans ce pays, comme des séjours, des maisons ou des terrains avantageux,  vous êtes tous élus par et pour les Français.
 
Aujourd'hui, en aucun cas, vous n'avez à intervenir dans la justice, sous le prétexte des bonnes relations diplomatiques
 
Vous vous êtes bien  gardé d'intervenir concernant certains dossiers dont vous avez eu connaissance.
 
Demandez plutôt au Maroc, vos amis, de respecter les règles internationales.
 
Nous communiquons cette lettre à la presse, et en faisons donc une lettre ouverte.

Peut-être la prendrez- vous en considération.
 
Cordialement
 
Des Français de retour du Maroc, qui se tiennent à la disposition de votre groupe, pour rétablir des relations saines dans la confiance et le respect mutuel des deux pays.

Contenu du blog: 

HOMMAGE. C’est avec une grande émotion que j’ai appris la décision de François Hollande de faire entrer Jean Zay au Panthéon. Cela fait en effet de nombreuses années que je défends cette cause. C’est une décision de justice pour le grand serviteur de la République que fut Jean Zay.

C’est un honneur pour Orléans et le Loiret où Jean Zay fut avocat, militant politique, conseiller général puis député avant d’être le grand ministre de l’Éducation nationale du Front populaire. Jean Zay était très proche des Orléanais et des habitants du Loiret, comme le montrent les milliers de dossiers conservés aux Archives nationales.

 Il était attaché à une école de l’exigence, à l’enseignement rigoureux des différentes matières

Il fut un grand parlementaire, présent, actif, réformateur, s’intéressant aux grandes causes nationales, se battant constamment pour les idéaux humanistes et républicains, ainsi que pour la laïcité.

Il fut un grand ministre. Il était attaché à une école de l’exigence, à l’enseignement rigoureux des différentes matières comme il était attaché à la rénovation pédagogique. Il n’y avait là pour lui aucune contradiction : la pédagogie devait permettre à tous d’accéder à la connaissance.

Il fut un pionnier lorsqu’il fonda les classes de découverte, jeta les bases du CNRS et de l’École Nationale d’Administration et créa le festival de Cannes au moment où le festival de Venise était sous l’emprise de mouvements fascistes.

Mais l’entrée de Jean Zay au Panthéon montre que cet acte sordide ne pouvait en rien porter atteinte au rayonnement de cet homme

Il fut un résistant de la première heure. Il fut victime d’un assassinat ignoble par des miliciens qui ne supportaient ni ses origines, ni son intelligence, ni son humanisme, ni ses convictions, ni sa générosité. Ceux-là ont tué le « ministre de l’intelligence ».

Mais l’entrée de Jean Zay au Panthéon montre que cet acte sordide ne pouvait en rien porter atteinte au rayonnement de cet homme qui croyait tant en l’humanité, en ses valeurs, ses vertus, ses beautés, et dont le message reste vivant. Il n’est que de lire son magnifique livre écrit en prison « Souvenirs et solitude », un livre si calme, si serein, souvent verlainien, pour s’en persuader.

Je remercie de tout cœur François Hollande, président de la République, qui a pris cette décision, juste et forte, qui était tant attendue.

Je remercie Avelino Vallé et Jean-Michel Quillardet qui ont toujours été présents, vigilants actifs pour défendre cette cause – aux côtés, bien sûr, de Catherine et d’Hélène, filles de Jean Zay.

Je remercie particulièrement Sylvie Hubac, directrice de cabinet du Président de la République et Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Élysée, si réceptifs et attentifs à nos propos.

Je sais qu’en ce lieu prestigieux – Le Panthéon – comme en la crypte de la Sorbonne, sa mémoire, sa pensée, son action resteront vivaces

La dépouille de Jean Zay quittera le cimetière d’Orléans, où nous nous sommes si souvent réunis pour nous souvenir de lui. Il restera en nos cœurs.

Je sais qu’en ce lieu prestigieux – Le Panthéon – comme en la crypte de la Sorbonne, sa mémoire, sa pensée, son action resteront vivaces, et qu’elles continueront à inspirer les consciences et à appeler inlassablement à une société plus juste et plus humaine.

