Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 19 Novembre 2017, 13h34

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TRIBUNE - «À quelques jours du premier tour des élections législatives, permettez-moi de revenir sur cette question, après tout fondamentale : à quoi sert le Parlement ? Puisqu’il s’agit d’élire des députés, il n’est pas inutile de revenir sur leur rôle et de préciser ce que l’on attend d’eux.

Je suis, en effet, frappé par la multiplication des déclarations selon lesquelles l’élection législative ne devrait être que la pure et simple conséquence de l’élection présidentielle – comme si l’Assemblée nationale n’était vouée qu’à être une sorte de complément ou d’accompagnement du pouvoir exécutif.

Pour bien connaître – je crois – les deux assemblées qui composent le Parlement, je dirai tout net que telle n’est pas ma conception.

Je suis un disciple de Montesquieu qui a théorisé la séparation des pouvoirs entre un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif et un pouvoir judiciaire.

Ce qui suppose que le pouvoir législatif – et donc les parlementaires – disposent d’une liberté d’appréciation, d’une capacité de jugement propre, en un mot d’une indépendance d’esprit par rapport au pouvoir exécutif, quel qu’il soit.

Il revient en effet au Parlement de voter les lois. Et par rapport à tout projet gouvernemental ou à toute proposition émanant d’un ou de plusieurs parlementaires, tout député ou tout sénateur a un droit d’amendement imprescriptible. Il lui revient d’adopter, de modifier ou de récuser tout article de loi en raison des convictions qui sont les siennes.

De même, la Constitution confère aux parlementaires un pouvoir de contrôle sur le gouvernement. Comment « contrôler » un pouvoir exécutif si l’on ne dispose pas à son égard de l’indépendance nécessaire ?

Qu’on m’entende bien. Je ne plaide pas pour une « cohabitation » permanente – encore que nos institutions rendent celle-ci possible. Je pense qu’il est bénéfique qu’il puisse y avoir une cohérence entre le pouvoir exécutif et une majorité parlementaire. C’est d’ailleurs ce que nous avons connu le plus souvent au cours de la Cinquième République.

C’est pourquoi, puisqu’Emmanuel Macron a dit vouloir mener une action « progressiste », il me paraît souhaitable qu’il dispose d’une majorité « progressiste ».

Mais je n’envisage pas cette majorité comme une collection de « godillots » – même si Jean-Pierre Chevènement, qui s’y connaissait pour ce qui est de l’indépendance d’esprit, a dit un jour que c’étaient de « bonnes chaussures. »

Je plaide pour une majorité progressiste dont chacune et chacun des membres apportera sa pierre à l’écriture de la loi, au contrôle de l’exécutif et à la représentation de la Nation.

Pour qu’il en soit ainsi, la meilleure solution me paraît être que cette majorité soit plurielle et intègre les socialistes qui se reconnaissent dans la gauche de gouvernement – auxquels j’apporte tout mon soutien – aux côtés des représentants de « La République en marche », des radicaux et écologistes, des centristes ayant rompu avec la droite conservatrice et des gaullistes sociaux effectivement attachés à l’esprit de la Résistance.

Cette majorité de progrès sera composée de femmes et d’hommes qui apporteront leurs analyses, leurs idées, leurs projets, leurs convictions – en un mot, de vrais parlementaires.»

Jean-Pierre Sueur

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TRIBUNE - David van Hemelryck, porte-parole du collectif Tout Sauf Macron, pilote de la banderole Hollande Démission et du drapeau tricolore de 40 mètres, est candidat aux législatives à Orléans (dans la 2e circonscription du Loiret). À travers cette tribune, il revient su «« l'affaire Ferrand », ministre de la Cohésion des territoires, après les révélations du Canard Enchaîné. Il en profite, au passage, pour égratigner le chef de l'État, Emmanuel Macron, dénonçant « une élection volée ».

 

« Si vous n'avez pas suivi, en deux mots, (Richard) Ferrand, président «bénévole» d'une mutuelle, a fait attribuer un marché à sa compagne par celle-ci, obtenant plus de 500.000 € de plus-values. Sa compagne n'avait investi que 100 € et devenait, ainsi, millionnaire par un simple tour de passe-passe. Aujourd'hui, nouveau témoignage accablant : l'ancien bâtonnier de Brest témoigne que le contrat «d’achat conditionnel» des immeubles ensuite loués à la mutuelle était, au début, au nom de Ferrand. 

Ainsi, (Richard) Ferrand a tout organisé pour enrichir scandaleusement sa compagne. C'est comme cela qu'il conçoit le service bénévole d'une mutuelle ? Ce même (Richard) Ferrand qui employait son fils à l'Assemblée. Ce même (Richard) Ferrand qui menait la charge « pour la moralité » et qui pourfendait (François) Fillon.

Je pose la question : Monsieur Macron a réussi à passer entre les mailles du filet, il n'y a eu aucune enquête sur les millions «disparus», aucune enquête sur les fonds de Bercy utilisés apparemment au profit de sa campagne électorale : 120.000 € de dîners (livre enquête : Dans l'enfer de Bercy) ou les 380.000 € dépensés en une seule soirée à Bercy pour entretenir ceux qui, sûrement, vont l'appuyer par leurs réseaux et leurs dons pour sa campagne. Monsieur Macron, après avoir évité toute enquête sur vos propres affaires, allez-vous, avec Monsieur Bayrou, protéger votre ami (Richard) Ferrand ?

«L'absence d'enquête sur (Richard) Ferrand jette une lumière sombre sur le mouvement En Marche! »

Nous sommes en pleines législatives et je suis candidat à Orléans. Une autre petite question aux autres candidats : si vous lancez une soirée à 380.000 € où vous recevez des électeurs et donateurs potentiels juste avant de lancer votre mouvement et votre campagne officielle, allez-vous vous posez la question d'intégrer cette soirée à vos comptes de campagne ? J'espère ! Et si, en plus, l'argent qui finance cette soirée est obtenu sur les fonds publics, cela sent à plein nez le détournement de fonds, la loi électorale sur le financement des campagnes est alors bafouée.

