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Le 22 Octobre 2018, 06h31

Les crues de juin ont eu des conséquences catastrophiques sur les blés dont la récolte sera la pire depuis trente ans dans la région.

Les rendements dans la région Centre-Val de Loire reculeraient de 31% par rapport à la moyenne 2011-2015.

BILAN. La moisson 2016 s’annonce désastreuse dans la région Centre-Val de Loire en terme de rendement. D’après les prévisions d’Agreste - l’organisme qui réalise des études statistiques pour le ministère de l’Agriculture - le rendement de la récolte de blé tendre, la catégorie de céréales la plus utilisée dans l’alimentation, s’élèverait en France à 55,7 quintaux par hectare, ce qui représente son niveau le plus bas depuis trente ans. Et les rendements dans la région Centre-Val de Loire, grenier historique de la production hexagonale, reculeraient de 31% par rapport à la moyenne 2011-2015, selon le ministère, contre 40% en Île-de-France et 38% dans les Hauts-de-France.

Le sol détrempé a provoqué la prolifération de mauvaises herbes, de nuisibles

Le premier et principal responsable de cette moisson catastrophique en région Centre, et en Île-de-France, est le temps bien sûr. En effet, les crues de juin dernier au moment crucial « des périodes de la floraison et du remplissage des grains », selon Agreste, ont eu un effet défavorable direct sur les moissons. Mais, en cascade, une conséquence de cette humidité historique, a également fortement nui aux moissons. En effet, le sol détrempé a provoqué la prolifération de mauvaises herbes, de nuisibles – punaises et pucerons – et de maladies qui attaquent les racines, engendrant de nouvelles pertes considérables dans le rendement.

Et si les crues de la fin du printemps ont été si préjudiciables, l’absence d’ensoleillement, qui perturbe la fécondation, a malheureusement apporté sa touche également. Privé de soleil, les épis se sont appauvris en grains, faisant chuter les rendements, calculés au quintal (100 kilos) par hectare cultivé. Les récoltes ne sont pas terminées, mais les quantités déjà recueillies sont bien inférieures à la moyenne – calculée sur cinq ans le plus souvent.

La France sur le point de perdre sa place de premier exportateur européen

« Au Nord de la Loire, les récoltes sont bien avancées jusqu’en Ile de France. Les rendements y sont faibles en moyenne et très irréguliers. Localement, les rendements peuvent être catastrophiques, de l’ordre de la moitié de la moyenne quinquennale, voire moins.  Les poids spécifiques sont aussi très irréguliers avec des moyennes qui restent faibles. Conséquence probable du nombre faible de grains dans les épis, la teneur en protéine serait élevée à très élevée », souligne l’agence interministérielle FranceAgriMer

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Même si les moissons ne sont pas terminées, le rendement attendu devrait être plus faible encore que celui enregistré à l’été 1986, une année de très forte sécheresse en France qui avait eu des conséquences catastrophiques pour l’agriculture française. Un niveau si bas, donc, que des acteurs du marché ont prévenu que la France allait perdre sa place de premier exportateur européen. Car, si les moissons sont très mauvaises cette année en France, elles devraient être bonnes dans tous les pays producteurs mondiaux de céréales.

Face à ce bilan prévisible, le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il présenterait, début octobre, un plan de soutien au secteur céréalier après avoir fait le bilan avec eux d’une moisson qui s’annonce désastreuse. Nul doute également que le débat s’invitera également dans l’hémicycle régional à la rentrée. 

Richard Zampa