Jean-Pierre Sueur, président socialiste de la Commission des lois au Sénat, ancien maire d'Orléans

Contenu du blog: 

TRANCHE DE VIE. On vient à pied, en tram, en voiture, en vélo, en scooter, en moto ou en bus d’Orléans, de Chécy, d’Amboise, de la Ferté-Saint-Aubin et d’ailleurs …. Et tous les matins on se retrouve à la  gare de Fleury-les-Aubrais dans l’Intercités n°14038 de 7h27 direction Paris. Paul, 25 ans, poursuit ses études d’infirmier ; Josette, 57 ans, finit sa carrière dans une entreprise informatique ; Olivier, 40 ans, a repris ses études en alternance ; Adrien, 30 ans, avec son écharpe rouge, travaille à la SNCF ; Bruno ronfle depuis Tours avant de s’occuper de la sécurité dans sa société ; Catherine a quitté Pantin pour Orléans mais travaille toujours à Pantin ; Robert fait les 2 /8 à la RATP. 

Et puis, il y a Esther. Esther c’est ma copine de train

Tous les matins et tous les soirs, des centaines de visages, d’ anonymes se croisent sur les quais d’une gare. Et puis, il y a Esther. Esther c’est ma copine de train, depuis 1 an et demi. Dès 7h15, qu’il neige, qu’il gèle, qu’il vente, qu’il pleuve, par tous les temps, on échange sur le quai en attendant le 7h27. Elle bosse dans l’informatique, mais sur le quai, soir et matin, on se tient, on se soutient.

La gare de Fleury et ses « donneurs » de journaux. La tribune et L’Hebdo, le jeudi … 20 mn, tous les matins, je les aime bien mes petits messieurs du jeudi parce que oui y’a que le jeudi où je prends les journaux…alors pour eux je suis madame jeudi…. La gare de Fleury et son Relais H, the place to be, pour des cigarettes, un magazine, un bouquin ou une friandise. Je l’aime bien, aussi, la petite dame du relais, elle a toujours le sourire, le petit mot qui fait plaisir. Dans quelques semaines, elle s’agrandit dans le hall de la gare un relais H, tout neuf tout beau, de quoi nous faire passer la pilule ! Bah oui la pilule, j’ai du retard tous les jours !

La vie n’est pas un long rail tranquille

4, 5 ou 6.000 personnes prennent le train chaque matin direction Paris depuis Orléans ou les Aubrais, et chaque matin, en arrivant à la gare, on se demande tous si on sera à l’heure au bureau, au boulot et, chaque soir, on se demande tous si on passera assez de temps ou juste un peu de temps avec nos familles, nos enfants. Chaque matin, on se demande si on voyagera assis ou debout ; chaque matin, on se demande si notre employeur sera toujours aussi compréhensif face à nos multiples retards. Il parait que ceux sont les cinq premières  années qui sont les plus difficiles après…bah après on s’y fait ! 

N’empêche, c’est usant, fatiguant, énervant, pas ou peu de vie sociale, pas ou peu de vie familiale parce que le soir à 19h30, 20h00 ou 20h30, y a plus de place pour tout ça. Après les 4 ou 5 heures de transport quotidien, après une journée de boulot, je rêve de mon lit, je rêve dans mon lit « Train Métro Boulot Dodo » 

« Merci de votre compréhension » dit la voix

Cette semaine du 25 novembre, c’est près de 2 heures  30 de retard cumulé. Cette semaine du 3 février, c’est aussi plus de 2.30 de retard cumulé…. mais tous les jours … tous les jours y’a, pour une raison ou une autre, du retard ! « Merci de votre compréhension » dit la voix. Un accident de personne, la régulation du trafic, l’intervention des services de police, un signal d’alarme, une porte qui ne ferme pas, un obstacle sur la voie, les feuilles mortes,  des difficultés lors de la préparation du train, la chaleur, le froid, le givre, pas de loco, pas de conducteur, pas de personnel, une femme qui accouche, un colis suspect, une bête sauvage, un feu de broussaille…

« Tout le monde descend, enfin tout le monde court »