Mais ce n'est pas par ce «petit détournement» que l'élection a été volée. Bien plutôt, par l'acharnement judiciaire et médiatique permanent envers les opposants de Macron. Et uniquement envers ses opposants. Afin de faire perdre à Fillon quelques centaines de milliers de voix, suffisantes pour prendre le pouvoir dans cette élection, de facto, à un seul tour. Marine (Le Pen) n’ayant jamais eu aucune chance.

L'absence d'enquête sur (Richard) Ferrand jette une lumière sombre sur le mouvement « en marche ». Est-ce un mouvement colonisé par des imitateurs du banquier Rothschild, prêts à toutes les combines pour arriver au pouvoir tant qu'elles ne sont pas repérées ? Un club où les ambitieux se protègent mutuellement en attaquant les autres mais en se protégeant de toute enquête ?

L'absence d'enquête sur (Richard) Ferrand jette le discrédit sur toute la campagne présidentielle, les manigances des complices qui ont porté un banquier au pouvoir. »

David van Hemelryck,
candidat dans la 2e circonscription du Loiret

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TRIBUNE - Qui n’a pas rêvé de mettre un grand coup dans la fourmilière politique, de renverser cet échiquier d’un autre temps, de changer de logiciel démocratique ? Emmanuel Macron l’a fait, ou tout au moins il s’y est engagé. C’est la victoire d’un Homme qui comprend la révolution dans laquelle nous entrons, d’un Optimiste qui veut croire que le monde peut être réformé, d’un Audacieux qui n’a pas de limite, d’un Progressiste qui promeut l’esprit de conquête et non d’enfermement sur soi. 

«Alors pourquoi je ne suis pas En Marche ?»

Ce dimanche 7 mai la République l’a emporté et l’extrême droite a été une nouvelle fois boutée en dehors du pouvoir démocratique. Le mouvement populiste européen vient de perdre une bataille mais pas la guerre (la semaine dernière l’extrême droite est entrée au gouvernement bulgare). 

Il ne faudrait pas croire que la France qui a réussi à contenir cette vague n’est plus fracturée. Plus de 10 millions d’électeurs ont voté pour Le Pen, 4 millions de votes blancs ou nuls (près de 12% des suffrages exprimés) et plus de 25% se sont abstenus. C’est le résultat de l’absence de Front Républicain et d’un manque d’enthousiasme certain pour le futur Président. Et, si Emmanuel Macron n’est pas élu par défaut, il n’a pas de véritable majorité sur qui il peut compter pour engager son quinquennat. La « France d’en bas », celle de nos territoires abandonnés, celle des millions de Français qui n’ont pas de travail, ne se sent pas liée par cette victoire d’un Homme « providentiel » et pourrait parfaitement lui faire savoir dans cinq semaines. C’est davantage le républicanisme que le « macronisme » qui a gagné ce second tour des présidentielles. Le nouveau Président de la République ne devra pas l’oublier, comme un de ses prédécesseurs Jacques Chirac en 2002. Ce n’est pas un blanc seing qui lui est donné. 

«La réalité du pouvoir»

Nous allons devoir être très attentifs à ses premières décisions en matière de choix des femmes et des hommes qui vont l’accompagner à remplir sa tâche et des textes législatifs ou ordonnances qui vont être débattus. L’appel généreux à la refondation démocratique va être confronté à la réalité du pouvoir et des rapports de force dans le pays qu’ils soient au Parlement ou dans la rue. Emmanuel Macron ne réussira pas seul dans un dialogue avec les seuls Français qui réussissent. On a bien vu hier soir qu’il n’y avait pas de liesse populaire.

La Vème République est très malade, et nous ne la soignerons pas avec les prochaines législatives, soit en donnant une majorité absolue ou relative au Président qui sera dès le lendemain minoritaire dans le pays, soit en installant une nouvelle cohabitation. 

La France me paraît peu gouvernable sauf à donner trop de pouvoir à un seul homme, le concept du monarque républicain ne répond plus à la donne démocratique actuelle et à la fracturation de l’électorat. Les images au Louvre m’inquiètent car elles montrent la volonté d’Emmanuel Macron de revêtir des habits qui pourraient très vite lui être trop grands. Son score de 24% au 1er tour est bien plus proche de ce qu’il représente que les 66% du 2e tour. Il ne doit pas oublier que sans un pouvoir socialiste usé, un Président de la République trahi par ses proches, un candidat de la Droite rattrapé par des affaires peu glorieuses, il ne serait pas le vainqueur incontestable du jour. Et ce n’est pas parce qu’il aura une majorité parlementaire (cohérente ou de circonstance) dans cinq semaines que le pays tout entier sera derrière lui. La Vème République finissante lui offre encore la possibilité et à lui seul, de trouver le ton, les gestes pour rassembler. En est-il capable, la France n’est-elle pas trop fracturée ou notre démocratie n’attend t-elle un autre mode de fonctionnement ?

«La France me paraît peu gouvernable sauf à donner trop de pouvoir à un seul homme»

Nous aurons les réponses très rapidement, mais quoiqu’il arrive il y aura une et mêmes plusieurs oppositions au nouveau pouvoir... c’est la règle et c’est sain. Nous ne sommes pas tous d’accord sur la construction européenne, sur l’immigration, sur la place du travail, sur l’écologie... Le débat démocratique doit avoir lieu, et pas seulement une fois tous les cinq ans. Nos élus ont un mandat que nous devons pouvoir leur contester s’ils s’écartent de la feuille de route établie entre eux et nous. 

