Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 26 Juin 2017, 21h20

TRIBUNE - Il connaît parfaitement le monde de l'entreprise mais aussi les affres et difficultés des territoires ruraux pour avoir été maire de la commune de Sully-la-Chapelle, dans le canton de Châteauneuf-sur-Loire, petit village loirétain qui compte un peu plus de 400 habitants, une démographie régulièrement en hausse depuis une bonne décennie. Dans cette tribune confiée à apostrophe45, Benoit Lonceint affirme que non seulement les difficultés grandissantes auxquelles les petites communes rurales sont confrontées ne constituent pas une fatalité mais qu'en outre le suffrage accordé à Marine Le Pen dimanche prochain ne serait en rien une source d'amélioration du quotidien. À partir de son expérience d'édile d'une petite commune du Loiret durant deux mandats, au cours desquels il souligne que des avancées significatives, déterminantes et pérennes ont eu lieu, Benoit Lonceint assure que le renouvellement politique proposé par Emmanuel Macron, adossé à une manière « désintéressée » de concevoir un engagement politique au service des « territoires ruraux », est en mesure de répondre aux inquiétudes légitimes de celles et ceux qui vivent dans cette campagne qui « se sent rejetée et ignorée ». Et donc d'y apporter des réponses concrètes. Voici sa tribune. 

« Comme vous, je suis un citoyen français ordinaire. Je ne suis pas un homme politique, je n’ai jamais considéré la politique comme un métier, je ne suis adhérent d’aucun parti. Mon seul engagement citoyen fut d’être maire de Sully-la-Chapelle de 2001 à 2014. Ce fut un engagement passionnant, pour le bien commun. J’ai beaucoup reçu et beaucoup donné. Ayant vécu toute ma jeunesse et mon adolescence à la campagne, je me suis trouvé totalement dans mon élément en tant qu’élu de la ruralité. Je suis même devenu secrétaire général de l’UDMR (Union départementale des maires ruraux du Loiret).

Comme mes concitoyens, éloignés de tout et souvent ignorés des grandes communes, ma famille et moi-même avons été confrontés aux difficultés liées à la vie rurale : absence de transport public, menace de suppression de classe, désert médical, fermeture des commerces, zone blanche numérique…

« Un seul objectif en tête, il vaut mieux vivre ensemble que mourir seul ! »

Mais il existe des solutions ! La quasi totalité des élus ruraux que je connais, ne sont pas économes de leur temps pour rechercher les solutions pour un mieux vivre ensemble dans nos communes rurales. À commencer par le rapprochement des communes, la mutualisation des services et des compétences, par exemple. Ce fut le cas en permettant à notre commune de rejoindre la communauté de communes des Loges.

Un seul objectif en tête, il vaut mieux vivre ensemble que mourir seul ! En mobilisant les énergies, les compétences et en allant chercher les ressources financières, nous avons métamorphosé notre commune. Création d’une mairie, capable d’accueillir ses administrés et d’offrir un vrai service de proximité : extension de l’école primaire, garderie péri-scolaire, cantine scolaire, aménagement d’un lotissement pour accueillir de nouveaux foyers, sauvegarde de l’épicerie, de son tabac et de sa station-service grâce à un concours de fonds européens, rénovation de l’auberge, création d’un petit journal municipal «  Le bon cens » du nom de la rivière qui coule dans le village , mise en place d’une nouvelle station d’épuration… Tout cela sans fiscalité supplémentaire, bien entendu !

« En effet les solutions existent »

Pour l’anecdote, on me surnommait d’ailleurs le maire bâtisseur ! Ce qui m’a valu de recevoir, un jour, un courrier du trésorier payeur général du canton, m’indiquant que je ne devais pas gérer la commune comme une entreprise ! Stupéfait par cette remarque, je lui indiquais que si toutes les communes étaient gérées ainsi, les finances publiques se porteraient mieux.. L’argent public n’est pas le nôtre. Il impose aux élus, droiture, discipline budgétaire et exemplarité. Petit à petit, la vie renaît dans le village. La population augmente de manière significative : + 25% entre 2001 et 2015

Aujourd’hui, cette petite commune du Loiret, dans laquelle nous habitions depuis 17 ans et pour laquelle j’ai consacré 13 ans de ma vie, me semble avoir retrouvé un équilibre. Cette commune a des atouts et grâce à ses élus et ses habitants, elle a su se faire entendre auprès de l’administration et auprès des élus des grandes collectivités.