Alors, oui, dans ce train se côtoient des personnes d’horizons différents,  certains dorment, d’autres s’endorment sur votre épaule, il y a ceux qui jouent, Candy Crush notre ami, ceux qui regardent une série ou « Des paroles et des actes », ceux qui écoutent de la musique, ceux qui lisent, un roman ou un rapport, il y a ceux qui bossent, ceux qui regardent le paysage, ceux qui prennent 2 places avec leurs bagages, ceux qui laissent leur téléphone allumé, ceux dont le téléphone sonne… Allô …. ! il y a ceux qui se parlent, qui se rencontrent, qui échangent, mais chut, le matin, la plupart d’entre nous poursuivent leur nuit…

On est arrivés. Tout le monde descend, enfin tout le monde court. Un RER bondé, une rame de métro blindée, un quart d’heure de marche à pied, le voyage n’est pas terminé.  Et ce soir, il faut recommencer !

Carole Miko, publicitaire.

 

Contenu du blog: 

DÉMAGOGIE. Europe Écologie les Verts (Gâtinais et Orléanais) s’inquiète de la démagogie et de l’exagération dont fait preuve l’UMP dans le Loiret à propos du nouveau mode de scrutin pour les élections départementales de mars 2015. S’emparant de cette question pourtant anodine face aux difficultés auxquelles le pays est confronté, on nous parle de la « mort des départements », on agite le spectre d’un « ruralicide » … comme si ces futurs cantons risquaient de devenir aussi invivables que la région de Fukushima !

 Les cantons n’ont pas de lien officiel avec la vie quotidienne et l’administration du département

Aussi discutable puisse-t-il apparaître à certains, le découpage cantonal n’a évidemment pas une telle importance. Fort heureusement, les cantons n’ont d’existence légale que pendant l’élection départementale, c’est-à-dire un ou deux jours tous les six ans. Les cantons n’ont pas de lien officiel avec la vie quotidienne et l’administration du département. En effet, sauf à poursuivre les méthodes clientélistes mises en œuvre depuis des années par Eric Doligé, rien n’empêche le Conseil départemental, une fois élu, d’inscrire ses interventions dans le cadre territorial de son choix. C’est déjà le cas lorsque les agents départementaux interviennent dans le Loiret en fonction des unités territoriales de solidarité et des maisons du Département. Il sera parfaitement possible à la future majorité d’organiser l’action des élus selon le même modèle, sans s’attacher à la carte cantonale : il suffira de nommer des conseillers départementaux référents auprès de chaque communauté de communes ou d’agglomération. Cela romprait avec l’idée qu’un élu sert uniquement à « arroser » sa circonscription afin de préparer sa réélection.

Les assemblées départementales devraient être issues d’un scrutin commun à tous les habitants concernés

Dans la mesure où les contours des circonscriptions électorales n’ont aucun intérêt pour l’administration concrète de la collectivité, Europe Écologie les Verts tient à rappeler son hostilité au mode de scrutin mis en place pour les conseils départementaux. A l’instar des villes et des régions, les assemblées départementales devraient être issues d’un scrutin commun à tous les habitants concernés, soit un scrutin de liste sur l’ensemble du département. Cela garantit parfaitement la parité et cela permet d’introduire la représentation proportionnelle qui assure la pluralité des élus tandis qu’une prime majoritaire stabilise la majorité. Ce fut le sens des nombreux amendements proposés l’an passé par les parlementaires écologistes.

Europe Écologie les Verts le met au défi Éric Doligé de produire une carte respectant ses propres contraintes

Enfin, puisque la loi a instauré de nouveaux cantons et qu’il a bien fallu les découper, Europe Écologie les Verts n’y est pas totalement indifférent. Nous constatons, en effet, que le résultat n’est pas le plus pertinent dans le Loiret. L’incontournable contrainte d’équité entre les habitants est très bien respectée avec vingt-quatre à trente-six mille habitants par circonscription. Il était cependant possible de s’attacher plus largement aux limites des communautés de communes ou d’agglomération. Néanmoins, il est évident que les multiples critères dont Éric Doligé réclame l’application sont impossible à respecter tous ensemble. Europe Écologie les Verts le met au défi de produire une carte respectant ses propres contraintes et compatible avec l’ensemble des exigences légales. S’il parvenait ainsi à prouver qu’il ne fait pas de la surenchère dans la désinformation, nous lui offririons volontiers une caisse de champagne issu de l’agriculture biologique.