Nous avons tous envie de croire à un renouvellement des pratiques démocratiques tellement ces deux dernières décennies ont été néfastes pour la grande majorité de nos concitoyens. Emmanuel Macron a pris la lourde responsabilité de redonner un cap à notre démocratie, de faire en sorte que tous nos territoires, tous les citoyens puissent espérer un avenir meilleur. Cet engouement, classique les soirs d’élection, ne doit pas nous faire oublier que son programme économique est libéral et par conséquent défavorable aux plus faibles, que sa volonté de réformer le code du travail ne rassemble pas une majorité politique cohérente, et que les majorités de projet à géométrie variable ne s’inscrivent pas dans la durée. Qu’en est-il de la transition écologique ? Ce sujet majeur et incontournable n’a pas eu la réponse politique que nous pouvions espérer, nous ne réussirons pas en courant après une croissance traduisant toujours plus de production carbonée et de consommation infernale.

«Un monde à bout de souffle»

Je suis persuadé qu’Emmanuel Macron a la conscience de vivre dans un monde à bout de souffle, et nous ne pouvons que lui donner raison sans pour cela accepter que le nouveau monde nécessitera toujours plus de souffrance, d’inégalité et de privation mal partagée. Je ne suis pas convaincu par l’intégralité de son projet, en particulier sur tout ce qui touche au travail, mais je veux croire que ces prochaines années seront utiles à la transition provoquée par cette IIIème révolution industrielle. Emmanuel Macron, en tant que progressiste et européen, peut nous faire parcourir un bout de chemin en favorisant l’intégration de la France à l’économie numérique et son appropriation par les jeunes en  réformant totalement l’éducation. Il faudra simplement le moment venu faire en sorte que le plus grand nombre soit bénéficiaire, en particulier les plus jeunes qui vont bâtir l’Europe de demain. 

J’espère qu’un nouveau mouvement politique va naître dans les prochains jours afin de porter cette espérance d’une société démocratique, écologique, sociale et européenne en dehors d’une majorité présidentielle fort disparate. Un mouvement qui saura soutenir l’action du Président lorsqu’elle servira l’intérêt des Français qui souffrent, et s’opposer au Parlement, dans les urnes ou dans la rue lorsqu’elle favorisera sans contrepartie la minorité qui bénéficie de la mutation numérique. La liberté pour tous, l’égalité pour les plus faibles et la fraternité pour les oubliés. 

Fabrice Van Borren,
Citoyen engagé

 

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TRIBUNE - « Devant les grandes menaces que ferait peser sur la France l’élection de Mme Le Pen, j’appelle clairement toutes celles et tous ceux qui me font confiance à voter pour Emmanuel Macron. Les choses sont très claires. Comme l’a écrit Robert Badinter, « Notre devoir est de combattre l’extrême droite » et « S’abstenir, c’est favoriser l’élection de Mme Le Pen. »

Je citerai aussi un élu qui n’est pas du même bord politique que Robert Badinter, mais qui partage le même attachement aux valeurs de la République. Il s’agit d’Alain Juppé qui a écrit, lui aussi, avec une totale clarté : « Quand, dans une élection à deux candidats, on veut éliminer l’un, il n’y a pas d’autre solution que de voter pour l’autre. L’abstention ou le vote blanc, c’est un coup de pouce à Mme Le Pen. »

La menace d’une élection de la représentante de l’extrême droite existe. Il serait irresponsable de le nier. Ce serait une catastrophe pour notre pays. J’écris ce texte en ce 30 avril, « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation ». Qui peut oublier tout ce qui a été dit à ce sujet par les responsables d’hier et d’aujourd’hui du Front National ? Comment méconnaître la xénophobie de ce parti ? Comment méconnaître le fait qu’il tourne le dos aux valeurs de la République ? Et comment ignorer le désastre économique et humain où conduirait l’application de son programme et sa volonté de voir notre pays quitter l’Europe ? Oui, ce serait un désastre pour la France et pour l’Europe.

«Ce serait un désastre pour la France et pour l’Europe»

Dans ce contexte, l’absence d’appel de Jean-Luc Mélenchon et les appels d’autres à voter blanc ou à s’abstenir sont de profondes erreurs et de lourdes fautes. Chacun peut apprécier ou non le programme d’Emmanuel Macron. Mais nul ne peut contester que c’est le programme républicain d’un candidat républicain. Alors, ne vous laissez pas abuser.

Je terminerai en citant ces vers d’Aragon :

« Quand les blés sont sous la grêle,

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat »

Et en redisant : ne vous trompez pas. S’abstenir ou voter blanc, c’est voter Le Pen. Alors, pour que notre pays reste lui-même, continue de porter ce qui est le plus précieux en lui : votez pour Emmanuel Macron ! »

Jean-Pierre Sueur

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FRONT RÉPUBLICAIN - Dans une tribune transmise à la presse, Jérôme Beyler, porte-parole du groupe EELV à Orléans, et candidat aux élections législatives dans la 1ère circonscription du Loiret, appelle tous les militants de gauche à voter pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, à ne surtout pas renvoyer dos à dos « le banquier et la fasciste » et souligne que les enjeux pour la démocratie et les relations humaines sont trop importantes pour ne pas choisir son camp. Voici sa tribune.  

« Un bon nombre de militants de gauche, meurtris par les résultats du premier tour de la présidentielle, peinent à se prononcer pour le second, renvoyant dos à dos « le banquier et la fasciste ». "Ni Macron ni Le Pen" : pas de choix apparemment possible lorsque sont face à face la dictature de la finance et des marchés et la dictature national-populiste. Et pourtant non, quand bien même aucune des propositions ne convient, toutes les oppositions ne se valent pas.

