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Le 22 Avril 2018, 04h56

Quelques incidents ont éclaté lorsque les agriculteurs ont voulu forcer les grilles de la cité Coligny, mercredi après-midi.

L'année 2016 représenterait à elle seule trois années de déficit pour les 25.000 exploitants agricoles de la région. 

COLERE. Très vive tension, ce mercredi après-midi, devant les grilles cadenassées de la cité Coligny, à Orléans, devant lesquelles se sont rassemblés, à partir de 14 heures, quelque 400 agriculteurs venus des six départements de la région Centre-Val de Loire. Après avoir expliqué, micro en main et juché sur la plate-forme d’un camion, les raisons de la colère paysanne, Eric Thirouin, président départemental de la FDSEA d’Eure-et-Loir, a brandi une scie meuleuse, indiquant que si le directeur de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (DRAF) ne venait pas répondre aux questions des agriculteurs sous dix minutes, alors ces derniers iraient jusqu’à lui. A 15 heures passées de dix minutes, le délai étant écoulé, et alors qu’une rangée de policiers en tenue anti-émeute prenaient place devant les grilles de la cité Coligny, les agriculteurs ont avancé comme un seul homme vers eux. En quelques secondes, le face-à-face a dégénéré en bousculades tandis que les policiers faisaient usage de gaz lacrymogène pour repousser le cortège. Aucune interpellation n’a eu lieu.

 

 

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Ils étaient quelque 400 agriculteurs venus de toute la région. 

L'arrivée du directeur de la DRAF, peu de temps après,  a finalement permis au dialogue de reprendre depuis le plateau du camion même si la tension restait très forte et que les sifflets et appels à la démission entrecoupaient régulièrement les quelques explications fournies par ce dernier « On n’a jamais connu une crise agricole pareille. Les charges ne font qu’augmenter alors que le prix du blé et de la viande ne change pas pour le producteur. Nous ne vivons plus, nous survivons, et encore à peine », a expliqué, pour sa part, Cédric Boussin, président des Jeunes  agriculteurs du Loiret.

Une perte de 1,2 milliard d’euros à l’échelle de la région Centre-Val de Loire

Eric Thirouin a accusé, pour sa part, le gouvernement d’être « dans le déni » face à la situation réelle des agriculteurs. Et le président départemental de la FDSEA a énuméré les causes de « l’hécatombe du monde agricole » : « La ruine des éleveurs à cause des cours de la viande depuis l’hiver dernier ; les vignerons qui ont subi des gels sans précédent ; le département du Loiret a été totalement inondé en juin dernier ; pas de luminosité au mois de mai donc une chute des rendements jamais connue jusqu’alors ». Résultat chiffré de cette année « où l’on a connu toutes les catastrophes climatiques » : une perte de 1,2 milliard d’euros à l’échelle de la région Centre-Val de Loire, ce qui représente, en une seule année, trois ans de déficit pour les 25.000 exploitants agricoles de la région.

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Le directeur de la DRAF - avec la cravate - a affronté le mécontentement des agriculteurs sans pouvoir répondre à leurs attentes. 
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Un agriculteur après l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Alors, face à cette situation, les agriculteurs demandent, notamment, le gel de la taxe d’habitation, un délai de paiement après les récoltes, l’arrêt des contrôles dans les exploitations qui ne sont que « sources de stresse supplémentaires », et la mise en place, par l’Etat, d’un fond de garantie pour assurer les banquiers. Xavier Beulin, président de la FDSEA, devait rencontrer Manuel Valls demain pour évoquer avec lui ces « urgences ».

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Quelques agriculteurs ont fait le déplacement en tracteur jusqu'à Orléans. 

Aux alentours de 16h30, les quelques agriculteurs qui avaient fait le déplacement à Orléans en tracteurs ont vidé le contenu de leur remorque sur la chaussée. Avant de reprendre le chemin de leurs terres.

A. G.