Thierry Soler, conseiller général EELV

Contenu du blog: 

MODÈLE. Le constat est sévère, la crise de la société française est durable et les solutions employées jusqu’à présent ne suffisent pas à bonifier la mutation du monde. La croissance n’est plus créatrice de richesses communes et d’emploi, le capitalisme financier est devenu prédominant et les politiques de redistribution sont devenues inefficaces. Il est temps de changer de modèle économique. Une nouvelle ère industrielle décentralisée est devant nous où chaque territoire a une responsabilité majeure vis-à-vis de ses administrés. Si l’agglomération orléanaise est dépendante du contexte national et international, elle dispose de moyens pour anticiper des politiques qui, à un moment ou un autre, devront être mis en place par tous. Trois dimensions sont incontournables pour engager ce processus de transformation : la transition énergétique, l’économie positive et la démocratie participative.

Le politique n’a ni les moyens ni la confiance pour générer ce nouveau modèle économique

Pour favoriser ce processus sur notre territoire, la Ville d’Orléans et l’agglomération Orléans Val-de-Loire doivent créer les conditions d’une gouvernance latérale avec l’ensemble des acteurs sociaux-économiques. Le politique n’a ni les moyens ni la confiance pour générer ce nouveau modèle économique. Il peut le stimuler, l’accompagner et lui donner les moyens de la réussite. C’est l’enjeu majeur des prochaines élections locales. Quelles seront les listes qui le porteront au cœur même de leur projet politique ? Il est temps de proposer un grand dessein aux citoyens, de leur redonner confiance en la capacité collective de changer le modèle économique et par conséquent la société.

Au préalable et sans nier le travail effectué, nous devons admettre que le Projet d’Agglo 2008-2014 ne répond plus aux enjeux de mutation économique et environnementale et à l’urgence de la situation.
Trois conditions doivent être remplies pour engager avec force cette nouvelle période. 

Sans une coopération de tous les acteurs, et au-delà des intérêts individuels et partisans, la confiance ne sera pas au rendez-vous

Tout d’abord, nous devons réserver les investissements publics à la mise en place de cette double dimension de transition énergétique et de stimulation d’une économie positive. Ensuite, il faut en finir avec une politique économique qui se restreint à une politique d’aménageur du territoire. Enfin, sans une coopération de tous les acteurs, des citoyens aux responsables économiques et politiques, et au-delà des intérêts individuels et partisans, la confiance ne sera pas au rendez-vous et par conséquent l’engagement nécessaire pour gagner cette bataille de l’avenir et de l’emploi. Les prochains élus communautaires devront prendre une initiative collaborative avec l’ensemble des acteurs sociaux-économiques et concentrer leurs efforts sur les politiques d’avenir à imaginer et à développer. Pour cela, ils devront créer une gouvernance « latérale » par un co-pilotage avec l’ensemble des acteurs locaux, leur redonner confiance, inventer une nouvelle frontière par un autre modèle de production d’une collectivité soutenable et innover en matière de financement local.

La transition énergétique à Orléans


Durant ces trois derniers mandats municipaux et communautaires, la priorité budgétaire a été donnée à la réalisation d’un réseau tram. Le voilà terminé... Il est donc possible de définir une nouvelle ambition malgré un endettement élevé. De plus, les outils actuels (Agenda 21, Projet d’AgglO, Plan Climat Energie Territorial) vont dans le bon sens mais sont largement insuffisants en fonction des enjeux, il faut dépasser les directives européennes et les normes du Grenelle de l’environnement.
L’objectif est l’efficacité énergétique en diminuant la consommation énergétique et en augmentant le rendement. La réduction de la consommation d’énergie est rentable en termes de croissance, d’emplois et de pouvoir d’achat. L’agglomération et l’ensemble des communes ont les moyens d’engager cette efficacité énergétique par des actions concrètes. 