« Favoriser l’accès au pouvoir du Front National serait basculer dans un mode de gouvernance populiste et autocratique »

Comment croire d’abord que dans un régime dirigé par le FN le pouvoir financier serait moins puissant qu’il ne l’est aujourd’hui, que les affairistes n’y trouveraient pas leur compte ou que les corruptions seraient combattues ? Si l’on peut retenir quelques leçons de l’histoire, force est de constater que de ce point de vue, il y a bien lieu de rejeter plus encore le FN. Par contre, il est tout à fait certain que favoriser l’accès au pouvoir du Front National serait en prime basculer dans un mode de gouvernance populiste et autocratique éminemment pernicieux. Non vraiment, tout ne se vaut pas dans le monde politique actuel, tout n’est pas pourri sans nuances et c’est faire crédit à la démagogie que de le laisser penser, en contribuant à crédibiliser les thèses nationalistes.

« Pour la première fois, le FN vient de dépasser les 20 % de voix à une élection présidentielle. Sa candidate y a établi le record de suffrages de son parti, avec 7,6 millions d’électeurs, soit 2,8 millions de plus que son père au premier tour de la présidentielle de 2002. Pour la deuxième fois en quinze ans, un parti nationaliste et xénophobe, manipulé par un clan familial cynique et affairiste, se qualifie ainsi pour l’échéance majeure de notre système politique. » Je reprends volontiers les mots d’introduction de Jérôme Fénoglio, directeur du Monde, dans son édito du lendemain de la soirée électorale du premier tour de l’élection présidentielle, afin de souligner le risque que font peser sur notre régime politique ceux qui s’essaient à une prospective politique hasardeuse.

« Se défausser ainsi d’un choix, c’est tout bonnement hypocrite»

Faisant le pronostique que Macron ne pourra être battu, certains estiment qu’il n’est pas utile de lui apporter leur voix. Se défausser ainsi d’un choix, c’est tout bonnement hypocrite. Le risque est en réalité loin d'être inexistant. Le FN joue à merveille la partition du populisme contre les élites, et l’on aurait tout à fait tort de sous-estimer dans un second tour de présidentielle le poids de cette posture démagogique, particulièrement en ces temps politiques déstabilisants. Les interrogations sur la complexité des reports de vote et l’abstention différentiée devraient à tout le moins inciter les militants les plus fervents à plus de circonspection.

« Quand bien même l’abstention serait forte, la portée symbolique d’un FN à plus de 40 % serait dévastatrice »

On entend aussi parfois la volonté de voir Macron l’emporter avec un écart le plus faible possible, afin de prouver l’absence d’adhésion à son projet. On ne saurait mieux jouer avec le feu… D’autant qu’a contrario, un score de Le Pen particulièrement élevé, même si par bonheur il ne passe pas la barre fatidique, serait aussi une manière de conforter et de valider la position du FN, qui s’en trouverait pleinement légitimé. Quand bien même l’abstention serait forte, la portée symbolique d’un FN à plus de 40 % serait dévastatrice.

« Ce sont des menaces immédiates sur les libertés publiques et privées, sur la liberté d’expression »

Considérons plutôt l’hypothèse que la victoire du Front National n’a jamais été aussi proche, et que ce n’est certainement pas le moment de s’en laver les mains ! Ne pas exprimer sa position dans ce contexte est perfide : nous pourrions bien avoir au final une élue dont les pouvoirs sont loin d’être négligeables, quand bien même le soutien total du parlement ne lui serait pas acquis.

Vivre sous la gouvernance du Front National, même lorsque celui-ci s’efforce d’apparaître aussi respectable que possible, cela n’a rien d’anodin. Par-delà les menaces directes sur tous ceux que le FN stigmatise, c’est une chape de plomb qui s’abat, des relations humaines qui changent même avec vos voisins de quartier. Ce sont des menaces immédiates sur les libertés publiques et privées, sur la liberté d’expression tout particulièrement, sur le monde associatif et culturel. Il faut lire le témoignage de Marine Tondelier, élue minoritaire dans une commune dirigée par le FN, pour mieux comprendre le basculement insidieux dans les relations sociales que nous aurions à subir au quotidien. (…)  À l'échelle nationale et dans le contexte actuel de politique internationale et de risque d'attentats, une instrumentalisation par le FN de l'état d'urgence nous plongerait rapidement dans le quotidien d'un État policier particulièrement répressif.

« Refuser cet arbitrage est irresponsable »

Au second tour de la présidentielle française version 5e république, voter pour un candidat n’a jamais été une marque de soutien, loin de là. Le mode d’élection présidentielle est certes devenu totalement inopérant et dangereux. Il est pourtant celui qui prévaut encore malheureusement pour cette consultation, laquelle va déterminer le régime politique des années à venir. Il nous impose d’arbitrer entre deux propositions dont les conséquences seront bien évidemment différentes. Refuser cet arbitrage est irresponsable et consisterait, quoi qu’il en advient, à donner plus de voix et de poids à ceux qui continueront à agiter peurs et divisions pour prospérer.

« Exprimons sans réserve un rejet inconditionnel du FN et de ce qu’il représente »

Le « plafond de verre » ne doit pas être brisé, ni la ligne rouge franchie… Doigt et engrenage, peu importe la métaphore : rien ne permet de dire que la transgression des valeurs républicaines ne serait qu’un coup de semonce permettant à l’humanisme de se réveiller. Il s’agirait en réalité plutôt à notre préjudice d’une nouvelle occasion d’encourager, d’amplifier le choix du repli sur soi, de la discrimination et de la stigmatisation, qui tendent à s’imposer un peu partout en Europe et dans le monde.

Exprimons sans réserve un rejet inconditionnel du FN et de ce qu’il représente. »

Jérôme Beyler, militant EELV, candidat aux législatives dans la 1ère circonscription du Loiret. 