Lors du dernier scrutin à Sully-la-Chapelle, le vote FN et le vote Macron étaient sensiblement autour de 24%, celui de Fillon à 21% et celui de Mélenchon à 18% avec une participation de 89%. Comparés au score du FN qui flirte souvent avec les 35-40% dans nos campagnes, où nous constatons que là où la population diminue, le FN augmente, et que là où la population augmente, le vote Macron augmente.

Il y a corrélation et il n’y a pas de fatalité. Je peux comprendre le vote FN de mes concitoyens. Je ne l’admets pas pour autant. Que se passe-t- il depuis des décennies ? Notre ruralité, 80% du territoire et 20% de la population, se sent rejetée et ignorée.

« Vous avez, à juste titre, considéré qu’ils ne vous entendaient plus ! »

A l’heure d’un choix majeur, voire historique, celui de l’élection du futur Président de la République, je veux tout simplement dire à mes concitoyens de la ruralité les quelques mots qui suivent.

Ne soyez pas désespérés : par vos votes successifs vous avez adressé tous les avertissements nécessaires à vos élus, aux parlementaires ou aux gouvernants, quellle que soit leur sensibilité politique.

Les uns et les autres, vous les avez rejetés le 23 avril. Vous avez, à juste titre, considéré qu’ils ne vous entendaient plus !

Je veux vous dire, en toute franchise et en toute simplicité, que l’avenir de nos territoires ruraux passera par la prise en compte de vos difficultés et de vos problématiques, dans une nouvelle France.

Sous réserve que vos élus demain soient de nouveaux visages, de nouveaux élus non fonctionnaires de la politique, qui n’ont le projet ni d’en faire carrière ni métier, mais qui conçoivent leur engagement comme une mission, tout simplement. De manière désintéressée, au service de leurs concitoyens.

« Le 7 mai, faisons le choix d’une offre progressiste, sociale et libérale »

Nous devons faire confiance à celui qui n’est pas issu du système politique, qui n’a jamais fait carrière politique et qui ne doit rien à personne, si ce n’est aux français qui l’ont accompagné par milliers pour structurer son projet pour la France.

Je suis convaincu que le candidat Macron porteur d’un projet progressiste, pour une France qui doit se réconcilier, retrouver l’unité et la fraternité, dans un monde ouvert et européen, permettra à chacune et chacun, de faire le choix de bien vivre à la campagne. Ses engagements sont forts au profit de la ruralité.

Multiplier par deux, le nombre de maison de santé, supprimer le RSI pour les indépendants, commerçants, professions libérales, agriculteurs, plan de modernisation de l’agriculture de 5 milliards, alignement des régimes de retraites, pour un euro cotisé, le même droit à pension pour tous, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français les plus modestes, impôt injuste, prise en charge à 100% des lunettes, prothèses auditives et dentaires, augmentation du minimum vieillesse de 100€ par mois, couverture de la totalité des territoires en très haut débit ou par la fibre…

Le 23 avril 2017, premier tour de l’élection présidentielle, 75% des électeurs ont rejeté les partis traditionnels de gouvernement.

Le 7 mai, faisons le choix d’une offre progressiste, sociale et libérale.

Je suis En Marche ! et voterai Emmanuel Macron.»

Benoit Lonceint, chef d’entreprise orléanais. Ancien Président de l’UDEL Medef Loiret (2012-2016), ancien président du CIHL médecine du travail du Loiret, ancien maire de Sully-la-Chapelle (Loiret) et secrétaire général de l’UDMR.

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