Réalisation d’une université zéro carbone en centre ville d’Orléans

En voici quelques exemples : production et stockage intensifiés des énergies renouvelables ; soutien aux seuls éco-quartiers producteurs d’énergie ; création de micro sites de production d’énergies vertes ; lancement d’un grand programme de rénovation énergétique de l’habitat ; développement accéléré des parcs automobiles « propres » des collectivités et des entreprises ; réalisation d’une université zéro carbone en centre ville d’Orléans ; création de plateformes logistiques partagées en périphérie ; création d’une société d’équipement et de services énergétiques qui finance les installations et se rémunère sur les économies ; installation d’infrastructures de recharge électrique pour les automobiles (Plan automobile de l’Etat de juillet 2012). 

L’économie positive à Orléans


Les collectivités sont trop souvent en situation défensive pour protéger une situation de l’emploi qui se dégrade de manière systématique. Il est temps qu’elles consacrent leurs efforts à l’émergence d’une économie de marché plus responsable et plus humaine, collaborative et innovante. Les moyens financiers sont limités, ils doivent donc être dirigés vers les emplois d’avenir en stimulant la recherche, les réseaux et les entreprises de la connaissance. C’est à l’Etat d’assumer la solidarité. En espérant que le cadre législatif puisse évoluer dans les mois qui viennent pour faciliter financièrement le développement de nos entreprises (en particulier par le crowfunding, financement participatif), nous devons en attendant travailler avec les établissements bancaires locaux afin de les inciter à orienter et à favoriser leur soutien à l’économie positive orléanaise.

Lancement de villages numériques dans les principales villes de l’agglomération

Enfin, en transférant en partie l’effort financier du productif (aménagement de zones) à la matière grise nous pourrons faire foisonner les lieux de rencontre, d’échange et de création. Les entreprises de l’agglomération Orléans Val-de-Loire ont les moyens de créer le Made in Orléans, l’action du ministère du Redressement productif a ouvert la voie, à nous d’en profiter. Sans oublier les pôles de compétitivité (Cosmetic Valley, Elastopole, Dream,...) ou d’excellence (Nekoe) que nous avons sur le territoire orléanais et qui doivent être associés. Il est inutile de récréer ce qui existe déjà, il faut simplement leur faire partager les nouveaux objectifs.
Voici quelques exemples d’actions que nous pourrions engager : création d’espaces de co-working (cantines numériques, LabFab) ; création d’une plateforme Internet de crowfunding ; lancement de villages numériques dans les principales villes de l’agglomération (ou Maisons de l’innovation) ; organisation de Rencontres pour promouvoir les « Objets de la Nouvelle France Industrielle » ; financement sélectif de projets d’entreprise (ou start-up) qui auront adhéré à une charte de l’économie positive. 


La démocratie participative orléanaise


Cette dimension participative n’est pas nouvelle mais elle a plutôt prospéré dans le domaine de la vie au quotidien à travers les conseils de quartier. Aujourd’hui, il faut l’étendre à tout ce qui concerne la dynamique économique et sociale. Il faut rapprocher tous les acteurs de la Cité (élus, étudiants, responsables économiques, associations, syndicats, chercheurs, artistes,...) pour définir ensemble les priorités orléanaises en matière de formation, d’aménagement, de priorités économiques,... Sans oublier qu’ils peuvent tous être des producteurs d’information.

Développement d’un portail Internet pour faire rencontrer les citoyens qui souhaitent s’engager dans la cité

Voici quelques exemples d’actions pour inciter les acteurs à dialoguer et à coopérer : création d’un Conseil local du long terme, sur la base des recommandations du rapport Attali au niveau national) réellement représentatif des forces vives de l’agglomération qui remplacerait un Conseil de développement trop sclérosé ; instauration de consultations citoyennes sur les principaux projets municipaux et communautaires ; création d’un observatoire des besoins urbains ; développement d’un portail Internet pour faire rencontrer les citoyens qui souhaitent s’engager dans la cité, valoriser les logiques de l’accès au service (covoiturage, achats groupés, colocation,...), partager leurs projets, s’investir dans des missions de service public ou simplement réagir à l’actualité ; mise en ligne des données publiques (Open Data) ; développement de programmes d’e-éducation à destination des adultes pour remise à niveau (en particulier en langues étrangères). 