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TRIBUNE - Il connaît parfaitement le monde de l'entreprise mais aussi les affres et difficultés des territoires ruraux pour avoir été maire de la commune de Sully-la-Chapelle, dans le canton de Châteauneuf-sur-Loire, petit village loirétain qui compte un peu plus de 400 habitants, une démographie régulièrement en hausse depuis une bonne décennie. Dans cette tribune confiée à apostrophe45, Benoit Lonceint affirme que non seulement les difficultés grandissantes auxquelles les petites communes rurales sont confrontées ne constituent pas une fatalité mais qu'en outre le suffrage accordé à Marine Le Pen dimanche prochain ne serait en rien une source d'amélioration du quotidien. À partir de son expérience d'édile d'une petite commune du Loiret durant deux mandats, au cours desquels il souligne que des avancées significatives, déterminantes et pérennes ont eu lieu, Benoit Lonceint assure que le renouvellement politique proposé par Emmanuel Macron, adossé à une manière « désintéressée » de concevoir un engagement politique au service des « territoires ruraux », est en mesure de répondre aux inquiétudes légitimes de celles et ceux qui vivent dans cette campagne qui « se sent rejetée et ignorée ». Et donc d'y apporter des réponses concrètes. Voici sa tribune. 

« Comme vous, je suis un citoyen français ordinaire. Je ne suis pas un homme politique, je n’ai jamais considéré la politique comme un métier, je ne suis adhérent d’aucun parti. Mon seul engagement citoyen fut d’être maire de Sully-la-Chapelle de 2001 à 2014. Ce fut un engagement passionnant, pour le bien commun. J’ai beaucoup reçu et beaucoup donné. Ayant vécu toute ma jeunesse et mon adolescence à la campagne, je me suis trouvé totalement dans mon élément en tant qu’élu de la ruralité. Je suis même devenu secrétaire général de l’UDMR (Union départementale des maires ruraux du Loiret).

Comme mes concitoyens, éloignés de tout et souvent ignorés des grandes communes, ma famille et moi-même avons été confrontés aux difficultés liées à la vie rurale : absence de transport public, menace de suppression de classe, désert médical, fermeture des commerces, zone blanche numérique…

« Un seul objectif en tête, il vaut mieux vivre ensemble que mourir seul ! »

Mais il existe des solutions ! La quasi totalité des élus ruraux que je connais, ne sont pas économes de leur temps pour rechercher les solutions pour un mieux vivre ensemble dans nos communes rurales. À commencer par le rapprochement des communes, la mutualisation des services et des compétences, par exemple. Ce fut le cas en permettant à notre commune de rejoindre la communauté de communes des Loges.

Un seul objectif en tête, il vaut mieux vivre ensemble que mourir seul ! En mobilisant les énergies, les compétences et en allant chercher les ressources financières, nous avons métamorphosé notre commune. Création d’une mairie, capable d’accueillir ses administrés et d’offrir un vrai service de proximité : extension de l’école primaire, garderie péri-scolaire, cantine scolaire, aménagement d’un lotissement pour accueillir de nouveaux foyers, sauvegarde de l’épicerie, de son tabac et de sa station-service grâce à un concours de fonds européens, rénovation de l’auberge, création d’un petit journal municipal «  Le bon cens » du nom de la rivière qui coule dans le village , mise en place d’une nouvelle station d’épuration… Tout cela sans fiscalité supplémentaire, bien entendu !

« En effet les solutions existent »

Pour l’anecdote, on me surnommait d’ailleurs le maire bâtisseur ! Ce qui m’a valu de recevoir, un jour, un courrier du trésorier payeur général du canton, m’indiquant que je ne devais pas gérer la commune comme une entreprise ! Stupéfait par cette remarque, je lui indiquais que si toutes les communes étaient gérées ainsi, les finances publiques se porteraient mieux.. L’argent public n’est pas le nôtre. Il impose aux élus, droiture, discipline budgétaire et exemplarité. Petit à petit, la vie renaît dans le village. La population augmente de manière significative : + 25% entre 2001 et 2015

Aujourd’hui, cette petite commune du Loiret, dans laquelle nous habitions depuis 17 ans et pour laquelle j’ai consacré 13 ans de ma vie, me semble avoir retrouvé un équilibre. Cette commune a des atouts et grâce à ses élus et ses habitants, elle a su se faire entendre auprès de l’administration et auprès des élus des grandes collectivités.

Lors du dernier scrutin à Sully-la-Chapelle, le vote FN et le vote Macron étaient sensiblement autour de 24%, celui de Fillon à 21% et celui de Mélenchon à 18% avec une participation de 89%. Comparés au score du FN qui flirte souvent avec les 35-40% dans nos campagnes, où nous constatons que là où la population diminue, le FN augmente, et que là où la population augmente, le vote Macron augmente.

Il y a corrélation et il n’y a pas de fatalité. Je peux comprendre le vote FN de mes concitoyens. Je ne l’admets pas pour autant. Que se passe-t- il depuis des décennies ? Notre ruralité, 80% du territoire et 20% de la population, se sent rejetée et ignorée.

« Vous avez, à juste titre, considéré qu’ils ne vous entendaient plus ! »

A l’heure d’un choix majeur, voire historique, celui de l’élection du futur Président de la République, je veux tout simplement dire à mes concitoyens de la ruralité les quelques mots qui suivent.

Ne soyez pas désespérés : par vos votes successifs vous avez adressé tous les avertissements nécessaires à vos élus, aux parlementaires ou aux gouvernants, quellle que soit leur sensibilité politique.

Les uns et les autres, vous les avez rejetés le 23 avril. Vous avez, à juste titre, considéré qu’ils ne vous entendaient plus !

Je veux vous dire, en toute franchise et en toute simplicité, que l’avenir de nos territoires ruraux passera par la prise en compte de vos difficultés et de vos problématiques, dans une nouvelle France.

Sous réserve que vos élus demain soient de nouveaux visages, de nouveaux élus non fonctionnaires de la politique, qui n’ont le projet ni d’en faire carrière ni métier, mais qui conçoivent leur engagement comme une mission, tout simplement. De manière désintéressée, au service de leurs concitoyens.

