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Le 27 Mai 2017, 12h01

REGARD. Chaque semaine, Soufiane Sankhon, adjoint aux Sports pour la ville d’Orléans, livre pour apostrophe45 une chronique libre où il est question de sport à proprement parler bien sûr, d’un point de vue des performances athlétiques comme des enjeux sociétaux, politiques et économiques, mais également de bien-être, de dépassement de soi ou encore de nutrition. L’analyse aiguisée d’un élu local sur des sujets d’actualité, locaux, nationaux et internationaux, mais également le regard pertinent d’un ancien athlète de haut niveau, vice-champion d’Europe de karaté en 1999, aujourd’hui engagé sur les terrains de rugby autant que sur les tatamis des sports de combat. Pour cette nouvelle tribune, Soufiane Sankhon constate et regrette l’absence d’un programme dédié à la pratique du sport dans les projets présidentiels présentés depuis des semaines par les candidats investis. 

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« A l'aube de l'élection du 25ème président de la République Française le sport n'est pas un sujet »

« A l'aube de l'élection du 25ème président de la République Française le sport n'est pas un sujet. Que ce soit au titre de l'éducation physique et sportive, du sport pour tous, du sport de haut niveau, de la formation, du sport acteur de la citoyenneté ou du sport santé... Complètement déconnecté d'un des plus puissants vecteurs de socialisation, tout comme l'est la culture, les décideurs de demain enferment le débat dans une approche caricaturale et technocratique.

Pas plus les 35 milliards d'euros par an que pèse le sport dans l'économie française, les près de 270.000 équipements répartis sur notre territoire ou les plus de 65% de Français qui pratiquent une activité physique au moins une fois par semaine, n'attisent la curiosité de ceux qui s'exaltent pour leur vision de la France de demain. Encore faudrait-il être en phase avec celle d'aujourd'hui.

La bataille sans concession que se livrent ceux qui offrent leurs services, l'industrie du textile, les chaînes TV et autres groupes souhaitant associer leur image, témoigne de l'importance d'un enjeu qui semble n'échapper qu'à nos hauts responsables. Au-delà des intentions et autres discours idéologiques c'est un programme ambitieux qui s'appuie sur la pluralité des réalités que vivent les Français qui doit permettre de faire bouger les lignes. À condition de le vouloir.

« Le sport de haut niveau n'apparait toujours pas dans les programmes »

Trop de pans sont occultés ou négligés pour servir, dans l'urgence, des projets « potentiellement » productifs. Bazarder des slogans sur la base de typologies sclérosées, dont la banalité est consternante, relève d'une démagogie d'un autre temps.

Au lendemain des Championnats du Monde de handball, dont la France sort reine, le sport de haut niveau n'apparait toujours pas dans les programmes. À quand une redistribution des gains du sport professionnel aux disciplines dont l'élite, aux performances similaires voire supérieures, ne bénéficie pas des mêmes retombées médiatiques. Le cadre normatif que propose le sport ne fait l'objet d'aucun plan de développement cohérent et structuré à l'échelle nationale. Chacun bricole dans son coin.

Enfin, là où tout le monde s'accorde, sans avoir besoin d'être docteur en médecine, à reconnaître que l'activité physique contribue irrémédiablement à l'amélioration de la santé, aucune mesure n'est portée, à l'exception d'un candidat de façon anecdotique, afin de faire la promotion de dispositifs innovants. Les élections se suivent, les candidats se succèdent, sans transcendance pour l'environnement sportif... à suivre. »