La vision économique de Milton Friedman est largement dépassée : « La seule responsabilité des entreprises, c’est de faire des profits au service de ses actionnaires ». Aujourd’hui, nous devons développer un modèle économique pour tous et si l’agglomération et les communes qui la composent ne sont pas sur un territoire isolé, elles ont malgré tout les atouts pour mettre en place un Projet décennal orléanais d’envergure. L’Etat appelle à une mobilisation générale de toute la nation, et les mesures législatives qui seront prises dans les mois à venir pourront parfaitement provenir d’initiatives imaginées dans les territoires.

La Ville intelligente («Smart City») est devant nous

La fracture est saisissante entre les élites et les masses silencieuses, or l’agglomération Orléans Val-de-Loire n’est pas la plus touchée. Elle peut donc se saisir sans retenue de cette nouvelle vision économique en y consacrant tous ses efforts. La Ville intelligente (« Smart City ») est devant nous s’il existe une confiance partagée entre les responsables politiques prochainement élus et les « Smart Citizens » orléanais prêts à s’approprier le territoire et à mobiliser tous les sceptiques. Nous sommes de plus en plus nombreux, sans automatiquement le percevoir, à vouloir une qualité de vie élevée avec une gestion avisée des ressources naturelles et à partir d’une gouvernance participative et latérale. Laissons derrière nous les idéologies du passé si promptes à étouffer l’action citoyenne. Le rôle des responsables politiques est de définir un cap, d’affirmer qu’ils ne détiennent pas la vérité, et de construire le projet avec la société civile. 

Conclusion

En conclusion, il n’est pas question pour moi de donner des bons et mauvais points à ceux qui ont eu la charge de nos communes et de notre agglomération, ils ont fait ce qu’ils pensaient bien pour leur collectivité et ont par conséquent apporter leur pierre à l’édifice. Seulement il y a maintenant urgence, le temps s’accélère et le temps nous n’en n’avons plus beaucoup pour définir une nouvelle vision économique à Orléans. Il nous faut fédérer et non pas opposer, il nous faut faire converger les ambitions et lutter contre les intérêts particuliers, il nous faut organiser un débat constructif et accélérer les réformes. Transition énergétique, économie positive, démocratie participative seront les éléments majeurs de la société de demain, il faut simplement savoir si l’on veut tracer le chemin ou subir celui que les autres auront décidé pour nous. Chaque acteur de la cité, chaque territoire est devant son destin, ne rabaissons pas le débat municipal à un débat de « boutiquiers ». Le Grand Tournant « c’est maintenant », n’attendons plus et votons pour des listes municipales et communautaires qui auront compris les enjeux de mutation et l’urgence de la situation.


Fabrice Van Borren
Ancien conseiller municipal d’Orléans 

Contenu du blog: 

REDÉCOUPAGE - Le député de Seine-et-Marne, Jean-François Copé, Président de l’UMP et postulant à la fonction de Président de la République, dans une interview publiée ce vendredi dans le Parisien Magazine, propose ni plus ni moins, de supprimer l’ensemble des Départements afin de réaliser dit-il, des économies ! : « Je crois, pour ma part, qu’il faut aller plus loin et simplifier davantage le paysage institutionnel pour réaliser de vraies économies. Je propose donc de fusionner les départements et les régions, ce qui permettra de diminuer le nombre d’élus et de fonctionnaires territoriaux… Je propose de supprimer son enceinte politique et administrative : le conseil Général ».

En gros, Monsieur Copé nous ressort le « conseiller territorial » mais dans une version exclusivement régionale

En gros, Monsieur Copé nous ressort le « conseiller territorial » mais dans une version exclusivement régionale, avec en prime des propos sans appel de l’échelon départemental. Au moment où nous nous trouvons confrontés à de sévères critiques de l’UMP, sur le nouveau mode de scrutin départemental et sur le redécoupage qui l’accompagne, sous « prétexte » d’une « grave » atteinte vis-à-vis des territoires ruraux, Monsieur Copé veut faire disparaître la totalité de ces mêmes élus locaux, conseillers généraux ruraux y compris. Pour sans doute mieux affirmer son propos, il évoque une économie de 10 milliards d’euros !