« Le 7 mai, faisons le choix d’une offre progressiste, sociale et libérale »

Nous devons faire confiance à celui qui n’est pas issu du système politique, qui n’a jamais fait carrière politique et qui ne doit rien à personne, si ce n’est aux français qui l’ont accompagné par milliers pour structurer son projet pour la France.

Je suis convaincu que le candidat Macron porteur d’un projet progressiste, pour une France qui doit se réconcilier, retrouver l’unité et la fraternité, dans un monde ouvert et européen, permettra à chacune et chacun, de faire le choix de bien vivre à la campagne. Ses engagements sont forts au profit de la ruralité.

Multiplier par deux, le nombre de maison de santé, supprimer le RSI pour les indépendants, commerçants, professions libérales, agriculteurs, plan de modernisation de l’agriculture de 5 milliards, alignement des régimes de retraites, pour un euro cotisé, le même droit à pension pour tous, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français les plus modestes, impôt injuste, prise en charge à 100% des lunettes, prothèses auditives et dentaires, augmentation du minimum vieillesse de 100€ par mois, couverture de la totalité des territoires en très haut débit ou par la fibre…

Le 23 avril 2017, premier tour de l’élection présidentielle, 75% des électeurs ont rejeté les partis traditionnels de gouvernement.

Le 7 mai, faisons le choix d’une offre progressiste, sociale et libérale.

Je suis En Marche ! et voterai Emmanuel Macron.»

Benoit Lonceint, chef d’entreprise orléanais. Ancien Président de l’UDEL Medef Loiret (2012-2016), ancien président du CIHL médecine du travail du Loiret, ancien maire de Sully-la-Chapelle (Loiret) et secrétaire général de l’UDMR.

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TRIBUNE - Face au danger représenté par l'extrême droite pour les valeurs de la République et pour la liberté de la presse, apostrophe45 a sollicité un certain nombre d'élus locaux, militants et citoyens engagés pour qu'ils rédigent une tribune explicitant les raisons pour lesquelles, selon eux, il est impératif de faire barrage au Front national, lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche. François Zaragoza, président du Mouvement Européen-Loiret, a répondu favorablement à l'invitation de la rédaction, en communiquant la déclaration de l’assemblée générale du Mouvement Européen-France, réunie le samedi 29 avril à Paris, appelant à voter massivement pour Emmanuel Macron et à faire barrage à Marine Le Pen, lors du deuxième tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain. Nous vous la livrons in extenso.

« Membres du Mouvement Européen-France, unis dans la diversité politique au service de l'amélioration de la construction européenne et d'un débat pluraliste sur l'Europe, nous nous devons de délaisser notre neutralité partisane en vue du 2ème tour de l'élection présidentielle pour appeler à faire barrage à Marine Le Pen.

La volonté de rupture de Marine Le Pen avec l'Union européenne, l'espace Schengen et l'euro est, en effet, en contradiction frontale avec le combat engagé par nos milliers de militants depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Nous sommes viscéralement attachés à la communauté de valeurs et d'intérêts qui rassemble les peuples de notre continent, et à laquelle notre pays est indissociablement lié.

«Nous ne souhaitons pas jouer à la roulette russe l'avenir de notre économie, de nos emplois et de notre épargne»

Marine Le Pen ne dit plus si clairement qu'elle veut sortir de l'euro : elle avance masquée après avoir pu constater que la sortie de l'euro était rejetée par une grande majorité des Français. Ne nous y trompons pas ! Comme nos compatriotes, nous ne souhaitons pas jouer à la roulette russe l'avenir de notre économie, de nos emplois et de notre épargne, ni ouvrir une période d'incertitudes très pénalisante, alors que tant de défis nationaux et internationaux n'attendent pas.

Nous appelons en conséquence à voter pour Emmanuel Macron, dont les réponses à nos questions nous semblent traduire une volonté résolue de renforcer l'engagement européen de la France dans un monde très instable. L'union fait plus que jamais la force face aux grandes puissances, au terrorisme islamiste, au changement climatique, à la finance folle...

Emmanuel Macron nous semble partager notre combat pour une « Europe en mieux » et notre mobilisation pour porter remède aux défauts et aux défaillances de la construction européenne, comme le proposaient d'autres candidats au 1 er tour et comme le veulent d'innombrables Européens, il formule comme nous des propositions constructives, afin de réformer, de démocratiser et de relancer l'Union européenne, afin de la rendre plus juste et plus forte, plutôt que de recommander d'en prendre la porte, en pure perte.

«Convainquant»

Nous pensons comme une majorité de Français que l'Union européenne est loin d'être parfaite, qu'elle fait des gagnants et des perdants, et qu'elle est aujourd'hui affaiblie par les divergences entre ses citoyens en matière économique, sociale, migratoire et diplomatique.

Nous déplorons cependant vivement que « l'Europe » ait fait office de bouc émissaire commode tout au long de cette campagne électorale. Les problèmes de la France, mais aussi leurs solutions, trouvent d'abord leur source au niveau national sur des enjeux cruciaux comme l'éducation de nos enfants, la formation des adultes et des chômeurs, le fonctionnement de notre protection sociale, l'utilisation de nos taxes et de nos impôts, le logement social et privé, l'organisation des religions, etc. 

C'est aussi parce qu'Emmanuel Macron fait partie des rares candidats à avoir assumé clairement les responsabilités des autorités françaises sur tous ces enjeux, sans se défausser sur « Bruxelles », qu'il nous paraît nettement plus convaincant que son adversaire.

«Se mobilisant en masse pour voter Emmanuel Macron»

Nous appelons nos compatriotes à faire barrage à Marine Le Pen en se mobilisant en masse pour voter Emmanuel Macron le 7 mai prochain, avant de revenir à l'occasion des élections législatives vers les candidats et les partis dont ils se sentent les plus proches, en matière européenne comme sur d'autres sujets. Nous les appelons aussi à faire vivre le débat pluraliste dont l'Europe a besoin en tirant toutes les leçons de ces élections, comme nous nous y engagerons avec force, conformément à la vocation de notre Mouvement. »

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TRIBUNE - Face au danger représenté par l'extrême droite pour les valeurs de la République et pour la liberté de la presse, apostrophe45 a sollicité un certain nombre d'élus, représentants locaux et citoyens engagés pour qu'ils rédigent une tribune explicitant les raisons pour lesquelles, selon eux, il est impératif de faire barrage au Front national, lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche. Pascal Vilain, président du Parti radical dans le Loiret, a rédigé cet appel à « voter Emmanuel Macron » que nous vous livrons in extenso.

« Le 7 mai prochain, voter Marine Le Pen serait faire le choix d’un populisme qui se nourrit de la crise morale profonde que traverse notre pays et qui alimente toutes les peurs pour cultiver l’idée d’une France du repli sur soi. 

La laïcité de Marine Le Pen n’est pas notre Laïcité, mais une arme destinée à discriminer une partie de nos concitoyens. Le patriotisme économique et la sortie de l’Euro ne protègeront pas les Français mais signeront l’arrêt de mort de notre compétitivité et l’affaiblissement dramatique du pouvoir d’achat des plus modestes. 

L'espoir que nous portons pour notre pays n’est pas celui d’une France sectaire et recroquevillée sur elle-même.

«Pour défendre les valeurs fondamentales de notre Nation»

Ainsi, le 7 mai prochain nous appelons les électeurs à se mobiliser massivement pour défendre les valeurs fondamentales de notre Nation laïque, sociale, républicaine et ouverte au Monde, pour maintenir la grandeur du Peuple français. 

Pour une France humaniste, qui refuse l’exclusion et place l’homme au cœur d’une communauté solidaire. Pour une société permettant la libération des énergies et l’émergence de nouveaux talents. Et enfin pour une France profondément Européenne, car l’Europe est une nécessité pour faire face aux défis du monde contemporain, et un idéal de liberté et de solidarité sans équivalent dans le monde. 

Le 7 mai prochain, parce que l’espoir doit l’emporter sur la tentation du repli, nous voterons pour Emmanuel Macron et nous appelons à voter pour lui. »

Pascal Vilain

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TRIBUNE - Face au danger représenté par l'extrême droite pour les valeurs de la République et pour la liberté de la presse, apostrophe45 a sollicité un certain nombre d'élus locaux pour qu'ils rédigent une tribune explicitant les raisons pour lesquelles, selon eux, il est impératif de faire barrage au Front national, lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche. Florent Montillot, maire adjoint à Orléans, conseiller régional et président UDI du Loiret, a répondu favorablement à l'invitation de la rédaction, en rédigeant cet appel personnel que nous vous livrons in extenso.

« Dans moins d’une semaine, les Français choisiront leur destin, entre la candidate du Front National et le leader d’En Marche !

De nombreux Français hésitent encore et se cherchent face à cette situation inédite dans la Vème République, avec un premier tour qui a exclu tous les candidats des grandes formations politiques.

J’entends notamment certains électeurs de François Fillon s’interroger sur leur choix de dimanche prochain, et je souhaite leur apporter ma vision.

Comment voter en effet pour Marine Le Pen qui propose une hausse du nombre de fonctionnaires quand il faut le réduire,  qui défend une diminution de l’âge de départ à la retraite  quand il faut l’allonger, et qui  souhaite le maintien des 35 heures  quand il faut au minimum assouplir la durée du temps de travail. Elle voudrait même « nationaliser des usines », ce qui est juridiquement impossible, financièrement impensable et purement démagogique !

«Protectionnisme, isolationnisme, nationalisme...»

Son projet économique, digne du Parti Communiste des années 80 avec notamment 160 milliards de dépenses publiques supplémentaires, provoquerait une hausse colossale du déficit et de la dette que François Fillon voulait précisément réduire de façon drastique.

Comment voter en effet pour Marine Le Pen qui propose de sortir de l’Union européenne et d’abandonner l’euro ? Lutter contre la mondialisation par une ligne Maginot imaginaire aurait la même efficacité que la danse de l’indien pour faire tomber la pluie… 

Pire encore, le protectionnisme, l’isolationnisme, le nationalisme auraient immanquablement un effet pervers avec la chute brutale de nos exportations en raison des mesures de rétorsion des pays étrangers, la faillite de nos exploitations agricoles subventionnées par l’Europe, le retour de l’inflation à coup de dévaluations successives et la baisse de notre pouvoir d’achat. Pire encore, cette situation déstabiliserait notre continent européen déjà affaibli par le Brexit, face aux grandes puissances américaine, russe et chinoise et réduirait notre capacité à lutter contre le terrorisme… 

Quant aux questions de société invoquées par certains électeurs de « Sens commun », parlons-en puisque Emmanuel Macron a déclaré officiellement qu’il s’opposerait à la GPA, alors que la candidate du Front National a toujours refusé de se prononcer sur le mariage pour tous !