Alors je m’interroge. Il s’agirait de propos d’un fantaisiste cherchant à faire le « buzz » comme on dit maintenant, mais, Monsieur Copé préside l’un des plus grand parti politique de France, qui compte de nombreux présidents de départements et aussi de sérieux et brillants élus nationaux ! Pense-t-il que les départements français gaspillent, chaque année, 10 milliards d’euros qui ne serviraient à rien ?

S’agit-il de 10 milliards d’euros d’économie sur les dispositifs de solidarité qui seraient mieux gérés ailleurs ? (enfance, personnes âgées dépendantes, personnes en situation de handicap ou en insertion).

Envisage-t-il que les collèges, les services départementaux d’incendie et de secours, les maisons de retraite devraient fonctionner à moindre coût ?

Copé dénigre le travail de terrain, l’expérience et le savoir-faire de milliers d’agents départementaux, confrontés en première ligne aux personnes en difficulté. 

Autant je crois indispensable la nécessaire clarification des compétences entre les collectivités locales, et aussi avec l'Etat, à un conseiller départemental réel acteur des politiques à l’échelon du département, autant je suis persuadé du rôle prépondérant en matière de solidarité « humaine et territoriale » de notre collectivité."

De plus, dans cette interview, Monsieur Copé déclare que le Département « n’a pas fait ses preuves » en matière d’insertion, se contentant selon lui de « verser de  l’argent aux bénéficiaires sans les accompagner sur le marché du travail ». Même si l’on peut avoir en matière de RSA une opinion nuancée, je trouve que Monsieur

Copé dénigre le travail de terrain, l’expérience et le savoir-faire de milliers d’agents départementaux, confrontés en première ligne aux personnes en difficulté. Présidant l’équipe d’insertion pour tout le Sud orléanais, je m’inscris en faux contre cette affirmation, constatant bien sûr les difficultés de la tâche mais aussi les réussites permises par la mise en oeuvre de dispositifs d’accompagnement. S’il s’agit là, des orientations à venir de l’UMP, il va falloir nous expliquer la cohérence d’ensemble et les postures prises depuis plusieurs mois, aux antipodes de ces déclarations !

Nous avons vu dans le Loiret, et dans quelques autres départements dirigés par l’UMP, se développer des campagnes de communication, plus outrancières les unes que les autres, sur le thème « le gouvernement veut la mort des départements ». Tout cela, il est vrai, dans le contexte d’économies budgétaires et de réduction des dotations de l’état aux départements pour 2014 et 2015 de 476 millions d’euros… Si le Président de l’UMP suggère de réduire de 10 milliards d’euros la dotation aux départements, je suppose que les mots vont manquer à Monsieur Doligé, fer de lance de la contestation…

Michel Brard, Conseiller général du Loiret,
Orléans Saint-Marceau

Contenu du blog: 

FLÉAU - Délit pénal depuis 2002, le harcèlement moral est défini par la répétition d'agissements ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Ces actes largement médiatisés lors de récents problèmes rencontrés dans de grandes entreprises (vague de suicides, lourdes dépressions,…) mettent en évidence l'actualité de cette problématique et la difficulté pour le droit d’encadrer un phénomène à dominante psychologique. Selon le Parlement européen, environ 10% de salariés français sont victimes de harcèlement moral principalement dans les secteurs de la santé, de la grande distribution, du secteur bancaire et de l’hôtellerie. Fort de ce constat, il est  bon de revenir sur cette situation.