Au-delà de ses valeurs qui sont à l’inverse des miennes, son programme économique, social, budgétaire et international est tout simplement aux antipodes des programmes défendus par la droite et le centre…

Par ailleurs, les candidats d’extrême gauche et du Front de gauche suscitent l’abstention ou le vote nul. Aux électeurs de droite qui déclarent ne pas vouloir voter pour Emmanuel Macron, parce qu’il serait soutenu par des personnalités socialistes, je veux leur demander s’ils préfèreraient s’abstenir avec de nombreux électeurs d’extrême gauche et du front de gauche, voire faire le choix de Marine le Pen avec une partie des électeurs de la « France insoumise » qui ne s’en cachent même pas ! Je veux leur demander s’ils ont entendu les appels clairs, nets et précis de François Fillon, de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé ou encore de Jean Louis Borloo en faveur d’Emmanuel Macron…

«Voter pour Emmanuel Macron, c’est précisément la seule option possible»

Voter pour Emmanuel Macron, c’est précisément la seule option possible si l’on veut préserver l’Union de l’Europe, cet espace de paix qui nous a été légué par nos parents et grands-parents, bien souvent au sacrifice de leur sang,

Voter pour Emmanuel Macron, c’est précisément la seule option possible si l’on veut réduire la dette abyssale de notre cher pays, favoriser le développement de nos entreprises et réduire le chômage endémique, en un mot restaurer l’indépendance de la France,

Voter pour Emmanuel Macron, c’est enfin la seule option possible si l’on veut défendre les valeurs multiséculaires de la République.

Mais voter pour Emmanuel Macron, ça n’est pas pour autant lui donner un blanc-seing : en votant pour lui aux présidentielles, puis pour les candidats de la Droite et du Centre aux élections législatives au mois de juin, nous pourrons amender son programme pour le rendre plus compatible avec celui d’Alain Juppé et de François Fillon 

Pour l’avenir de l’Europe,
Pour la grandeur de la France,
Pour la défense de la République,

Dimanche 7 main, je voterai Emmanuel Macron »

Florent Montillot

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TRIBUNE - Face au danger représenté par l'extrême droite pour les valeurs de la République et pour la liberté de la presse, apostrophe45 a sollicité un certain nombre d'élus locaux et citoyens engagés pour qu'ils rédigent une tribune explicitant les raisons pour lesquelles, selon eux, il est impératif de faire barrage au Front national, lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche. Les membres orléanais du collectif citoyen CiTLab et sympathisants ont répondu favorablement à l'invitation de la rédaction, en rédigeant cet appel personnel que nous vous livrons in extenso.

« Ce sont les derniers jours pour convaincre les indécis et les défenseurs du vote blanc d’aller voter pour notre démocratie et notre République. Il est important pour nous que les citoyens de notre métropole se mobilisent pour dire haut et fort que notre République et nos valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité sont plus fortes qu’une éventuelle déception personnelle de ne pas avoir vu figurer au deuxième tour des élections présidentielles le candidat de gauche comme de droite, qu’on a pu soutenir au premier tour. 

Les lois fondatrices de la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté d’association et sur la laïcité, entre autres, ont plus d’un siècle. Les valeurs de l’Europe sont partagées et garantes de paix depuis 70 ans. La France a été et reste un modèle de liberté qu’il nous faut continuer de défendre et porter haut et fort. 

«Avec le FN, ne nous trompons pas, ce n’est pas seulement un programme politique qu’il nous faut combattre. C’est une vision»

Avec le FN, ne nous trompons pas, ce n’est pas seulement un programme politique qu’il nous faut combattre. C’est une vision : celle d’une société raciste, antisémite, inégalitaire, homophobe, sexiste et liberticide. Le FN c’est un fonctionnement autoritaire, clivant et niant les minorités, qu’il nous faut combattre. Le FN surfe sur la montée des égoïsmes, la peur des étrangers et l’opposition à l’Europe. 

Le FN a préempté depuis trop longtemps nos mots et symboles républicains. Le FN n’est pas plus écologique, fraternel ou patriote aujourd’hui qu’hier. Il est toujours nationaliste, autoritaire, souverainiste et passéiste. 

Alors qu’il nous faut construire une Europe sociale et politique, l’extrême-droite propose de s’en retirer. Alors que nous devons nourrir un patriotisme européen et travailler à un vivre-ensemble de ses différents peuples, le FN nous propose de nous refermer sur nous-mêmes. 

«Demain, il faut que le score du FN soit le plus faible possible pour ne pas craindre des législatives dévastatrices»

Nous nous adressons aux citoyens de gauche et de droite, militants ou non, et à tous ceux qui sont tentés par l’abstention ou le vote blanc.
Nous leur disons que nous sommes convaincus que les méthodes d’exercice du pouvoir doivent être réformées et aller vers plus de participation des citoyens, et que nos gouvernants doivent répondre à l’urgence sociale actuelle. Mais nous leur disons que s’abstenir c’est donner une voix à Marine Le Pen et au FN.

Demain, il faut que le score du FN soit le plus faible possible pour ne pas craindre des législatives dévastatrices.
Et nous leur demandons d’aller voter Emmanuel Macron, dimanche, car c’est la seule voie possible pour garder notre liberté de parole et de réunion, la paix dans notre pays et dans l’Europe. 

Nous leur disons que voter pour Emmanuel Macron, ce n’est pas épouser pour autant son projet mais c’est voter pour un avenir de lutte sociale possible dans la maison républicaine. »

Texte co-signé par des membres du collectif citoyen CiTLab et sympathisants :

Philippe Rabier, Marie-Madeleine Mialot, Bertrand Hauchecorne, Annick Potel, Pierre Potel, Christophe Lavialle, Margaret Missimilly, Thierry Mouron, Michèlle Ollivier Rey, Stéphane Girard, Suzanne Le Tirant, Yves Prouet, Daniella Fuenzalida, Gérard Sustrac, Maurice Foucher, Elise Chasle, François Paumier, Stéphane Liévin, Morgan Colas, Sophie Lorenzi, Jean Paul Briand, Alain Dalgalarrondo, Mohamed Rhoulam, Hubert Bouquet, Monique Bertin, Murat Yilmazgiller, Emmanuel Dupuis, Laurent Gougis, Georges Orsingher, Claude Sullerot, Eric Botton, Monique Lemoine, Claire Narbonne, Jean-Luc Thiébault, Philippe Legrand. 

Le collectif CiTLab est un collectif non partisan composé de citoyen-ne-s engagé-e-s de sensibilités politiques différentes.

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