Les faits de harcèlement moral sont souvent difficiles à prouver car empreints d'une forte part de subjectivité

Un fait unique ne constitue jamais un harcèlement moral. Il s’agit d’agissements se combinant entre eux : des débordements de langage (des remarques humiliantes ou des injures répétées), une intimidation physique ou morale (des violences, des gestes déplacés ou encore des brimades,…), une exclusion, une mise à l'écart du salarié (« mise au placard »), une dégradation des conditions matérielles de travail, une dévalorisation ou encore l’exercice abusif du pouvoir de direction. Contrairement à ce l’on pense souvent, le harcèlement moral n'est pas lié à un rapport hiérarchique. Un salarié peut être victime de harcèlement du fait de son supérieur hiérarchique ou à l'inverse de son subordonné, d'autres collègues sans aucun lien hiérarchique avec lui, un client ou un prestataire extérieur.

Les faits de harcèlement moral sont souvent difficiles à prouver car empreints d'une forte part de subjectivité : ce qui peut être vécu comme du harcèlement par un salarié ne sera pas par un autre. Mais le harcèlement moral est surtout un processus sournois. Il s’agit d’une véritable stratégie qui ne se perçoit pas au premier abord. Il se développe avec le temps et par des actes qui pris isolément sont anodins. De plus, un salarié victime de harcèlement moral ne porte généralement l'affaire à la connaissance de la justice qu'à partir du moment où la situation est allée trop loin : un licenciement, une dépressio,…

Il revient donc au salarié d’agir rapidement en produisant notamment des attestations d'autres salariés

Il revient donc au salarié d’agir rapidement en produisant notamment des attestations d'autres salariés et de personnes extérieures à l'entreprise, tels des clients qui ont été témoins de certains faits, des certificats médicaux, des notes internes, un message enregistré sur un répondeur, des SMS, des notes, des résultats d'évaluation ou tout autre document circulant dans l'entreprise tels des courriers électroniques et disciplinaires. Par ailleurs, la fragilité du salarié est prise en compte : état de grossesse, vulnérabilité particulière due par exemple à l'âge, à des problèmes de santé préexistants ou à ceux d'un proche,… En revanche, le médecin traitant ou le médecin du travail n'ont ni pouvoir, ni capacité pour constater l'existence d'un harcèlement moral. Il peut seulement attester du mal-être du salarié et notamment établir un lien entre une dépression nerveuse et des faits liés au travail.

L'employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le harcèlement moral

Aussi, l'employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le harcèlement moral et sanctionner les auteurs de ces agissements. Le chef d'entreprise connaissant l’existence de tels actes et restant inactif peut d’être poursuivi pénalement au même titre que l’auteur. Il est donc conseillé de s'abstenir d'agir avec désinvolture dans l'exécution du contrat de travail. Il est également conseiller de sensibiliser les salariés par l'information et le règlement intérieur et de travailler avec les représentants du personnel afin d’atteindre ce but.

La victime du harcèlement peut obtenir la condamnation pénale de son harceleur et obtenir des dommages-intérêts. Les peines maximales encourues sont notamment une peine d'emprisonnement de deux ans et 30 000 € d'amende. 

Aurélie Joubert, 
gérante d’organisme de formation professionnelle
spécialisé en formation juridique

Contenu du blog: 

ENTREPRISES - Comment peut-on s’extasier devant le virage social libéral du Président de la République ? Après l’avoir annulée, il met en œuvre presque à la lettre la suppression des cotisations familiales pour les entreprises, prévue par le gouvernement Fillon en 2012. Elle est reportée en 2017 et financée par une augmentation timide de la TVA, destinée initialement au CICE appelé quant à lui, à disparaître. 

La réduction réelle des charges sera de 10 milliards d’euros et non de 30 comme annoncé : une goutte d’eau devant les enjeux ! Bien entendu, pour donner des gages à la gauche de la gauche, il assortit tout cela de comités « Théodule » : le comité stratégique de la dépense publique et l’observatoire de créations de l’emploi. Autrement dit les entreprises vont être mises sous surveillance avant même d’avoir bénéficié d’une quelconque réduction. 

En conclusion, cinq années perdues, l’aveu de l’échec annoncé du CICE, des réductions de charges reportées dans trois ans - une éternité en matière économique - et la création de deux usines à gaz aussi coûteuses qu’inefficaces. Qui dit mieux ?

Jean-Noël Cardoux - Sénateur UMP du Loiret

Pages

À L'AFFICHE

Communication. 

DOSSIER IMMOBILIER S17 2017_0.jpg